L'incertitude persiste pour le bois d'oeuvre

Le grand patron de Résolu, Richard Garneau, fait... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Le grand patron de Résolu, Richard Garneau, fait preuve d'un optimisme prudent lorsqu'il parle de l'avenir des produits forestiers à court et moyen termes.

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L'industrie des produits forestiers tend vers une certaine stabilisation. Les résultats du premier trimestre de 2016 du géant Résolu confirment des ajustements plus ou moins importants dans les différents produits avec, à moyen terme, des zones plus sombres pour le secteur du bois d'oeuvre, lequel pourrait se heurter au protectionnisme américain.

Au cours d'un entretien avec Le Quotidien au terme de la publication des résultats trimestriels, Richard Garneau a été d'un optimisme prudent alors qu'il devrait y avoir un raffermissement dans le bois d'oeuvre une reprise de l'activité dans la construction. Ce sont des cycles que l'industrie peut prévoir pendant que le secteur du papier journal connaît une chute moins abrupte.

Prix en hausse

Malgré ces éléments, le patron de Résolu mentionne que tout le secteur du bois résineux se comporte assez bien pour justifier une augmentation de 20$ la tonne pour les livraisons de pâte Kraft à compter du premier mai. Il s'agit d'un élément important pour la région avec la présence de l'usine de pâte de Saint-Félicien, ce qui permet aux scieurs d'écouler les copeaux et ainsi assurer la rentabilité des usines de première transformation.

À ce chapitre, Résolu a fermé sa scierie de Saint-Thomas-Didyme pour faire des réfections afin d'ajuster sa production à la nouvelle demande. La papetière a cessé la production de 2x4 de 8 pieds pour ajuster les équipements au madrier de 9 pieds, pour lequel la demande est en croissance aux États-Unis en raison des nouveaux styles de maisons.

«La situation est plus difficile dans les installations du sud (États-Unis), avec les pâtes à base de feuillus», précise le patron de résolu. Pour la pâte Kraft, le marché chinois a connu une progression intéressante pendant que celui d'Europe encaissait un recul de la demande.

Une ombre sur le bois d'oeuvre

Les nuages sombres des États-Unis concernent spécifiquement tout le secteur du bois d'oeuvre alors que le marché est plus intéressant. Les papetières craignent que les Américains n'imposent un nouveau régime de contrôle des importations du bois d'oeuvre canadien. Les producteurs canadiens profitent en ce moment d'un véritable libre-échange qui risque de prendre fin dans une dizaine de mois.

«On sait que les provinces sont responsables du régime forestier et que le Québec a changé le sien pour répondre aux attentes des Américains. Je crois que la ministre du Commerce international, Chrystia Freeland, a très bien saisi les enjeux de la négociation avec les Américains. Pour le moment, on entend des rumeurs, mais on ne peut pas s'y fier pour faire des projections fiables», précise Richard Garneau, qui est partisan de la ligne dure dans cette négociation. Par le passé, le Canada a toujours eu gain de cause dans les litiges sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis, et ce, devant tous les tribunaux internationaux concernés.

Éléments positifs

Dans les éléments positifs, Richard Garneau mentionne que le vent est sur le point de changer de direction pour l'industrie forestière. De plus en plus, a-t-il répété, les scientifiques et observateurs en arrivent à parler des bienfaits d'une exploitation rigoureuse de la forêt pour lutter contre les changements climatiques.

En ce qui concerne les projets d'investissements, Richard Garneau confirme que la papetière va prendre une décision au quatrième trimestre pour l'implantation d'un système de raffinage de fibres cellulosiques dans l'une des trois usines de papier de la région. Le projet est à l'étape des études d'ingénierie puisqu'il nécessite des investissements de 25 millions$

Résolu réduit sa perte à 8 M$ au premier trimestre

Produits forestiers Résolu (TSX:RFP) a réduit sa perte à 8 millions $ (ou 9 cents par action) au premier trimestre, comparativement à une perte de 33 millions $ (ou 35 cents par action) à la même période l'an dernier.

Les ventes du trimestre ont atteint 877 millions $, en baisse de 43 millions $ ou 5 pour cent par rapport au premier trimestre de 2015.

La perte nette, avant éléments hors gestion courante, a été de 18 millions $ ou 20 cents par action, contre 19 millions ou 20 cents par action pour la période correspondante de 2015.

La compagnie a aussi annoncé jeudi la fermeture permanente d'une machine à papier journal de son usine d'Augusta, en Géorgie. Cette décision découlerait des défis structurels continus dans le secteur du papier journal.

Presse Canadienne

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