Les intentions du ministre inquiètent les services ambulanciers

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Québec entend prendre en charge le processus d'acquisition des véhicules ambulanciers.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

L'annonce du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, le 21 avril, concernant la refonte des contrats de service des entreprises ambulancières, sème la confusion autant parmi les employeurs privés de ce secteur que chez plusieurs syndicats qui sont en négociations en vue du renouvellement des conventions collectives.

Le ministre a annoncé qu'il entendait revoir le mode de financement des entreprises ambulancières. Québec entend prendre en charge le processus d'acquisition des véhicules ambulanciers, des équipements qu'ils contiennent, et ce, à l'échelle nationale afin de réaliser des économies d'échelle. De plus, le ministre a annoncé qu'il entend reconnaître pleinement et entièrement le statut des entreprises ambulancières en tant qu'employeurs privés, ce qui implique le retrait de son ministère des négociations liées à leur main-d'oeuvre.

Cette révision s'inscrit dans la volonté du ministère d'exiger une meilleure reddition de compte de la part des compagnies ambulancières, et ce, dans la foulée du rapport Ouellet déposé en 2014.

Interrogé sur les intentions du ministre, Denis Perreault, directeur général de la Corporation des services ambulanciers du Québec (CSAQ), qui regroupe environ 80 entreprises ambulancières, mentionne que depuis le 30 mars 2015, les contrats de service sont expirés. «Nous sommes dans une deuxième année de prolongation. Il était acquis qu'il fallait renouveler les contrats en regardant les recommandations du rapport Ouellet. En décembre 2014, on a reçu une lettre du ministre à l'effet qu'il fallait négocier. Je n'ai jamais eu d'autres nouvelles outre une autre lettre reçue en septembre».

M. Perrault ajoute que depuis la publication du communiqué du 21 avril, il a bien hâte de voir comment s'orientera le ministre dans sa volonté de reconnaître le rôle des entreprises privées. «Les entreprises n'ont aucune capacité de déterminer leurs revenus, leur mode d'opération puisque c'est l'État qui détermine tout. On a hâte de voir ce qu'il veut dire. Est-ce qu'il veut dire qu'on devra facturer le coût réel d'un transport ambulancier aux citoyens. En moyenne, on facture 150$ par transport alors que le coût réel serait de 800$», donne en exemple le directeur. Il ajoute qu'aux États-Unis, plusieurs États ne participent pas du tout au financement du secteur ambulancier.

L'autre sujet de préoccupation des employeurs est la volonté du gouvernement de se retirer des négociations avec les paramédics. «On n'est pas chauds à l'idée parce que le gouvernement confie des enveloppes globales pour le financement du système.»

M. Perrault rappelle que les paramédics de l'ensemble du Québec bénéficient des mêmes conditions de travail depuis 1989. Il ne croit pas qu'on puisse revenir à la situation où un ambulancier du Saguenay-Lac-Saint-Jean était moins bien payé que son collègue de Trois-Rivières.

Il dit comprendre les inquiétudes des syndicats de paramédics, lesquels constatent que la négociation n'avance pas.

La CSAQ croit que ce serait une mauvaise idée de briser le mode de fonctionnement établi au chapitre des relations de travail. «On n'est pas fermé à faire la négociation au complet, mais il faudra déterminer c'est quoi les responsabilités et le mandat qu'on nous confie», conclut-il.

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