PFR pourrait investir 1G$ à Saint-Félicien

Richard Garneau, président et chef de la direction... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Richard Garneau, président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu.

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Le président et chef de la direction de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau, est disposé à évaluer un projet d'investissement majeur pour augmenter la production de l'usine de pâte kraft de Saint-Félicien. Un investissement frisant le milliard de dollars pourrait être réalisé si le gouvernement du Québec consent des approvisionnements forestiers à long terme pour rassurer les investisseurs.

Devant le Cercle de presse du Saguenay, mardi, Richard Garneau a confirmé que le marché mondial de la pâte kraft était en expansion et qu'il serait facile d'écouler le double de la production actuelle de l'usine de Saint-Félicien. Par contre, a-t-il enchaîné rapidement, ce n'est pas avec l'annonce faite par le gouvernement du Québec, mardi, sur la politique du caribou forestier (voir autre texte), qu'il sera possible d'avoir une idée précise de ce qui pend au bout du nez des compagnies forestières pour les approvisionnements en fibre au cours des 20 prochaines années.

«Pour doubler la production de Saint-Félicien, ça prend un investissement d'un milliard de dollars. Pour convaincre un conseil d'administration d'investir un tel montant sur une très longue période, il faut avoir des garanties d'au moins 20 ans. Quand nous avons construit l'usine de Saint-Félicien avec Donohue, le gouvernement a accordé des approvisionnements pour une période de 20 ans», a ajouté le patron de Résolu qui compare cette exigence de l'industrie aux contrats d'approvisionnement à long terme en électricité pour l'industrie de l'aluminium.

Impacts

Un tel projet aurait deux impacts majeurs dans la région. Il permettrait de combler la surcapacité de sciage des usines tout en redynamisant l'industrie de la récolte forestière qui périclite en même temps que les approvisionnements avec un volume additionnel de 1,3 million de mètres cubes. Selon le président de Résolu, le bois nécessaire à un tel projet existe.

«J'ai lu rapidement le communiqué du gouvernement et on est toujours dans la même situation. Nous n'avons toujours pas les trois critères de base pour des investissements qui sont la prévisibilité, la transparence et la durabilité.»

À titre d'exemple, Résolu n'est toujours pas en mesure de planifier plus loin que 2020 puisque Québec compte faire passer la protection des forêts de 9% à 17% du territoire. Personne, en ce moment, ne connaît l'impact d'une telle politique sur les approvisionnements. L'autre grande inconnue est la protection intégrale de 50% du Plan Nord, ce qui signifie la protection intégrale de tout le territoire forestier situé à 10 kilomètres au nord de Girardville ou passé le 49e parallèle.

Les mêmes questions sont soulevées par le gouvernement qui confirme vouloir agrandir l'aire protégée des Montagnes Blanches qui constitue, selon Richard Garneau, le secteur de coupe des 20 prochaines années. Le gouvernement fédéral n'a pourtant jamais identifié de harde de caribous dans cette zone.

Pratiques forestières

Le patron de Résolu était particulièrement en forme devant la presse régionale alors qu'un long reportage de l'équipe de l'émission Enquête de Radio-Canada a confirmé la presque totalité des positions de la papetière dans sa bataille contre Greenpeace sur toute la question des pratiques forestières. Richard Garneau maintient que l'entreprise qu'il dirige respecte scrupuleusement les lois et règlements qui encadrent la récolte forestière dans les provinces canadiennes où elle exploite des chantiers. Il n'est pas question pour la papetière de se plier à un organisme autre que le gouvernement pour moduler les pratiques forestières et c'est ce qui explique le refus de Richard Garneau d'entreprendre des discussions avec Greenpeace pour régler les litiges qui ont conduit à la suspension et la perte des certificats.

«Nous avons démontré que les deux éléments pour lesquels nous avons perdu les certificats au Lac-Saint-Jean sont de la responsabilité du gouvernement du Québec. Je ne commencerai pas à discuter de ce litige alors que je n'ai pas de responsabilité sur ces deux éléments.»

Richard Garneau trouve tout aussi déplacé que le président de FSC Canada déclare publiquement qu'il est pratiquement normal que l'organisme de certification ait des exigences supérieures à celles des gouvernements en matière de pratique forestière. Tout comme il n'a pas apprécié que le directeur général de FSC international profite de son passage au Québec pour demander à Résolu d'abandonner sa poursuite en dommages et intérêts contre Greenpeace en Ontario.

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