L'audace payante de Nicolas Duvernois

Marie-Josée Morency, directrice générale de la Chambre de... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

Agrandir

Marie-Josée Morency, directrice générale de la Chambre de commerce de Saguenay, Louis Dufour président, et Daniel Ménard, directeur du centre Desjardins, entourent le conférencier de la jeune chambre, Nicolas Duvernois.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Normand Boivin
Le Quotidien

Nicolas Duvernois est un jeune entrepreneur qui ne manque pas d'audace. Il a réussi à créer la meilleure vodka au monde avant d'en avoir vendu une seule bouteille.

Son histoire ne pourrait même pas faire l'objet d'un roman, tellement elle est invraisemblable. Et pourtant, c'est bel et bien le «success story» que promène le Québécois lors des conférences qu'il donne partout à travers le monde.

Fils d'une Jonquiéroise et d'un Français, l'homme d'affaires de 35 ans captive son auditoire par sa capacité de communiquer et son parcours peu commun. Car le prix pour la meilleure vodka au monde, ce n'est pas une blague!

Imaginez un gars qui a fini ses «sciences po», mais qui ne se voit pas dans un cabinet de ministre. Il préfère travailler à temps plein à l'entretien ménager à l'hôpital Sainte-Justine en attendant de trouver l'idée de génie qui en fera un entrepreneur riche. C'est comme ça que commence l'histoire de Nicolas Duvernois.

« Moi, je suis vraiment instable. J'ai plein d'idées et j'en change souvent», avoue-t-il. Après avoir songé à fabriquer des cravates ou fonder une compagnie aérienne, son premier pas vers la longue marche du succès fut l'achat d'un restaurant. Une expérience désastreuse, mais qui lui a permis de constater que la vodka était un produit très en demande. « La vodka, c'est de l'eau et comme l'eau du Québec est la meilleure, je me suis dit qu'on devait produire la meilleure vodka. Je me suis présenté dans une succursale de la SAQ et j'ai demandé d'acheter une vodka du Québec.» Évidemment, ça n'existait pas. Nicolas tenait son idée: être le premier producteur de vodka du Québec.

Après avoir cédé le restaurant à ses associés, il annonce à sa conjointe qu'il sera producteur de vodka, sans même savoir ce qu'est une distillerie. « À ma grande surprise, elle m'a simplement répondu: ''comment tu vas l'appeler?'' J'ai répondu ''Pur vodka'' sans y penser.»

Partir de rien

La suite est une course à obstacles. Rien que trouver une banque qui accepte de lui ouvrir un compte commercial est une mission impossible. Heureusement, une employée de la caisse d'économie des employés de Sainte-Justine où il passe la serpillière le prend en pitié et accepte de lui ouvrir ce fameux compte. En 2009, il possède une marque, un logo, un modèle de bouteille. « Il ne me manquait... que le liquide pour mettre dedans», dit-il. Même s'il a peur de se faire voler son idée, il contacte une distillerie qui accepte de lui concocter une recette.

Quelques semaines plus tard, il se retrouve devant 26 échantillons à goûter, lui qui ne connaît rien à la vodka. « Aux 17e et 18e, je commence vraiment à m'inquiéter, car rien n'est bon. Mais le 24! C'est devenu mon chiffre préféré.» Nicolas venait de trouver un produit digne de porter le nom «Pur». Il venait enfin d'arriver au bout de ses peines.

Pas du tout!

Toujours aussi pauvre, multipliant les quarts de travail pour financer son projet, il lui faut maintenant commander les bouteilles qui accueilleront son produit. Il en veut 1000 pour commencer, mais la commande minimale est de 10 800. Ce problème résolu, il se présente à la Société des alcools du Québec pour écouler ses 900 caisses de vodka où il essuie un refus, «car il n'a aucun historique de vente».

Nullement découragé par tous ces stocks d'alcool qu'il ne peut vendre, il pousse l'audace et s'inscrit à la dernière minute au World Vodka Master, qui se tient quelques jours plus tard à Londres. Il n'en croit pas ses oreilles lorsqu'il reçoit un coup de fil de félicitations le premier mardi de décembre pour sa première place parmi 116 produits. Un succès inattendu qui lui vaut un coup de fil de la SAQ qui venait de «réviser sa décision» et acceptait de vendre la vodka Pur dans ses succursales.

Depuis, elle a remporté quatre fois le Master et 43 prix internationaux. Nicolas Duvernois vend chaque année 350 000 bouteilles dans 408 succursales de la SAQ et dans six pays à travers le monde.

Ah oui! Son entreprise, qui embauche 40 personnes, vient de mettre au monde Roméo, un gin dont la fraîcheur rappelle la première semaine de mai au Québec.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer