Robin Bouchard peut tourner la page

L'ex-policier Robin Bouchard était accusé de prévarication. Ce... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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L'ex-policier Robin Bouchard était accusé de prévarication. Ce crime particulièrement rare est associé à l'exercice du pouvoir discrétionnaire de l'agent de la paix. Le procureur du policier, Me Pierre Dupras, est parvenu à convaincre son homologue en poursuite que dans ce cas spécifique, l'absolution inconditionnelle pourrait satisfaire les fins de la justice.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Le policier à la retraite de la Sécurité publique de Saguenay Robin Bouchard peut tourner la page. Le juge Richard Daoust, de la Cour du Québec, lui a accordé l'absolution inconditionnelle dans une affaire de prévarication survenue à la toute fin de sa carrière.

L'ex-policier revenait devant le juge Daoust, lundi matin, où il a plaidé coupable à cette accusation. Ce crime particulièrement rare est associé à l'exercice du pouvoir discrétionnaire de l'agent de la paix. Le procureur du policier, Me Pierre Dupras, est parvenu à convaincre son homologue en poursuite que dans ce cas spécifique, l'absolution inconditionnelle pourrait satisfaire les fins de la justice.

La plainte avait été initiée par la partie patronale qui reprochait au policier d'avoir, au cours des mois de juillet et août 2013, réduit les billets d'infraction émis aux automobilistes, même si ses supérieurs l'avaient avisé de cesser cette pratique.

Sur les 254 billets émis durant la période, 251 indiquaient une vitesse variant de 53 à 59 kilomètres à l'heure dans une zone de 50 km/h, alors que la vitesse constatée était plus élevée, selon la prétention de la Ville, après examen des billets.

En août 2013, la direction suspendait Robin Bouchard.

«Ce n'est pas possible pour un homme comme M. Bouchard de se présenter au palais de justice pour plaider coupable à cette accusation. Depuis les événements, il a vécu des moments difficiles», a répété à plusieurs reprises Me Pierre Dupras. Il a de plus mentionné que son client a eu une carrière irréprochable pendant 30 ans et que cette affaire a grandement assombri son départ à la retraite.

Dans son argumentation, le procureur en défense a rappelé que les gestes posés n'ont pas causé de préjudice à personne, si ce n'est que ceux qui ont reçu un billet d'infraction ont payé des amendes moins élevées. Il n'y a donc pas eu de conséquence ni de victime dans toute cette affaire.

Le procureur de la Direction des poursuites criminelles et pénales a de son côté soulevé le fait que pendant qu'il posait ces gestes, le policier n'a jamais fait disparaître de preuve ou modifié une preuve. Il a utilisé son jugement discrétionnaire pour diminuer la vitesse, mais a tout de même distribué les contraventions. Le fait qu'il n'y ait pas eu de disparition ou modification de preuve a grandement joué en faveur d'une recommandation commune pour l'absolution inconditionnelle.

Le juge Richard Daoust a certes rappelé que le policier avait contrevenu à la loi, mais que tout devait être situé dans son contexte. Le fait qu'il n'a jamais profité de ces gestes et qu'il n'y a pas de victime ont visiblement pesé lourd dans la décision du juge Daoust.

Ce dernier a également souligné le fait que pendant 30 ans, le policier Robin Bouchard a servi ses concitoyens et a donc été un actif pour la société. Il n'y a également pas de doute dans l'esprit du juge que Robin Bouchard ne représente pas un risque de récidive puisqu'il est aujourd'hui à la retraite.

Le crime pour lequel l'ex-policier a été accusé est très rare puisque les citoyens ne se plaignent généralement pas de recevoir une infraction avec une vitesse moins élevée que la réalité.

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