STAS lance l'ASIS-3D

Yves Dallaire, technicien en mécanique et concepteur principal,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

Agrandir

Yves Dallaire, technicien en mécanique et concepteur principal, Pierre Bouchard, président de STAS, et Florent Gougerot, directeur du marketing, posent devant le système SEED.

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Denis Villeneuve
Le Quotidien

L'homme d'affaires Pierre Bouchard, président de la Société des tecnologies de l'aluminium Saguenay (STAS), ne manque pas d'idées pour développer de nouveaux systèmes destinés à optimiser les procédés de production et de transformation du métal gris.

La société qu'il dirige livrera cette semaine à Alcoa le premier système de visionnement artificiel destiné à l'inspection des anodes usagées, une technologie unique au monde qui porte entièrement la signature de STAS.

Lors d'une visite effectuée dans les ateliers de l'entreprise en compagnie de Florent Gougerot, directeur du marketing, M. Bouchard a fait la démonstration du «Anodes Stubs Inspection System» (ASIS 3D), une technologie dont la fonction est d'inspecter à l'aide de quatre capteurs laser 3D les rondins d'anodes de carbone utilisés dans les cuves d'électrolyse AP-30 ou AP-60.

Rémi St-Pierre, ingénieur en informatique chez STAS, explique que les rondins d'anodes en acier qui supportent les blocs de carbone sont souvent endommagés ou déformés lors du procédé d'électrolyse en raison du trempage partiel dans les bains très chauds. «Après avoir séjourné pendant 20 ou 30 jours dans les cuves, les blocs de carbone doivent être retirés. Il faut alors inspecter les hexapodes à rondins pour voir s'ils sont déformés, s'il y a présence d'imperfection et des bris avant de les regarnir de carbone, des opérations qui sont effectuées par des techniciens avant d'être réparées», explique M. St-Pierre. À raison de 10 000 anodes utilisées dans une aluminerie comme celle de Deschambault, il peut en coûter de 3 M$ à 4 M$ annuellement pour effectuer ces réparations, selon lui.

Avec le système de mesure et de visionnement ASIS 3D, la numérisation précise au millimètre près des tiges d'anodes est réalisée après lecture de 1 million de points de mesure, et ce, en quelques secondes. L'avantage du système, selon M. St-Pierre est sa grande précision, sa rapidité, mais aussi il permet d'identifier exactement le travail à réaliser sur le bon de commande à transmettre. Chaque cycle d'opération de mesure générée et transmise au logiciel de métrologie 3D intégré requiert environ 30 secondes.

M. Bouchard estime que l'acquisition d'un tel système peut être amortie en quelques mois seulement. «Notre objectif est de vendre deux ou trois exemplaires de l'ASIS 3D par année. Nous avons invité plusieurs clients potentiels afin qu'ils assistent à une démonstration de cet équipement».

Le potentiel de vente est d'autant plus prometteur, explique M. Gougerot, que la tendance des alumineries existantes à travers le monde est de hausser l'intensité des cuves».

Système SEED

Les murs de l'atelier de STAS renferment également une autre innovation puisque l'équipementier s'apprête à livrer à un centre de recherche et d'innovation chinois partenaire de STAS (l'équivalent du Centre des technologies de l'aluminium) trois exemplaires d'un nouveau système de moulage d'aluminium semi-solide sous pression appelé Swirled Equilibrium Enthalpy Device (SEED).

De façon sommaire, il s'agit d'un système robotisé de manipulation d'aluminium à l'état semi-solide destiné à la production de masse de pièces pour l'industrie automobile comme des turbos pour moteurs diesel, pièces de suspension ou encore des échangeurs de chaleur pour les ordinateurs.

Le système SEED a été développé depuis une dizaine d'années par STAS à partir de brevets appartenant à Rio Tinto qui ont été transférés au CTA. «L'aluminium en pâte malléable dont la consistance est semblable à du beurre est injecté sous pression dans un moule, et ce, sans intervention d'aucun opérateur pour produire deux pièces à la minute. Le poids des pièces produites peut varier jusqu'à quatre kilos», explique M. Gougerot.

Tout l'aspect innovateur du SEED mis en marché par STAS réside dans les procédés développés pour fabriquer les pièces. Si on voulait faire un parallèle avec le secteur culinaire, le SEED serait l'équivalent du mélangeur à gâteau. Tout l'aspect innovateur de la nouvelle technologie réside dans la recette, soit la façon de développer les nouveaux alliages, le contrôle du refroidissement, etc.

La direction de STAS fonde de grands espoirs de livrer à la Chine de nombreux exemplaires du SEED, vendus plusieurs centaines de milliers de dollars, l'Empire du Milieu étant reconnu comme étant le centre de production de masse du monde entier.

Le système ASIS 3D, entièrement développé par STAS,... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque) - image 2.0

Agrandir

Le système ASIS 3D, entièrement développé par STAS, effectue une numérisation très précise des hexapodes d'anodes en vue de leur réparation. 

Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque

Des percées dans d'autres marchés

Les murs de STAS, sur la rue des Actionnaires du parc industriel de Chicoutimi, abritent également les entreprises spécialisées Ergofab et Voltam, qui, chacune de leur côté, sont sur le point d'effectuer des percées dans leur marché respectif.

Dans le cadre de la tournée de son entreprise, Pierre Bouchard mentionne qu'Ergo Fab, spécialisée dans la conception, la fabrication et l'optimisation de postes de commande pour conducteurs de métro, machinerie lourde pour le secteur minier et autres, vient d'effectuer une percée auprès d'Héma-Québec à la suite du développement d'une nouvelle civière utilisée aux donneurs de sang pouvant être disposée en quatre positions. «On vient de signer un contrat pour fabriquer 150 de ces civières. Ça pourrait représenter un marché très intéressant pour les États-Unis», affirme M. Bouchard. Jusqu'à 1000 civières pourraient être fournies à Héma-Québec.

Ergofab est devenu également fournisseur pour le concepteur de simulateurs de vols CAE en vue de la conception d'un volume possible de 1000 postes de commande étalés sur cinq ans.

Les voyageurs qui circuleront à bord du célèbre train panoramique Rocky Mountain qui traverse les Rocheuses profiteront du confort de sièges conçus à Chicoutimi. Optifab a reçu le mandat de remplacer les sièges des 16 wagons du train. Le travail est déjà effectué pour quatre wagons.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer