Yves Martin: l'opinion publique en plein coeur du débat

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Yves Martin saura jeudi matin s'il peut retrouver sa liberté.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Yves Martin saura jeudi matin s'il peut demeurer en liberté pendant les procédures judiciaires. Le juge Jacques Trudel rendra sa décision à 9h30, au Palais de justice de Chicoutimi, après une enquête sur le cautionnement qui aura duré deux jours.

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La famille d'Yves Martin était présente au Palais de justice de Chicoutimi, mercredi.

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L'opinion publique s'est retrouvée au coeur du débat entre l'avocat de la défense, Jean-Marc Fradette, et la représentante du ministère public, Me Marie-Josée Hamelin-Gagnon. Selon cette dernière, la confiance de la population envers le système judiciaire sera minée si Yves Martin est relâché. Le chauffard fait face à des accusations de conduite dangereuse, de conduite avec les facultés affaiblies et de négligence criminelle ayant causé la mort de Mathieu Perron, Vanessa Tremblay-Viger et leur fils Patrick, le 1er août dernier, dans le rang Saint-Paul.

«Le public rend des peines plus sévères. Il fait des lois plus sévères. On voit des gens qui travaillent au service à l'auto au McDonald's et font des dénonciations lorsqu'ils voient des clients qui semblent conduire avec les facultés affaiblies. Cette société-là est épuisée de ces crimes-là. Un public bien informé serait miné s'il était remis en liberté», a plaidé Me Hamelin-Gagnon, estimant que la détention préventive est nécessaire dans ce cas-ci.

Une argumentation qu'a rejetée l'avocat de Martin, Me Jean-Marc Fradette. Ce dernier a fait la différence entre l'opinion publique et la compréhension du public.

«Le juge ne peut être à la remorque de l'opinion publique. Ce n'est pas l'humeur du moment qui doit influencer la décision. D'abord l'opinion publique est difficile à mesurer, c'est difficilement palpable. Et là on ne parle pas de n'importe quel quidam. On parle d'un public bien informé, au sens de la loi. Ce n'est pas l'opinion du public qui est importante. Ce qui l'est, c'est de s'assurer que le monde a compris la décision», plaide-t-il, précisant qu'il n'a pas demandé d'ordonnance de non-publication pour justement permettre au public de comprendre les motifs du juge s'il décide de relâcher Martin.

Me Fradette a d'ailleurs pointé l'affaire Ghomeshi pour justifier sa position. Malgré un acquittement, la population a tout de même condamné l'ancien animateur télé.

«Avant le procès, il avait déjà été crucifié. Il avait même été congédié par son employeur. Il y a eu procès et il a été acquitté. Le juge a été clair. Il y a eu duperie, parjure de la part des présumées victimes. Et malgré ça, le public pense qu'il est encore coupable. Est-ce que c'est ce type d'opinion publique qui doit influencer le juge? J'espère que non», a exprimé Me Fradette, tenant à rappeler l'importance de la présomption d'innocence.

L'avocat de Martin a aussi évoqué les cas de Guy Turcotte et du juge Jacques Deslisle qui ont été remis en liberté pendant les procédures judiciaires.

Témoins

La défense a fait entendre deux nouveaux témoins pour garantir la sécurité du public si Yves Martin est relâché. L'un des cofondateurs de Recovery Science Corporation, Steven Than, a expliqué le fonctionnement du bracelet GPS conçu par son entreprise. En plus d'alerter les autorités si l'accusé ne respecte pas le couvre-feu, le bracelet est en mesure de déceler la consommation d'alcool. L'analyse pour confirmer la présence d'alcool peut toutefois prendre de 24 à 48 heures. Le bracelet, entièrement payé par l'accusé, coûte environ 500$ par mois. Un représentant de la maison Jean Lepage a également témoigné devant le juge Trudel. Il a assuré qu'Yves Martin est prêt pour une thérapie de 21 semaines offerte à Trois-Rivières.La Couronne estime que la caution de 100 000$, le port d'un bracelet GPS, le suivi d'une thérapie fermée de 21 semaines et une surveillance effectuée quotidiennement par sa soeur et ses parents sont insuffisants pour garantir la sécurité du public.

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