Saguenay s'est serré la ceinture

À Saguenay, les dépenses par habitant ont diminué... (Archives Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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À Saguenay, les dépenses par habitant ont diminué de 6,5 % en 2014, alors qu'en moyenne, au cours du dernier mandat, celles-ci avaient progressé de 5,4 % par année.

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Saguenay s'est serré la ceinture en 2014. Ses dépenses ont chuté de 16 millions$, comparativement à la moyenne des quatre années précédentes.

Cette baisse est la plus importante parmi les villes québécoises de plus de 100 000 habitants. Résultat: chaque contribuable a économisé plus de 120$.

C'est ce que révèle, entre autres, l'étude du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal sur les coûts des services municipaux transmises aux journaux du Groupe Capitales Médias.

À Saguenay, les dépenses par habitant ont diminué de 6,5% en 2014, alors qu'en moyenne, au cours du dernier mandat, celles-ci avaient progressé de 5,4% par année. En termes budgétaires, chaque citoyen a versé 123,05$ de moins en 2014 qu'en 2013, les deux dernières années couvertes par cette étude.

Les dépenses totales par habitant se sont donc chiffrées à 1779$ en 2014, comparativement à 1902$ en 2013. Pour l'année 2014, Saguenay obtient donc le deuxième meilleur score global - un calcul réalisé à partir des indicateurs les plus significatifs - au sein des municipalités de plus de 100 000 habitants, derrière Trois-Rivières. En 2013, Saguenay s'était classée sixième sur dix villes pour son contrôle des dépenses.

Dans la capitale régionale, la baisse des dépenses s'observe en matière d'administration générale, d'urbanisme et d'aménagement. Les contributions aux organismes ont également pris une fouille. Saguenay fait figure de modèle quant aux coûts de la voirie, du réseau d'égout et de collecte des matières recyclables, entre autres.

Toutefois, Saguenay est particulièrement dépensière en ce qui a trait à la collecte des déchets domestiques, au service de sécurité incendie, aux loisirs et à la culture, ainsi qu'à la rémunération des cols blancs.

«Le cas de Saguenay est particulièrement patent. La baisse y est marquée et elle est observable dans les postes de dépenses discrétionnaires. Les budgets non discrétionnaires ont été très stables. Ça prouve ce qu'on remarque à la grandeur de la province: que les municipalités ont la possibilité de contrôler leurs dépenses», note Robert Gagné, directeur du Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal.

M. Gagné reconnaît donc l'effort réel de l'administration de Jean Tremblay pour réduire ses dépenses. La cure minceur du cabinet du maire pourrait expliquer en bonne partie cette baisse, reconnaît-il.

Également, la présence d'un parti d'opposition à l'hôtel de ville peut avoir joué un certain rôle, admet Robert Gagné. «Le principe de l'opposition même ne peut qu'être bon, car un gouvernement municipal qui n'a pas d'opposition a les coudées franches. C'est un peu le but de ces données aussi, de 'challenger' les administrations», commente-t-il.

Tendance provinciale

Cette tendance à la baisse s'observe à travers la province, mais dans une proportion moindre. Au Québec, la croissance annuelle des dépenses municipales par habitant s'est établie à 0,9% en 2014. «On ose espérer que la publication du palmarès a eu son effet sur cette baisse observée. C'est la première année complète suivant notre première publication, en 2013. Et c'est aussi la première année des nouveaux conseils de ville», soulève Robert Gagné. Par contre, le résultat des élections municipales de novembre 2013 ne semble pas avoir été déterminant sur le contrôle des dépenses municipales. La croissance des dépenses est semblable, peu importe que le maire ait été réélu ou pas.

Le HEC rappelle cependant que les dépenses des municipalités québécoises ont crû à un rythme étonnamment rapide, entre 2010 et 2013. Pour cette période, la croissance annuelle des dépenses municipales par habitant (6%) a été deux fois plus rapide que la croissance de l'administration provinciale (3%) et trois fois plus que l'inflation (2%).

Enfin, les données recueillies, qui sont basées sur les rapports financiers des municipalités de 2014, se doivent d'être nuancées puisque l'étude se limite strictement aux coûts des services plutôt qu'à un rapport qualité/prix.

La région s'améliore aussi

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean a été la septième région la plus dépensière sur 17 régions administratives en 2014, avec des dépenses moyennes par habitant de 1677$. Seuls le Nord-du-Québec, Montréal, la Côte-Nord, la Capitale-Nationale, l'Outaouais et Laval ont été plus gourmands.

Mince consolation: la région s'est améliorée, puisque ses dépenses avaient crû à un rythme plus élevé lors des quatre premières années du Palmarès des municipalités. Le taux de croissance des dépenses a chuté de 5,2% - le troisième plus élevé en 2013 - à 4,4%, ce qui place désormais le Saguenay-Lac-Saint-Jean en milieu de peloton.

Toujours dans une perspective régionale, les coûts de voirie par kilomètres sont moindres pour les Bleuets que pour la plupart des Québécois. À l'inverse, les coûts liés au déneigement sont plutôt élevés dans la région.

Bégin et Saint-Honoré, des modèles

Aux quatre coins de la région, certaines municipalités s'illustrent dans leur groupe de référence. Bégin, Saint-Honoré, Saint-Charles-de-Bourget, Saint-André-du-Lac-Saint-Jean et Saint-François-de-Sales mérite un A+ pour le contrôle de leurs dépenses. Le meilleur modèle régional s'avère Bégin, avec son 12e rang sur les 229 municipalités de moins de 1000 habitants et son 13e rang à la grandeur de la province. Saint-Honoré suit avec sa quatrième place sur 71 municipalités de 5000 à 10 000 habitants. Le score positif des deux municipalités est notamment dû au faible coût de leur administration générale.

Les plus gourmandes

D'autres ont des cotes globales peu reluisantes et figurent parmi les plus dépensières de leur groupe, comme Larouche, Chambord, Saint-Fulgence, Sainte-Monique et L'Anse-Saint-Jean. Cette dernière se classe 180e sur 184 municipalités de 1000 à 1999 habitants. L'Anse-Saint-Jean obtient ainsi le pire score global du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour une deuxième année consécutive. Ses services de voirie, de collecte de déchets domestiques et de loisir et culture sont particulièrement coûteux, et son endettement figure parmi les plus élevés de sa catégorie.

Alma, Roberval, Saint-Félicien et Dolbeau-Mistassini

La deuxième ville en importance de la région, Alma, se classe en milieu de peloton dans la catégorie des municipalités de 25 000 à 49 999 habitants, au 10e rang sur 24. Concernant les autres municipalités jeannoises d'importance, Roberval se classe 24e sur 52, un rang devant Saint-Félicien, parmi les municipalités de 10 000 à 24 999 habitants. Pour sa part, Dolbeau-Mistassini suit au 31e échelon de ce groupe de référence.

Un outil de transparence

Créé en 2009, le Centre sur la productivité et la prospérité de HEC Montréal se consacre à la recherche sur la productivité et la prospérité et veille à faire connaître les résultats obtenus en organisant des activités de transfert, de vulgarisation et d'éducation. Le Palmarès des municipalités a comme objectif de faire prendre conscience aux dirigeants municipaux et au gouvernement l'importance d'entamer une initiative de balisage provincial des services municipaux, en soulignant les principaux éléments qui se dégagent de l'évolution des dépenses municipales. Il s'agit, parallèlement, d'un outil de transparence pour les citoyens.

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