Boues rouges: un message clair à Londres

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Tel que demandé par Étienne Jacques, chef des opérations Métal Primaire en Amérique du Nord de Rio Tinto Aluminium (RTA), le conseil de Saguenay a envoyé un message clair à Londres, lundi midi. Il a adopté un avis de motion en vue de modifier le plan d'urbanisme visant l'ouverture d'un troisième site de résidus miniers sur une partie (1,1 km carré) du Boisé panoramique dans le cadre du prolongement de la vie utile de l'Usine Vaudreuil jusqu'en 2047.

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Le maire Jean Tremblay a précisé que le vote n'autorise pas la compagnie à aller de l'avant puisqu'il reviendra au ministère de l'Environnement de procéder à l'examen du projet sous le volet environnemental.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Réuni à l'ancien hôtel de ville de La Baie dans une salle bondée de citoyens, le conseil a adopté l'avis de motion sans grands débats. Cependant, à la période de questions qui a suivi, plusieurs contribuables se sont interrogés sur la pertinence d'aller de l'avant si rapidement alors que les études d'impact du projet, qui comprend la construction d'une usine d'assèchement des boues, ne sont pas encore réalisées.

Avant l'adoption, le maire Jean Tremblay a mentionné qu'il avait eu des discussions avec la haute direction à Londres qui lui ont permis de faire savoir que Saguenay tenait au maintien des opérations de Vaudreuil avec les emplois que l'usine procure pour l'économie régionale.

M. Tremblay admet qu'il fait preuve d'empressement dans ce dossier. La multinationale dispose d'un vaste carnet de projets d'investissement qu'elle peut réaliser partout dans le monde. «Tous les projets qu'ils ont sur la table sont rentables. Ils n'ont pas dit que c'est certain qu'ils allaient garder Vaudreuil ouverte. Ils ont demandé de faire dézoner le terrain dans la partie verte. Étienne Jacques me dit que Londres a besoin d'un signal clair. Ils sont un peu nerveux. Ce sont plusieurs milliers d'emplois», a déclaré le maire Tremblay.

En point de presse, M. Tremblay a précisé que le vote n'autorise pas la compagnie à aller de l'avant puisqu'il reviendra au ministère de l'Environnement de procéder à l'examen du projet sous le volet environnemental. Soumis au fait que ce sont 6000 résidants qui risquent d'être affectés par le futur site, selon les chiffres de RTA, M. Tremblay a remis en question l'impact possible. «Il ne faut pas exagérer. On devrait plutôt dire merci que RTA veuille investir 250 M$. C'est une chance qu'on a. Ça ne pollue pas tant que ça. On veut-tu travailler ou pas ou aller à la chasse et à la pêche? RTA dit ''on accepte de continuer''. On hésite et on critique. Un moment donné faut se réveiller.»

Interrogations 

La période de questions du public a été l'occasion pour plusieurs citoyens de remettre en question la démarche du conseil étant donné qu'il n'existe encore aucune étude d'impact environnemental et sur la santé publique concernant le bruit émis, la présence de poussières provenant des boues asséchées, le déplacement de camions, etc.

Le citoyen Michel Jean a mentionné que les citoyens siégeant au groupe de travail mixte, en plus de ne pas bénéficier d'études d'impact, n'ont pas les outils nécessaires pour analyser quelles pourraient être les alternatives comme le choix d'un autre site, le transport par train, par pipeline, etc.

Le maire a avoué à plusieurs reprises ne pas être un expert du domaine, mais que les citoyens auront tout le loisir de poser les questions qu'ils désirent lors du processus d'évaluation environnementale. Le citoyen Gilbert Talbot a repris le slogan du maire en demandant si c'était RTA d'abord ou le citoyen d'abord qu'il faut considérer. «Est-ce que c'est Londres ou la Ville qui décide? Sommes-nous une colonie de Londres?», a demandé M. Talbot.

Seul un citoyen du quartier Côte-Réserve et travailleur de l'Usine Vaudreuil s'est montré préoccupé par la tournure que pourrait prendre le débat.

«Faux débat»

Le chef du Parti vert, Alex Tyrell, qui se présente comme candidat à l'élection partielle dans Chicoutimi, considère comme un «faux débat» la «menace» de Rio Tinto Aluminium concernant la fermeture de l'Usine Vaudreuil si un deuxième site pour entreposer les résidus de bauxite n'est pas érigé. «Ailleurs, il y a beaucoup d'entreprises qui ont pris des mesures pour valoriser les déchets du processus de production d'aluminium, par exemple avec la fabrication de briques. Peut-être que la solution proposée est celle qui coûte le moins cher à Rio Tinto, mais ce n'est pas la seule. Nous n'avons pas à permettre à la compagnie de sacrifier une zone verte à proximité de la population», explique M. Tyrell dans un vidéo mis en ligne sur YouTube, où il s'est filmé près du lac de boues rouges à Arvida. (Dominique Gobeil)

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