Miser sur le côté «vert» de l'aluminium

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La création d'une certification volontaire internationale pour faire ressortir sa faible empreinte de carbone et sa production par une chaîne d'approvisionnement responsable, qui va de la mine de bauxite jusqu'à la fin du cycle d'électrolyse, est l'un des moyens qui permettrait de placer la production canadienne d'aluminium à l'abri du marché international soumis à des pressions sur lesquelles il est difficile d'agir.

Au lendemain de la crise qui a secoué l'industrie nord-américaine, alors que les membres de cinq unités des Métallos aux États-Unis ont demandé l'imposition d'une surtaxe de 50% sur l'importation d'aluminium aux États-Unis, l'Association de l'aluminium du Canada a jugé nécessaire de revenir sur ces événements et, surtout, de présenter un portrait de la situation du marché mondial avec la grande inconnue que constitue la Chine, le plus important producteur.

Le président de l'association, Jean Simard, estime qu'il est important de travailler avec la diplomatie commerciale pour tenter d'influencer les décisions du gouvernement chinois. Mais il admet en même temps qu'il y a des limites à cette solution puisque les pays sont généralement très réticents à se faire dicter des lignes de conduite, et encore plus un État aussi imposant que la Chine.

«D'ici 2030, 60% des nouvelles usines d'aluminium seront construites dans des régions qui utilisent uniquement de l'énergie produite au charbon», indique Jean Simard. Ce qui signifie que la grande consommation de masse ne fera pas beaucoup de distinction entre ce métal à forte empreinte en carbone et l'aluminium du Canada, de la Norvège et de certaines régions de Russie qui produisent de l'hydroélectricité.

certification volontaire

«Depuis un certain nombre d'années, l'association mène des travaux sur une certification volontaire. Il s'agit de l'Aluminium Stewardship Initiative. Cette certification assurerait que l'aluminium utilisé dans un produit a une faible empreinte en carbone et a une source d'approvisionnement responsable à partir de la mine de bauxite. Avec ses trois millions de tonnes métriques, le Canada pourrait cibler les marchés de niche», insiste Jean Simard.

Ces marchés de niche sont principalement concentrés dans des produits où les consommateurs sont disposés à payer pour un bien produit avec des matériaux plus respectueux de l'environnement, qui tiennent compte des apports aux communautés. Des noms comme Tesla et Land Rover dans l'automobile sont évoqués pour illustrer les produits ou biens de consommation susceptibles d'employer de l'aluminium portant la certification ASI.

«L'industrie canadienne aurait ainsi un marché captif», reprend le président de l'association. Cette solution ne sera pas mise en place à très court terme et il y a donc une situation mondiale difficile pour l'industrie qui doit composer avec des données incomplètes en raison de la tendance de la Chine à ne pas tout dire quand elle publie des chiffres officiels émanant des instances gouvernementales.

La limite de la diplomatie commerciale avec les Chinois est assez simple à comprendre. Malgré les engagements que peut prendre le gouvernement central, les gouverneurs des provinces conservent beaucoup de pouvoir. C'est ainsi que la Chine construit des usines avec des capacités de millions des tonnes métriques dans le nord-ouest du pays. Pendant ce temps, elle conserve ses vieilles usines dans le sud-ouest puisque les dirigeants politiques locaux refusent de procéder aux licenciements massifs.

La production mondiale d'aluminium est de l'ordre de 63 millions de tonnes métriques. Le surplus mondial, sans tenir compte du métal chinois qui n'est pas déclaré, est de l'ordre de 14 millions de tonnes métriques. Selon Jean Simard, les spécialistes considèrent que la Chine dissimule sur son territoire trois millions de tonnes d'aluminium et poursuit malgré tout l'expansion de la production dans le nord-ouest du pays avec des subventions pour la production d'électricité au charbon.

Ces énormes surplus ont fait en sorte que les clients américains du marché mondial de l'aluminium ont transformé trois millions de tonnes de plus que la production d'Amérique du Nord pendant que des usines d'électrolyse fermaient et forçaient des milliers de travailleurs au chômage qui ont été à l'origine de la demande d'une surtaxe sur l'importation de métal gris.

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