Surtaxe sur l'aluminium: les Métallos font volte-face

Le Syndicat international des Métallos et le Syndicat... ((Archives Le Quotidien))

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Le Syndicat international des Métallos et le Syndicat québécois des Métallos ont conclu une entente, hier matin à Toronto, qui se traduira par le retrait d'une demande de cinq syndicats à la Commission sur le commerce international des États-Unis pour imposer une surtaxe de 50 % sur les importations d'aluminium.

(Archives Le Quotidien)

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«La démarche pour l'imposition d'une surtaxe sur l'aluminium est suspendue aux États-Unis et nous avons convenu, d'un côté comme de l'autre, de travailler ensemble pour combattre le métal provenant de la Chine.»

L'adjoint au directeur québécois du Syndicat des Métallos, Dominic Lemieux, est sorti satisfait de la séance de travail tenue à Toronto en présence de la direction du Syndicat international des Métallos pour résoudre la crise de l'aluminium qui était sur le point de se concrétiser entre le Canada et les États-Unis.

Le dépôt, par cinq unités syndicales américaines affiliées au Syndicat international des Métallos, d'une pétition réclamant l'imposition d'une surtaxe de 50% sur les importations de métal de première coulée a mis le feu aux poudres. Les syndicats canadiens, dont deux unités affiliées aux Métallos (Alma et ABI Bécanacour), l'Association de l'aluminium du Canada (AAC) et le gouvernement du Québec ont réagi très vivement à cette histoire en évoquant les effets dévastateurs d'une telle mesure sur l'industrie canadienne qui exporte 60% de sa production dans les usines de transformation américaines.

«Lorsque les unités américaines ont décidé de lancer cette pétition afin de bloquer l'importation du métal chinois, ils n'ont pas songé aux conséquences qu'une telle mesure pourrait avoir sur les travailleurs canadiens. C'est ce dont nous avons discuté et il y a un intérêt commun à ce que l'on soit en mesure de mettre en place des solutions permanentes pour contrer le dumping de métal provenant de la Chine et des autres pays qui produisent dans des conditions largement inférieures à celles que nous avons ici», a expliqué Dominic Lemieux à sa sortie de la rencontre tenue à Toronto.

Les dirigeants syndicaux québécois ont été en mesure de démontrer que le véritable malaise ne provenait pas des exportations canadiennes d'aluminium. Chiffres à l'appui, ils ont démontré que les transformateurs américains ont tout simplement eu recours au métal de la Chine, de la Russie et de l'Arabie saoudite pour remplacer l'aluminium provenant des usines qui ont été fermées au cours des dernières années.

«Ils sont conscients que ce n'est pas le métal importé du Canada qui pose problème ou qui a remplacé celui qui provenait des usines américaines», reprend le syndicaliste.

Ce début de crise aura des effets bénéfiques, selon Dominic Lemieux, puisque les primaires aux États-Unis sont l'occasion pour les politiciens de se présenter comme des fervents défenseurs de mesures protectionnistes pour plaire à l'électorat. Dans cette situation, Dominic Lemieux croit que les politiciens, les syndicalistes et les entreprises ont intérêt à travailler ensemble pour identifier le véritable problème.

Cible

Quant aux travailleurs américains, Dominic Lemieux partage sensiblement la même réflexion que le président du Local 9490 des Métallos de la papeterie d'Alma, Alexandre Fréchette. Ces travailleurs ont été confrontés à la fermeture de plusieurs usines en sol américain pendant que l'aluminium en provenance de la Chine remplaçait la production interne. Ces travailleurs sont aussi victimes d'une industrie qui tarde à se moderniser en utilisant de l'électricité produite au charbon.

«Nous sommes dans le même bateau. La cible, c'est l'aluminium chinois, pas les industries québécoises et canadiennes. Notre syndicat international a su corriger le tir pour éviter qu'il y ait des victimes collatérales. Mais l'objectif reste le même: préserver des emplois de qualité en Amérique du Nord», a pour sa part déclaré le directeur québécois des Métallos, Alain Croteau, dans le communiqué officiel publié en fin de crise.

«Nous avons décidé de suspendre notre requête demandant une intervention pour rétablir des prix compétitifs sur le marché américain et mondial de l'aluminium primaire. Les travailleurs aux États-Unis et au Canada ont beaucoup d'intérêts en commun dans ce secteur. Des représentants politiques américains et canadiens reconnaissent les sérieuses menaces auxquelles font face nos industries et se sont engagés dans des discussions prometteuses à haut niveau. Nous avons bon espoir que ces travaux permettront de trouver des solutions à long terme», a de son côté exprimé le président international Leo W. Gerard.

Couillard satisfait

Le premier ministre du Québec et ministre responsable de la région, Philippe Couillard, a accueilli avec satisfaction la nouvelle voulant que la démarche devant la commission du commerce des États-Unis était suspendue. Le premier ministre a tenu à souligner l'étroite collaboration entre le gouvernement du Québec et les milieux syndicaux qui a permis d'en arriver rapidement à une solution dans un dossier dont les conséquences auraient été dramatiques pour l'industrie québécoise de l'aluminium.

«Le premier ministre veut souligner l'apport du président de la FTQ Daniel Boyer ainsi que le travail réalisé par notre délégation générale à Washington. Ce qui démontre que lorsque les gens travaillent ensemble, les résultats sont positifs», a confié l'attaché de presse du député de Roberval Harold Fortin au cours d'un entretien avec Le Quotidien.

L'Association de l'aluminium du Canada

L'Association de l'aluminium du Canada, qui regroupe les trois principaux producteurs québécois, a poussé un soupir de soulagement lorsque le Syndicat international des Métallos a publié sur son site Internet que la démarche initiée par les unités locales pour obtenir une surtaxe sur l'importation d'aluminium était abandonnée.

«Nous saluons la contribution au dénouement de cette crise des syndicats québécois affiliés à la USW ainsi que le syndicat Unifor, sans oublier les représentants des gouvernements du Québec et du Canada. Une vision partagée des enjeux, de l'urgence et de l'importance de la situation a ainsi permis de protéger notre industrie», a déclaré Jean Simard, président de l'ACA.

Rio Tinto réagit

«Rio Tinto salue la décision du United Steelworkers de retirer leur pétition portant sur l'article 201. L'industrie nord-américaine de l'aluminium fait partie d'une chaîne d'approvisionnement intégrée qui est vitale pour l'ensemble des fabricants tant aux États-Unis qu'au Canada. Nous devons faire face à des défis ensemble, et ne pas ajouter de risques qui auraient des conséquences imprévues et qui nuiraient finalement à notre capacité mutuelle à soutenir la concurrence mondiale».

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