Les Steelworkers demandent une surtaxe de 50% sur l'aluminium

Le Syndicat des Métallos américains demande au président des États-Unis... (Photo courtoisie)

Agrandir

Photo courtoisie

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Patricia Rainville
Le Quotidien

Le Syndicat des Métallos américains demande au président des États-Unis d'instaurer une surtaxe de 50% sur le prix de l'aluminium importé au pays. Si une telle mesure est adoptée, elle pourrait mettre en péril l'industrie de l'aluminium canadienne.

La demande des Métallos américains (Steelworkers) a été formulée il y a quelques jours. Une pétition a été envoyée à la Maison-Blanche, afin que le président Barack Obama intervienne rapidement dans le prix de l'importation de l'aluminium. Selon Rio Tinto Aluminium (RTA), c'est la première fois qu'une telle demande est déposée concernant le secteur de l'aluminium.

Devant les nombreuses pertes d'emplois et les fermetures d'usines américaines, les Steelworkers ont vu en l'instauration d'une surtaxe la solution pour remettre l'industrie de l'aluminium aux États-Unis sur les rails. Toutefois, cette surtaxe pourrait avoir des répercussions catastrophiques sur celle du Canada, estime RTA.

Actuellement, 65% du métal gris produit au Canada est exporté aux États-Unis, dont la grande majorité est produite au Québec. Si la demande des Steelworkers est adoptée, ce 65% serait surtaxé à 50%.

«Si, par exemple, nous avons un client aux États-Unis qui paie notre aluminium 1500$ la tonne, il devra maintenant en débourser 2200$. Pensez-vous qu'il sera encore intéressé à importer l'aluminium produit à l'extérieur des États-Unis?», donne en exemple la porte-parole de RTA, Claudine Gagnon, au cours d'un entretien accordé au Quotidien, mercredi.

Selon elle, cette surtaxe mettrait tout simplement l'industrie canadienne en péril. «Plusieurs autres secteurs d'activités pourraient être touchés, notamment celui de l'automobile. Nous prenons cette nouvelle avec un très grand sérieux et nous sommes très préoccupés», a ajouté Claudine Gagnon.

RTA suivra évidemment de très près le dossier et la situation est actuellement étudiée. «Nous analysons également les impacts que pourrait avoir cette surtaxe sur nos activités», a affirmé la porte-parole de RTA, sans toutefois entrer dans les détails des possibles scénarios.

Du côté de l'Association de l'aluminium du Canada, le président, Jean Simard, s'est dit surpris et consterné par la demande des Métallos. Sans vouloir faire de spéculations quant aux répercussions que pourrait avoir cette surtaxe sur l'industrie, M. Simard a affirmé que les impacts seraient grands.

«Nous sommes actuellement en discussion avec les gouvernements fédéral et provincial, afin de voir ce qu'on peut faire. C'est un dossier très complexe», a indiqué Jean Simard, lors d'un entretien téléphonique.

Commission

La tenue d'une commission de commerce international est nécessaire pour aller de l'avant dans l'instauration d'une surtaxe. C'est ensuite le président des États-Unis, Barack Obama, qui, normalement, ira dans le même sens que les conclusions de la commission. En vertu de l'article 201 de la Loi américaine du commerce, la commission a 60 jours suivant le dépôt de la pétition pour prendre une décision préliminaire. Le président Obama aura ensuite un délai de 30 jours pour rendre sa décision.

Environ 6500 travailleurs américains du secteur de l'aluminium ont été mis à pied depuis 2011. À cette époque, la production était quatre fois plus importante qu'aujourd'hui.

Claudine Gagnon... (Archives Le Quotidien) - image 2.0

Agrandir

Claudine Gagnon

Archives Le Quotidien

Le Canada parmi les cibles

Alors que Rio Tinto Aluminium et l'Association de l'aluminium du Canada sonnent l'alarme concernant la demande des Métallos américains, le directeur régional de la FTQ, Marc Maltais, croit que le Canada ne sera pas concerné par cette possible surtaxe sur l'importation.

Marc Maltais a été mis au courant du dépôt de la pétition des Steelworkers par Le Quotidien. Il a pris le temps de lire les articles publiés à ce sujet dans le Globe and Mail et le New York Times, avant de faire ses propres vérifications. «À ce que je comprends, cette surtaxe vise principalement les producteurs chinois, qui vendent la tonne en dessous du prix fixé par le London Metal Exchange (LME), qui est actuellement à 1500$. Évidemment, nous allons suivre ce dossier, mais, en vérifiant auprès du Syndicat des Métallos, c'est ce que j'ai pu comprendre», a indiqué Marc Maltais.

Requestionnée à ce sujet, la porte-parole de RTA, Claudine Gagnon, a précisé que le Canada était bel et bien l'une des cibles des travailleurs américains. D'ailleurs, en survolant la pétition des Steelworkers, l'exportation canadienne est abordée dès la 16e page.

«Le syndicat américain demande au président Obama de se prononcer sur l'ajout d'une taxe de 50% pour tout le métal importé aux États-Unis. Les principaux pays qui exportent aux États-Unis sont le Canada, la Russie, le Moyen-Orient et l'Islande. Pourquoi demander au président Obama d'imposer ce genre de taxe pour un pays qui ne vend presque pas de métal aux États-Unis?», a affirmé Claudine Gagnon.

Surveiller les intérêts du Québec

Le gouvernement du Québec a assuré qu'il suivra la situation de près, concernant la possible instauration d'une surtaxe de 50% sur l'aluminium importé aux États-Unis. Joint mercredi par Le Quotidien, le cabinet de la ministre de l'Économie, Dominique Anglade, a affirmé que le «gouvernement allait faire valoir les intérêts du Québec dans ce dossier». Pour le moment, le gouvernement ne s'est pas étendu sur le sujet, préférant attendre d'en connaître davantage sur les possibles impacts.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer