Denis Boily ciblé par Revenu Québec

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Denis Boily est sorti à quelques reprises de son commerce pour parler au cellulaire.

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Louis Potvin
Le Quotidien

Revenu Québec a réalisé des perquisitions en matière de fraude fiscale chez Lou-Tec, de Roberval, de même qu'à certains endroits à Mashteuiatsh dont à la résidence de l'homme d'affaires Denis Boily.

Mercredi matin, un peu avant 8 h, une cinquantaine d'agents et spécialistes en informatique, accompagnés des policiers de Roberval et Mashteuiatsh munis de cinq mandats, ont fouillé la paperasse et les ordinateurs d'entreprises appartenant à Denis Boily.

« Il s'agit d'une opération d'une très grande envergure. Cette perquisition découle d'une longue enquête menée depuis quelques années. Il s'agirait d'une stratégie de fraude pour éluder des taxes et des impôts », a mentionné le porte-parole de Revenu Québec, Stéphane Dion, qui était sur place.

En effet, des perquisitions ont eu lieu simultanément à Mashteuiatsh à la Caisse Populaire, à la résidence de Denis Boily et à certains autres endroits.

L'homme d'affaires n'a pas été arrêté. Aucune accusation n'est déposée pour le moment. Les agents vont analyser les documents qu'ils vont saisir et c'est par la suite que des accusations pénales pourraient tomber. « On parle de démarches qui vont prendre encore quelques mois. Le propriétaire s'expose à des amendes monétaires considérables et à une peine d'emprisonnement maximale de cinq ans », a-t-il indiqué.

L'homme d'affaires détient des entreprises à Mashteuiatsh, Saint-Félicien, Alma et Baie-Comeau et est administrateur à la Société de développement économique Ilnu (SDEI).

Mercredi, Denis Boily est arrivé chez Lou-Tec, située sur le boulevard Marcotte, vers 9 h. Il est entré rapidement dans le commerce. Il est sorti à quelques occasions pour parler au cellulaire. Il a été impossible de s'entretenir avec lui.

Son avocat est arrivé par la suite. Me Yan Lapierre a indiqué qu'il n'avait pas le mandat de parler aux journalistes.

Malgré le brouhaha causé par la présence des agents de Revenu Québec et les policiers, le commerce a continué de fonctionner comme si rien de spécial ne se passait. Il y avait un fort achalandage.

Le porte-parole de revenu Québec n'a pas voulu dévoiler le montant de la fraude, la qualifiant de considérable. Aucune information n'a été dévoilée sur la méthode qu'utilisait l'homme d'affaires pour éviter de payer de l'impôt ou de ne pas rembourser des taxes perçues.

Le Groupe Lou-Tec se dissocie

Plus tard dans la journée, Groupe Lou-Tec inc., franchiseur et propriétaire de la marque de commerce Lou-Tec, a tenu à se dissocier des allégations d'infractions fiscales de Denis Boily.

« Nous avons été mis au courant de ces allégations portées contre M. Boily et nous tenons à préciser que celles-ci visent l'entrepreneur et non la bannière Lou-Tec, précise Claude Guévin, président du Groupe Lou‑Tec inc. Nous prenons ces allégations très au sérieux et nous suivons le dossier de très près. »

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Le porte-parole de Revenu Québec, Stéphane Dion, qualifie l'intervention de «grande envergure et de considérable».

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Des noms de clients auraient été changés par ceux d'Amérindiens exemptés

(Denis Villeneuve) - Le stratagème d'évasion fiscale qui aurait été utilisé depuis plusieurs années par l'homme d'affaires Denis Boily consisterait en l'utilisation de compagnies-écrans lui appartenant toutes.

Selon les informations obtenues par Le Quotidien, les opérations présumément illégales faites à l'insu des clients consisteraient à faire circuler l'argent dans ces entreprises factices afin que les profits demeurent dans ces compagnies situées sur le territoire de Mashteuiatsh. Il s'agirait d'un moyen pour faire en sorte que les taxes de vente à la consommation perçues (TPS et TVQ) auprès de clients comme Hydro-Québec, Rio Tinto ou les organismes gouvernementaux ne soient pas remises aux divers paliers de gouvernement par l'utilisation de l'exemption fiscale prévue à la Loi sur les Indiens.

À l'aide d'imprimantes qui se faisaient nombreuses, des changements auraient été effectués dans les factures pour y ajouter les noms de personnes d'origines amérindiennes.

C'est ainsi qu'au fil des années, la valeur d'impôt fédéral et provincial éludée pourrait se situer autour de 3,7 millions $.

Selon Stéphane Dion, porte-parole de Revenu Québec, tout dépendant des résultats de la poursuite de l'enquête, il n'est pas exclu que le tout déborde hors de la frontière de Mashteuiatsh.

Pas une première

(Louis Potvin) - Ce n'est pas la première fois que le nom de Denis Boily est mêlé à une histoire avec le fisc. L'an dernier, certaines de ses entreprises se sont retrouvées au Registre des entreprises non admissibles aux contrats publics (RENA) pour des infractions commises à la Loi sur les contrats des organismes publics.

Entre autres, l'entreprise Lou-Tec de Roberval aurait remis à Revenu Québec un document qui contient des renseignements faux ou inexacts, en produisant l'attestation d'un tiers et en faisant une fausse déclaration concernant la détention d'attestation.

Une procédure judiciaire a permis de faire lever cette sanction un peu plus tard au cours de l'année.

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