FSC perd encore du terrain

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Le Forest Stewardship Council (FSC) va perdre un autre bloc de 1,6 million d'hectares de forêt boréale certifiée avec le refus de la communauté d'Obedjiwan de donner son accord préalable, libre et éclairé, aux opérations forestières de Résolu en Mauricie, dont une partie des volumes de bois et de copeaux sont destinés aux usines de la région.

C'est ce qui ressort du dernier rapport d'audit de surveillance de la firme SAI Global qui a procédé à ses investigations en décembre. Celle-ci devait vérifier si deux demandes de corrections mineures identifiées en 2014 avaient été réglées.

Les demandes d'action correctives identifiées en 2014 visaient la notion du consentement libre et éclairée de communautés amérindiennes sur le territoire, et la mise en place d'un mécanisme de règlement des conflits avec ces mêmes communautés. Après le rapport d'audit de surveillance de décembre 2015, les deux demandes d'action correctives mineures sont devenues des demandes d'actions correctives majeures. Les parties disposent d'un délai de trois mois après le dépôt du rapport pour en arriver à une entente et ainsi s'assurer du maintien du certificat FSC.

«Lors de l'audit, trois communautés ont mentionné qu'elles ne donnaient toujours pas leur accord à l'aménagement forestier, bien que l'harmonisation de la planification avec les communautés se poursuive dans le cadre du processus de consultation du MFFP. En fonction de ce processus, le MFFP a également consulté les communautés sur la planification tactique et opérationnelle afin de prendre en compte leurs préoccupations. De plus, au cours de la dernière année, le requérant a présenté à chacune des communautés présentes sur le territoire une proposition de protocole d'entente qui permettrait de préciser la plupart des éléments exigés par la norme FSC», écrit l'auditeur dans son rapport.

Il enchaîne en mentionnant que lors d'une conférence, «un représentant d'une première nation a également reconnu instrumentaliser la certification FSC pour faire valoir ses revendications territoriales».

L'auditeur en arrive donc à la conclusion que «suite à des entrevues avec les représentants des communautés, du MFFP, et du requérant ainsi qu'à la revue de la documentation, il n'y a pas suffisamment de preuves pour fermer cette non-conformité. La non-conformité 2014-01 est maintenant escaladée au niveau de majeure.»

Il sera impossible pour Résolu de trouver des solutions à la problématique qui existe dans cette grande région forestière. Les informations transmises aux auditeurs de la part de la communauté d'Obedjiwan s'inscrivent dans une démarche politique entre la communauté amérindienne et les gouvernements fédéral et provincial. En 2014, la communauté attikamek a officiellement décrété la souveraineté de son territoire. Depuis, le chef Awashish a déclaré publiquement à de nombreuses reprises que sa communauté allait se servir des dispositions de la norme FSC pour mettre de la pression sur le gouvernement et faire avancer les négociations territoriales.

Selon les informations obtenues par Le Quotidien, la papetière Résolu a déjà fait circuler un mémo dans les usines pour informer le personnel de la situation. Dans la première étape, le certificat est suspendu et cette suspension devrait commencer en juin. Les parties prenantes disposent d'une année pour trouver une solution au problème et dans ce cas, la solution relève des négociations avec les deux paliers de gouvernement et non les compagnies forestières.

Le territoire de 1,6 million d'hectares est en ce moment exploité par cinq entreprises, dont les plus importantes sont Résolu et Arbec.

Le certificat Arbec de la scierie Péribonka est tombé pendant le mois d'avril puisque la communauté amérindienne de Pessamit a refusé de donner son accord pour son maintien. Le rapport de l'auditeur pour la terminaison de ce certificat n'a pas encore été publié sur le site du FSC. Arbec a refusé des demandes de la communauté qui se chiffraient à 50 000$ puisque l'entreprise spécialisée dans le sciage ne voulait pas s'engager dans une telle démarche alors qu'elle doit négocier avec quatre autres communautés autochtones dans le processus de certification FSC sur les territoires de coupe qu'elle utilise.

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