La ouananiche ne se fait pas prier

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La ouananiche ne se fait pas prier

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L'ouverture hâtive de la saison de pêche à la ouananiche a redonné à l'embouchure de la rivière Métabetchouan à Desbiens ses lettres de noblesse alors que les pêcheurs qui ont choisi cette zone pour débuter la saison ont pratiquement tous fait mouche avec des saumons de belle taille.

Il faut dire que les contraintes de niveau de lac et de glace ont eu un impact sur le moral des pêcheurs qui ont été moins nombreux que par le passé à tendre les lignes aux petites heures du matin. Dans plusieurs cas, pour les propriétaires de chalet, il était tout simplement impossible de mettre une embarcation à l'eau puisque plusieurs plages s'étendaient très loin dans le lac.

Malgré ces conditions difficiles, tout près d'une centaine d'embarcations ont été dénombrées dans les zones de Roberval-Mashteuiatsh, Val-Jalbert et Desbiens. Les zones de Desbiens et Val-Jalbert ont été les plus prolifiques en termes de captures selon le directeur général de la Corporaiton LACtivité pêche lac Saint-Jean, Marc Archer.

«Nos auxiliaires à la conservation ont déjà dénombré plusieurs captures dans le secteur de Desbiens. On parle de poissons de bonne dimension. Ce sont des observations qu'ils ont faites», a indiqué Marc Archer lors d'un entretien téléphonique tôt en début de journée.

Sur l'heure du midi, le verdict était plus précis. Les pêcheurs qui ont opté pour Desbiens ont fait le choix judicieux avec un vent chaud du sud. La zone de pêche était limitée, mais permettait quand même aux embarcations de faire les trajectoires suffisantes en bordure du lac. La glace a lentement été poussée vers le nord avec le vent du sud et les pêcheurs ont été en mesure de se rendre un peu plus loin.

À la fin des années 1970, la zone de pêche de Desbiens était particulièrement prisée. La pêche ouvrait à la fin avril et les pêcheurs réalisaient toujours des captures impressionnantes puisque la rivière Métabetchouan est réputée pour produire de grosses ouananiches. C'est un peu ce qui s'est produit hier.

«On est arrivé tôt et au début, tout était calme. Vers 9h, le poisson a commencé à mordre et on a pris nos quatre ouananiches. Des beaux poissons gras. C'est vraiment plaisant quand ça veut faire comme ce matin», a indiqué a expliqué la Chicoutimienne Diane Bouchard.

Bonne saison?

Une hirondelle ne fait pas le printemps et une journée de pêche ne permet pas d'établir qu'il s'agira d'une grande saison. Par contre, le directeur général de la CLAP considère que c'est une très bonne indication si l'on tient compte de la remontée du succès de pêche enregistrée depuis deux ans. Les statistiques publiées dans le dernier rapport annuel ont confirmé une très bonne saison de pêche à la ouananiche. Le succès a été moins bon en bordure du lac, mais excellent au large pour ceux qui ont pratiqué la pêche en profondeur.

Le directeur de la CLAP a confirmé que les pêcheurs qui ont choisi de faire l'ouverture dans la zone de Val-Jalbert sont repartis satisfaits. Plusieurs ouananiches ont été capturées dans ce secteur qui a également toujours été réputé à l'époque où la pêche ouvrait très tôt.

Dans la zone Roberval, où l'auteur de ces lignes a choisi de faire l'ouverture, le poisson s'est fait plus rare. La surface du lac Saint-Jean est demeurée comme un miroir pendant plusieurs heures. Malgré ces conditions, quelques pêcheurs sont parvenus à ramener des saumons dans leur chaloupe, dont Bernard Roberge qui n'a mis que 30 secondes après avoir lancé sa ligne pour ferrer sa première ouananiche de la saison.

Il faudra attendre encore quelques jours avant de connaître la situation dans toute la zone nord du lac Saint-Jean, qui comprend les secteurs de Vauvert, Péribonka et la pointe de Saint-Henri-de-Taillon. «Il était impossible de mettre une embarcation à l'eau dans cette zone. Nos auxiliaires n'ont pas été en mesure de patrouiller pendant la journée d'hier», a expliqué Marc Archer.

En fait, pour reprendre une formule utilisée par le biologiste, tous les indicateurs sont au jaune et au rouge quant au stock de ouananiches du lac Saint-Jean. Ils confirment que nous sommes en ce moment dans un cycle à la hausse des stocks et c'est ce qui explique la décision d'ouvrir la pêche plus tôt.

Le principe était de prélever plus de géniteurs afin d'éviter qu'ils soient trop nombreux à remonter les rivières. Les gestionnaires veulent conserver un certain équilibre entre le prédateur (ouananiche) et la proie (éperlan).

Les grandes roches de l'usine de filtration de... (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay) - image 2.0

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Les grandes roches de l'usine de filtration de Roberval étaient pratiquement désertes cette année. Il s'agit d'un site de pêche exceptionnel pour les personnes qui n'ont pas d'embarcation et qui veulent prendre un peu de soleil en attendant de voir caler la petite boule rouge et blanche.

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Il y a un peu d'exotisme à pêcher... (Photo Le Quotidien, Louis Tremblay) - image 2.1

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Il y a un peu d'exotisme à pêcher à la traîne en bordure d'un banc de glace comme en fait foi cette photo. Il faut dire que la journée d'hier était extraordinaire avec un soleil de plomb.

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En bref

Rampes de mises à l'eau

Les pêcheurs qui vont se rendre au lac Saint-Jean pendant la fin de semaine doivent prendre bonne note que les rampes de mise à l'eau accessibles sont tout de même difficiles. Il est donc recommandé d'apporter des bottes assez longues. Pour les propriétaires de chaloupes de pêche très lourdes, la rampe de mise à l'eau de Desbiens est sans doute celle qui fonctionne le mieux pour le moment. Certains pêcheurs sont parvenus à débarquer leur chaloupe à la rampe située sur la rive nord de la Ouiatchouane en bordure de la route 169. Hier, la marina de Roberval a décidé de ne pas donner accès à sa rampe de mise à l'eau. Pour ce qui est de la rampe du quai des Anglais, il faudra encore deux pieds d'eau (à partir d'hier), pour qu'elle soit fonctionnelle sécuritairement pour toutes les embarcations.

Désuétude

Les municipalités du Lac-Saint-Jean n'ont visiblement pas dans leur carton l'intention de développer sérieusement l'industrie de la pêche sportive. La CLAP et ses partenaires (UQAC, ministère, autochtones) ont mis en place les conditions gagnantes sur le plan scientifique pour en arriver à offrir un produit de qualité. Pendant ce temps, les municipalités laissent les infrastructures se détériorer. Le cas des rampes de mise à l'eau est assez intéressant. Les deux rampes de Desbiens sont détériorées de façon importante. À Roberval, une pêcheuse me faisait remarquer qu'en plus de diriger les pêcheurs vers le quai des Anglais, la municipalité n'avait toujours pas installé les luxueuses toilettes chimiques pour dépanner au cas où...La même pêcheuse a à coup sur payé avec ses impôts un petit bout des toilettes de la magnifique marina de Roberval.

Communication

Tout le monde sait déjà depuis quelques mois que la pêche ouvrait le vendredi 13 mai. Il a fallu que Le Quotidien prenne l'initiative de faire la tournée des municipalités vendredi afin de vérifier si les rampes de mise à l'eau étaient fonctionnelles.

Surveillance

En plus des auxiliaires de conservation de la CLAP qui patrouillent le lac Saint-Jean pour vérifier si les pêcheurs sont en règle, le service de conservation de la faune du ministère a cru bon déployer des effectifs sur les quais afin de vérifier si les pêcheurs respectaient les règles. La présente ouverture est particulière puisque la conservation du doré est interdite. La pêche au doré débutera le dernier vendredi de mai.

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