Jugés «pas prêts», les élus invités à se mettre en «mode panique »

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Environ une vingtaine de personnes ont assisté à la consultation publique de la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean jeudi soir.

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Le citoyen de Saint-Bruno Richard Thériault, qui réside le plus près du lieu d'enfouissement technique (LET) qui reçoit les matières résiduelles du Lac-Saint-Jean et peut-être bientôt du Saguenay, veut mettre les élus saguenéens en «mode panique» et les obliger à revoir leur gestion des déchets avant de pouvoir profiter du site d'Hébertville-Station, quitte à en disposer à l'extérieur de la région.

Seulement une vingtaine de personnes ont pu entendre son message, jeudi soir, à l'hôtel La Saguenéenne, lors de la deuxième consultation publique organisée par la Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean à propos de l'entente sur l'enfouissement régional. Il est prévu dans celle-ci que dès décembre 2017, lorsque le site de Saguenay aura atteint sa pleine capacité, les détritus de la ville soient amenés au LET d'Hébertville-Station.

Pour ce faire, le tonnage annuel du site doit passer de 70 000 à 200 000 tonnes dans un premier temps, puis être agrandi afin que sa durée de vie ne soit pas compromise. Ces deux décrets doivent être approuvés par le gouvernement. Le scénario de la RMR est le plus «pessimiste» possible et ne prend pas en compte les mesures pour réduire l'enfouissement des déchets qui seront mises en place, par exemple la distribution des bacs bruns pour le compostage.

«Les démarches sont très lourdes et longues. Il vaut mieux prévoir le pire et finalement utiliser moins le site, que de se rendre compte qu'on ne respecte pas notre décret», explique le directeur général de la RMR Guy Ouellet.

Or, accueillir Saguenay dès 2017, c'est trop vite pour Richard Thériault. «Je ne suis pas contre le projet de régionalisation du LET, mais je suis contre le fait qu'on reçoive n'importe quels déchets. Les citoyens recyclent seulement 55% des matières recyclables, ils doivent être plus responsables. Ça veut dire qu'on en enfouit 45% inutilement. On ne peut pas supporter un rythme de 105 000 tonnes supplémentaires par année dès 2017, ça va trop affecter la capacité du site.»

Selon lui, les élus ne sont «pas prêts» et devraient auparavant harmoniser leur plan de gestion des matières résiduelles (PGMR). «Cette entente, c'est une décision économique. Je n'ai pas du tout de problème à ce que les déchets traversent le parc des Laurentides au début avant qu'on puisse les enfouir dans la région. Ce n'est pas vrai que le facteur des émissions de carbone du transport est plus préoccupant.»

Alors que les études pour choisir les zones d'agrandissement ont inquiété les citoyens lors de la première séance de consultation à Alma, les façons de réduire les déchets ont suscité plus de questionnements jeudi soir, notamment grâce aux avancées technologiques et à la sensibilisation de la population.

«On ne bâtit pas les cellules d'enfouissement tout d'un coup. Si on garde la même pendant 10 ans, ça va être parfait. Le but est de garder le secteur boisé le plus longtemps possible», assure M. Ouellet. «On est très loin d'un dépotoir à ciel ouvert», ajoute la directrice des communications de la RMR, Stéphanie Fortin.

Un autre résidant de Saint-Bruno, Carl Brassard, qui demeure près du chemin d'accès au site, a quant à lui témoigné de la baisse de la valeur de sa maison et de la circulation intense des camions, qui nuisent à la sécurité et causent beaucoup de bruit.

La RMR est bel et bien à l'écoute

Preuve que les séances publiques d'information ont un impact, la Régie des matières résiduelles (RMR) du Lac-Saint-Jean avait déjà fait une modification à son plan jeudi soir, à la suite de la rencontre de mardi. Un quatrième atelier thématique a été ajouté au processus de consultation et portera sur l'information, la sensibilisation et l'éducation de la population.

«C'est un baume pour ma grande déception envers l'entente, mais la plaie n'est pas refermée», soutient le citoyen Richard Thériault, qui en avait fait la suggestion.

Les trois autres ateliers, qui se tiendront à l'automne, portent sur l'agrandissement du lieu d'enfouissement, les nuisances, ainsi que le transport et le traitement des eaux. Les citoyens sont invités à participer pour donner leurs commentaires et leurs propositions.

Les informations sont disponibles au www.projetlet.com.

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