Chicoutimi, une forteresse impénétrable

Mireille Jean, entourée de l'ancien député de Chicoutimi,... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Mireille Jean, entourée de l'ancien député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, et du chef Pierre Karl Péladeau, a pleinement savouré cette victoire décisive par une majorité de 3000 votes.

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«Le gouvernement libéral s'est fait élire avec deux engagements politiques. Il devait assurer le développement économique et régler les problèmes d'éthique. Ils ont échoué lamentablement pour les deux engagements et les électeurs de Chicoutimi leur ont rappelé.»

Le chef Pierre Karl Péladeau a pleinement savouré cette victoire décisive dans Chicoutimi de la candidate Mireille Jean par une majorité de 3110 votes. Il a rappelé à la centaine de militants péquistes réunis sur la rue Racine les raisons pour lesquelles le Parti québécois est demeuré maître dans cette circonscription. «Les gens savent que depuis 1973, ils peuvent compter sur des députés qui défendent avant tout les intérêts des Québécois», a ajouté le chef souverainiste.

Le Parti libéral du Québec avait pourtant rêvé d'infléchir l'histoire et de reprendre la circonscription électorale de Chicoutimi pour la première fois depuis 1935. La dure réalité l'a rattrapé puisqu'il s'est une fois de plus heurté au bloc monolithique souverainiste qui assure la victoire des candidats du Parti québécois sans interruption depuis 1972.

À mi-campagne, les troupes de Philippe Couillard pouvaient toujours espérer rattraper la péquiste Mireille Jean qui ne menait que par six points selon le sondage Segma Recherche Le Quotidien-Énergie Rouge FM publié le 24 mars. Les arrestations de Marc-Yvan Côté et Nathalie Normandeau et les courriels échangés entre Sam Hamad et le même Marc-Yvan Côté ont eu vite fait de clouer le cercueil de Francyne T. Gobeil qui accusait 22 points de retard sur la péquiste dans le second sondage du 8 avril.

Il s'agit d'une défaite amère pour le Parti libéral du Québec et le premier ministre Philippe Couillard qui assume le rôle de ministre responsable de la région. Ce dernier a participé très activement à la campagne de la candidate Francyne T. Gobeil et était encore à Saguenay en fin de semaine pour l'ultime effort avant la tenue du scrutin.

Lorsqu'il s'est adressé aux militants libéraux, le premier ministre Philippe Couillard a minimisé le résultat du vote. Selon ce dernier, le Parti libéral a malgré tout bien fait compte tenu des événements des derniers jours.

De façon exceptionnelle et pour bien faire sentir que la protégée du maire Jean Tremblay allait être accueillie à bras ouverts au gouvernement, le premier ministre a officiellement présenté Mme Gobeil au caucus des députés libéraux à Québec.

Le chef péquiste Pierre Karl Péladeau n'a pas laissé tout le terrain à son rival et a fait plusieurs visites dans la circonscription. Il a tout mis en oeuvre pour faire mentir les autres formations politiques à l'effet qu'il avait traité injustement le député Stéphane Bédard en lui retirant son poste de leader, geste qui a été à l'origine de sa démission.

Lundi soir, Pierre Karl Péladeau a tenu à remercier spécialement le député démissionnaire et son père Marc-André qui ont été actifs pendant toute la campagne. Une présence qui confirme selon le chef péquiste que la formation souverainiste est en mesure de faire des débats.

Au chapitre des engagements, la candidate du gouvernement a ciblé le Centre Georges-Vézina, le terrain de soccer synthétique de l'École secondaire Charles-Gravel ainsi que la réfection du bloc opératoire de l'hôpital de Chicoutimi. Son adversaire péquiste proposait quant à elle la création d'un centre de données informatiques du gouvernement et la création d'un pôle stratégique pour l'électrification des transports.

La candidate caquiste Hélène Girard a martelé tout au long de la campagne la promesse de diminuer le fardeau fiscal de 500$ par travailleur. Elle a aussi pris l'engagement de voter contre la mise en place du registre québécois des armes à feu.

Les chefs de Québec solidaire ont effectué des séjours dans Chicoutimi pour supporter le candidat Pierre Dostie. La campagne de cet ex-cadre de l'hôpital de Jonquière a obligé les autres formations politiques à se prononcer sur le comportement de la multinationale Rio Tinto Aluminium.

En tête du début à la fin

Le Parti québécois est parvenu à serrer les rangs pour donner à la candidate Mireille Jean une victoire avec une confortable majorité de 3110 votes dans le cadre de l'élection partielle de Chicoutimi, et ce, malgré un taux de participation de 41%.

En début de soirée, l'inquiétude était palpable chez certains organisateurs qui craignaient les impacts de la faible participation sur le résultat de la soirée. Dès l'ouverture des premières boîtes, la candidate péquiste a pris les devants et a maintenu sa position de tête jusqu'à la fin de la soirée.

Elle a été chaudement applaudie lors de son entrée au bar L'Entrée en compagnie de son chef Pierre Karl Péladeau. Les militants ont explosé lorsqu'il a exprimé sa grande satisfaction devant la victoire de la nouvelle députée de Chicoutimi.

Mireille Jean a pris la parole en rappelant aux militants qu'elle était très satisfaite du résultat de cette campagne qu'elle attribue au travail de toute son équipe et au support de ses nouveaux collègues députés, dont Sylvain Gaudreault, qui a agi pendant cette campagne comme une sorte de parrain politique. Elle a surtout voulu profiter de ce moment particulier que constitue une première victoire en politique pour bien expliquer le sens de son engagement politique.

«J'ai été choyée par la vie. J'ai un conjoint avec lequel je partage ma vie depuis 30 ans. Une fille qui fait toute ma fierté. Nous avons bien réussi en affaires. C'est vrai que nous avons travaillé fort, mais la vie m'a choyée», a débuté la nouvelle députée de Chicoutimi.

«Je suis d'une famille modeste. Mais j'ai eu la chance de faire des études. J'ai grandi dans une société qui m'a éduquée et donné des soins de santé. Jamais, je n'aurais eu tout ça sans le support de la société québécoise et par mon action politique, je vais protéger ces acquis. C'est l'essentiel de ma motivation», a soutenu Mireille Jean.

Mireille Jean a poursuivi en affirmant que cet engagement politique va à l'encontre des grandes politiques du gouvernement du Québec. Elle juge que les politiques d'austérité hypothèquent tout le réseau communautaire indispensable dans la société de même que le réseau de la santé et des services sociaux. Ces politiques vont jusqu'à appauvrir la région, selon la députée, et elle ne ménagera pas les efforts pour les combattre.

En point de presse, la députée de Chicoutimi a reconnu que l'affaire Sam Hamad avait influencé l'élection partielle dans Chicoutimi. Elle maintient cependant que les citoyens ont cru en son engagement politique et en ses propositions pour le développement économique. Elle a attiré l'attention sur le fait qu'elle menait dans les sondages avant les révélations concernant l'ex-président du Conseil du trésor.

Mireille Jean a pris quelques secondes pour féliciter ses adversaires, dont trois femmes, et surtout souligné la qualité des débats pendant cette campagne électorale qui s'est déroulée sous le signe du respect.

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