L'ERD entrevoit bien des problèmes

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La chef de l'Équipe du renouveau démocratique (ERD) Josée Néron.

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Le financement à long terme des activités de fonctionnement de Saguenay a littéralement explosé depuis 2012.

Il est passé de 4,4 millions $ pour atteindre trois ans plus tard 28,4 millions $, laissant entrevoir selon l'Équipe du renouveau démocratique un sérieux problème dans les choix politiques du maire Jean Tremblay et de ses alliés à la table du conseil.

La conseillère municipale Josée Néron estime que le recours à ce poste budgétaire autorisé par le gouvernement n'est pas mal en soi puisqu'il permet une forme de stabilisation du compte de taxes lors d'imprévus. Elle émet cependant des réserves lorsqu'elle constate l'ampleur des montants et surtout leur provenance. C'est ainsi que selon les informations émanant de la trésorerie de la Ville, le conseil dirigé par le maire Tremblay a ainsi financé 4 millions $ qui ont été distribués à des organismes dans la municipalité.

La Ville a aussi choisi de financer à long terme sa participation au régime de retraite des employés à la hauteur de 13,9 M$. Selon Josée Néron, un jour ou l'autre, cette stratégie de reporter à plus tard va rattraper les contribuables. Elle identifie un autre élément financé à long terme qui se chiffre à 2,5 M$ pour le financement du Théâtre du Palais municipal de La Baie.

«Il y a eu un choix politique de fait à un moment précis. La Ville a laissé les administrateurs du Palais municipal accumuler la dette même si elle savait qu'elle allait devoir ramasser la facture et c'est ce qu'elle doit faire aujourd'hui», précise la conseillère.

Des nuances

Elle apporte donc beaucoup de nuances au surplus budgétaire de 3,6 M$ inscrit au rapport financier pour l'exercice 2015. Ce surplus ne traduit pas nécessairement selon la conseillère une gestion serrée des dépenses puisque l'on remet à plus tard le paiement de l'épicerie (aide aux organismes).

Josée Néron considère que l'on peut tirer une autre conclusion difficile pour les contribuables de Saguenay. «Nous constatons selon les chiffres présentés que la Ville n'est plus en mesure d'assurer l'entretien de ces infrastructures (routes, parcs et immeubles), alors qu'elle a engagé des dépenses importantes dans l'érection de nouvelles infrastructures. On devrait se concentrer sur le maintien de nos infrastructures», croit la conseillère qui met en garde les citoyens contre les explications faciles du pouvoir à l'hôtel de ville pour justifier le recours à cette stratégie financière.

La conseillère municipale estime que les justifications de son collègue Jean-Yves Provencher sur la croissance de la dette municipale risquent de ne pas tenir la route lorsqu'il se base sur le ratio dette-assiette fiscale. Elle ne voit pas à court terme de croissance démographique majeure ou d'amélioration significative de l'économie qui vont permettre d'accroître la richesse fiscale. Josée Néron affirme que le prochain choc risque de survenir avec le prochain rôle d'évaluation qui traduira la faiblesse du marché immobilier actuel alors que des citoyens se plaignent déjà de la difficulté de vendre leur résidence à un prix intéressant.

Le maire a généralement l'habitude de signaler les performances de Saguenay par rapport aux autres villes. Dans le cas précis du financement à long terme des activités de fonctionnement, Saguenay devance de loin sa jumelle Trois-Rivières. La capitale de la Mauricie affichait à ce poste budgétaire un montant de l'ordre de 664 641 $ en 2014 contre 20,4 M$ pour Saguenay. La Ville d'Alma n'a quant à elle pas recours à cette solution pour financer ses activités de fonctionnement.

«Même si la Ville d'Alma est plus petite, elle est confrontée aux mêmes défis que Saguenay. Elle opte pour une gestion plus prudente face à l'avenir.»

«Comme les villes ne peuvent pas faire de déficit, il faut donc relativiser le surplus de 3,6 M$ annoncé par Jean-Yves Provencher puisque les élus font le choix d'emprunter et de reporter le fardeau fiscal pour les générations futures», soutient la conseillère. Elle conclut en rappelant que Saguenay ne fait qu'endetter les contribuables lorsqu'elle finance à long terme pour 4 M$ d'aide aux organismes puisque ce financement ne permet pas d'ajouter des actifs à la municipalité.

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