FSC rayée de la carte régionale

La Division Péribonka d'Arbec opère la scierie de... (Archives Le Quotidien, Normand Boivin)

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La Division Péribonka d'Arbec opère la scierie de l'Ascension au Lac-Saint-Jean. L'usine ne peut plus expédier des copeaux portant la certification FSC vers les usines de pâtes et papier de Résolu. Le Certificat FSC de l'unité d'aménagement approvisionnant la scierie a été résilié.

Archives Le Quotidien, Normand Boivin

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La certification du Forest Stewarship Council (FSC), qui traverse une crise majeure au Canada, est maintenant disparue du territoire du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui cumule la plus grande forêt boréale sous aménagement du Québec.

Nos informateurs confirment que la perte de terrain de cette norme s'accélère au Québec puisque le producteur de bois d'oeuvre Arbec aurait refusé de verser la somme de 50 000 $ aux Innus Betsiamites et que cette somme aurait également été réclamée par les quatre autres communautés amérindiennes présentes sur ce territoire, ce qui totalise une somme de 250 000 $. Les Innus Betsiamites auraient aussitôt retiré leur consentement préalable, libre et éclairé aux opérations forestières menées sur une unité d'aménagement d'un million d'hectares. 

Toutefois, suivant la publication du présent article,  le conseil des Innus de Pessamit a réagi par un communiqué dans lequel il nie avoir exigé quelque compensation financière que ce soit.

La firme de certification SAI Global a par conséquent modifié le statut du certificat FSC, dont le répondant était la scierie Péribonka de L'Ascension, appartenant à Arbec. Dans le cadre de l'audit de renouvellement du certificat, l'entreprise devait apporter une correction majeure à ses pratiques en obtenant le consentement des Indiens de Betsiamites. Le certificat avait été suspendu comme le prévoit la procédure pour une période d'un an afin de permettre la poursuite des discussions, mais tout indique qu'il n'y a pas eu d'entente.

L'entreprise Arbec n'a publié aucun communiqué en lien avec cette perte de certification. Elle maintient sa politique qui se limite à ne jamais commenter ou motiver sur la place publique des décisions relevant de ses opérations. Pierre-Olivier Lussier, responsable des communications, a indiqué au Quotidien qu'il n'y aurait aucun commentaire en lien avec cette affaire.

La fin du certificat FSC d'Arbec illustre assez bien l'impossibilité pour les entreprises forestières de maintenir cette norme. Certaines communautés amérindiennes ont décidé qu'il y avait un prix à payer pour l'obtention du consentement autochtone exigé par FSC. Le consentement en question n'a visiblement plus aucun lien avec la qualité de la foresterie déployée sur le territoire visé.

Le président de FSC Canada, François Dufresne, a indiqué au Quotidien ne pas être au fait de cette demande des Innus de Betsiamites concernant le versement d'une enveloppe de 250 000$ en échange du consentement. «FSC n'est pas informée des relations entre l'auditeur (SAI Global dans ce cas) et les entreprises.»

Conséquences

Les conséquences de cette nouvelle perte de certification se feront sentir dans les usines de papier de la région. Les copeaux produits à la scierie de L'Ascension d'Arbec sont principalement destinés à la papeterie d'Alma de Résolu. Il s'agit d'un problème cumulatif puisque Résolu avait perdu ses certificats Lac-Saint-Jean et Péribonka-Mistassini qui approvisionnent les scieries du Lac-Saint-Jean qui à leur tour livrent des copeaux dans les trois usines de papier et l'usine de pâte kraft de Saint-Félicien.

Pour la seule région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, il s'agit d'une perte de l'ordre de 6,6 millions d'hectares de forêt pour la norme FSC. Ces superficies correspondent à deux certificats résiliés et un certificat suspendu que la papetière Résolu n'a pas l'intention de renouveler et dont la date de terminaison est au début juillet. L'impact sur la certification FSC au Québec est majeur puisque la norme mise en place par les groupes environnementaux, dont Greenpeace, couvrait 28,4 millions d'hectares en 2014. Elle a donc perdu pratiquement 30% de sa superficie.

Elle subira une autre baisse significative pour passer sous la barre des 20 millions d'hectares à la mi-juillet alors qu'Arbec doit renouveler son certificat FSC Port-Cartier.

Les mêmes enjeux de consentement préalable, libre et éclairé sont en cause avec le même groupe autochtone.

Il serait surprenant qu'Arbec décide de payer la note. D'autres certificats FSC tomberont dans les mois à venir puisque le chef de la communauté atikamekw d'Obedjiwan a déclaré publiquement qu'il retirerait le consentement pour le territoire de la Mauricie si le gouvernement du Québec ne répondait pas favorablement à ses demandes en matière de droits ancestraux et de revendications territoriales.

Les mêmes territoires ont toutefois conservé les normes SFI et CSA. La norme SFI ne cesse de gagner en crédibilité aux États-Unis. Elle a été acceptée par les organismes d'accréditation des immeubles verts aux États-Unis au même titre que la norme FSC. Elle a aussi grandement progressé dans l'Ouest canadien alors que les groupes autochtones qui gèrent de grandes forêts (deux millions d'hectares) considèrent qu'elle respecte adéquatement leur préoccupation.

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