Un projet d'habitation pour autistes

Carl Côté préside la Fondation Jean Allard et... (Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Carl Côté préside la Fondation Jean Allard et fait partie des parents qui portent le projet d'habitation pour les adultes autistes.

Le Quotidien, Jeannot Lévesque

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Un regroupement de parents, supporté par la Fondation Jean Allard, travaille depuis trois ans sur un projet d'habitation à Saguenay afin d'offrir un logement permanent à leurs enfants souffrant d'un trouble du spectre de l'autisme (TSA), lorsqu'ils seront adultes.

«Ça pourrait bientôt se concrétiser. Ce qui manque, c'est l'argent. Pourquoi la région ne deviendrait-elle pas un projet-pilote, surtout qu'elle est celle du premier ministre Philippe Couillard? Il y aurait moyen de créer un modèle au Québec», exprime le président de la fondation Carl Côté, qui parle avant tout comme père impliqué dans le regroupement et préoccupé par l'avenir de son adolescent diagnostiqué TSA.

L'Office municipal d'habitation (OMH) de Saguenay a été approché afin de construire un complexe d'hébergement à loyer modique, où les résidants auraient leur propre appartement constitué d'une chambre, d'un coin cuisine et d'une toilette. Il y aurait également une salle à manger et une salle de séjour communes dans chaque aile d'environ huit occupants. Des services seraient fournis par une coopérative de soutien à domicile et le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) se chargerait d'une partie de l'encadrement. Le financement annuel qu'il reste à trouver est estimé à 150 000$, mais ce montant pourrait être réduit en optimisant les détails du projet.

Ressources insuffisantes

«Présentement, les autistes sont pris en charge par une famille d'accueil subventionnée par le gouvernement, explique M. Côté. Le problème, c'est que leur durée d'existence moyenne est de sept à dix ans. La personne devra donc changer plusieurs fois de maison au cours de sa vie, alors qu'elle a besoin de stabilité. Souvent, l'autiste perd aussi de son autonomie dans ce mode de vie, parce qu'il est avec des cas plus lourds que lui. On est en train de démontrer que ça coûterait beaucoup moins cher avec ce genre d'habitation. Le système de santé fournit déjà des services. Là, ils seraient tous donnés à la même place.»

Ailleurs au Québec, l'idée fait aussi du chemin. Les artistes Véronique Cloutier et Louis Morrissette ont lancé une fondation dernièrement afin d'amasser de l'argent pour construire une maison destinée aux adultes autistes, qui sont pour ainsi dire laissés à eux-mêmes à l'âge de 21 ans.

«C'est un peu les parents qui font un acte de foi de leur vie pour s'occuper d'eux. Souvent, il y en a un des deux qui arrête de travailler. On se demande tous ce qui va arriver lorsque nous ne serons plus là. Je vois des personnes rendues à 70 ans qui sont désemparées, confie M. Côté. C'est le bon moment pour intervenir. Nous sommes à l'avant-garde du mouvement, mais c'est ce qui va être de plus en plus demandé.»

Partenaires

La direction régionale des programmes de déficience physique, de déficience intellectuelle et des TSA du CIUSSS supporte les promoteurs du projet depuis un certain temps. «On est très fier de cette belle initiative du milieu, assure la porte-parole Karine Gagnon. C'est sûr qu'on ne peut pas utiliser le budget qu'on a présentement, mais on cherche des solutions.»

Carl Côté déclare aussi être en pourparlers avec Saguenay pour une entente avantageuse concernant un terrain à Chicoutimi, information qui n'a pas pu être confirmée avec le service des communications.

Une association désirée

La Fondation Jean Allard désire s'allier à l'Association pour le développement de la personne handicapée intellectuelle du Saguenay (ADHIS) afin que le projet soit rentable.

En effet, il faut un certain nombre de résidants pour que l'Office municipal d'habitation (OMH) puisse aller de l'avant. L'adjointe à l'administration et au développement Hélène Beaumier précise qu'il reste cependant encore plusieurs étapes avant la concrétisation du projet. «On ne peut même pas encore réserver les unités via le programme Accès-Logis. Il faut évaluer les besoins.» L'organisation a déjà réalisé des îlots d'habitation pour d'autres types de clientèle spéciale à Jonquière et à Chicoutimi.

Le président de la fondation, Carl Côté, croit que les personnes avec une déficience légère pourraient bien s'adapter avec les personnes autistes, puisque leurs forces se complètent. Les premiers sont plus sociables et les seconds n'ont pas tendance à oublier les éléments importants, par exemple verrouiller la porte avant de sortir.

Le nouveau milieu de vie pourrait même être une source de travail pour ses occupants, pour les tâches tels le ménage ou l'aide à la confection des repas.

Des complexes d'hébergement semblables ont été créés dans la province, mais ils sont gérés seulement par les parents. «C'est lourd, car ils doivent s'occuper de tout l'entretien de la bâtisse. Là, ce serait l'OMH qui en serait responsable, mais les parents ou les tuteurs seraient encore fortement impliqués», affirme M. Côté.

Un comité tripartite formé des parents, des organismes responsables et du CIUSSS se chargerait de l'administration.

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