Chercher à mieux enseigner

Les professeures Catherine Duquette, Christine Couture et Diane... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Les professeures Catherine Duquette, Christine Couture et Diane Gauthier sont spécialisées en didactique.

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PAGE UQAC / Dans leurs cours de didactique, les futurs enseignants étudient les processus d'enseignement et d'apprentissage pour chaque discipline, du français aux mathématiques en passant par les sciences et l'histoire. Une fois devant une classe, ils continuent de perfectionner leurs méthodes pour bien transmettre la matière à leurs élèves, et s'allient même parfois à des chercheurs. Voici l'exemple de trois professeures de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), qui collaborent avec des enseignants du primaire et du secondaire de la région pour répondre aux besoins du milieu.

Intéresser les jeunes à la science

Éveiller l'intérêt scientifique chez les jeunes, voilà une tâche plus compliquée qu'il n'y paraît pour les enseignants du primaire, qui doivent partager leur temps entre plusieurs matières chaque jour.

Comme sa collègue de département des sciences de l'éducation de l'UQAC, Christine Couture est spécialisée en didactique des sciences, mais chez les élèves du primaire.

«À cet âge, c'est facile d'intéresser les enfants, car ils sont naturellement curieux. Le principal défi est d'accorder une place suffisante à l'enseignement des sciences, car les professeurs ont beaucoup de matières à enseigner», affirme la chercheuse.

Mme Couture collabore avec des enseignants expérimentés de la région pour trouver des exemples d'activités «inspirantes, simples et efficaces». Celles-ci seront partagées au plus grand nombre possible par le biais d'un site internet.

Ainsi, un atelier de cuisine en classe peut être l'occasion d'initier les élèves aux transformations chimiques et physiques, et l'observation du boisé autour de l'école peut permettre d'en apprendre davantage sur le monde végétal.

«Nous avons mis au point une liste de critères pour analyser ces bonnes pratiques et les améliorer pour la diffusion. Nous avons des réflexions en groupe avec les enseignants et eux aussi en profitent, fait part Christine Couture. On construit à partir de qu'ils font déjà.» Cette approche collaborative est essentielle pour celle qui enseignait auparavant à l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue et qui a effectué un retour dans la région en 2004. «Ça fait une belle cohérence entre nos recherches, le milieu et ce qu'on montre à nos étudiants.»

La professeure travaille avec la chercheuse Liliane Dionne de l'Université d'Ottawa pour ce projet financé par le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. «On veut rejoindre toute la francophonie», précise Christine Couture, qui trouve important de comparer les travaux avec ce qui fait en Europe et dans les autres provinces, notamment.

Diane Gauthier ne chôme pas

La professeure de l'UQAC Diane Gauthier, spécialisée en didactique des sciences et technologies au secondaire, ne manque pas de projets de recherche. Enrichissement du vocabulaire scientifique, conception d'activités muséales et promotion des saines habitudes de vie sont le sujet de ses travaux actuels, qui se mélangent à d'autres disciplines.

La chercheuse a obtenu une subvention de 100 000$ du Club optimiste pour le développement d'une plateforme contrôlée, à la Commission scolaire des Rives-du-Saguenay, où parents, élèves et enseignants pourront échanger principalement sur l'alimentation saine et l'activité physique.

«Le projet intègre à la fois les enseignants en sciences et en éducation physique pour voir comment chacun peut intégrer des activités dans ses cours pour sensibiliser les élèves», mentionne Mme Gauthier.

En troisième secondaire, le programme comprend déjà des notions sur les types d'aliments, par exemple. «On veut amener une approche différente du manuel. On pense qu'il peut y avoir des retombées sur l'engagement des jeunes, autant pour leur réussite scolaire que pour adopter de bonnes habitudes. On implique les parents, car les études montrent que le mode de vie part de la maison», souligne la professeure.

Le seul hic est de trouver du financement supplémentaire, auprès d'organismes qui encouragent autant les projets dans le domaine de la santé que l'éducation.

Diane Gauthier collabore également avec le Musée du Fjord, à La Baie, pour développer des activités destinées aux élèves du secondaire, une clientèle moins présente. Un parcours sur le rôle des berges des cours d'eau, où le jeune sera appelé à participer à des débats et à des jeux de rôle, a été pensé. Une façon informelle d'acquérir des connaissances sur l'écologie et le développement durable, indique la chercheuse.

Avec une collègue du département des arts et lettres, Mme Gauthier s'intéresse aussi aux pratiques d'écriture des étudiants pour susciter un intérêt scientifique et enrichir leur vocabulaire. Deux écoles de la région ont été ciblées pour participer, l'an prochain, au projet qui demandera la collaboration des enseignants de français et de sciences.

Aussi spécialisée en didactique des mathématiques, Diane Gauthier a déjà aidé les enseignants de l'école Jean-Gauthier, à Alma, à monter des capsules vidéo où ils expliquent, par exemple, des notions d'algèbre ou de géométrie. Les élèves peuvent les consulter en ligne.

Revoir le programme d'histoire

Spécialisée en didactique de l'histoire, la professeure Catherine Duquette aidera les enseignants de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, au Lac-Saint-Jean, à mettre en place l'automne prochain le nouveau programme d'histoire du Québec et du Canada pour les élèves de troisième et quatrième secondaire.

Au lieu d'étudier l'histoire de la société québécoise en ordre chronologique la première année, puis les mêmes évènements selon quatre grandes thématiques la seconde année, les jeunes verront la trame historique étalée sur deux ans. «C'est une réforme qui était demandée par les enseignants, mais cela demande des ajustements pour eux, car certains doivent montrer de la nouvelle matière», soutient Mme Duquette.

Même si la chercheuse participe au comité de validation du ministère de l'Éducation, elle mène ce projet de recherche à la demande de la commission scolaire. Cinq rencontres auront lieu durant l'année avec les enseignants pour analyser les travaux des élèves, cibler des problématiques lors de l'apprentissage en classe et construire des stratégies adaptées. «On veut voir si le programme répond bien aux demandes et si, ultimement, le taux de réussite à l'épreuve unique du ministère augmentera», poursuit Catherine Duquette.

Ce succès est directement lié à la compréhension de l'histoire par les élèves. La professeure a déjà étudié le développement de la conscience historique, «la capacité d'interpréter le passé pour mieux comprendre le présent et envisager son futur», chez les jeunes Québécois pour sa thèse de doctorat. Pour un autre projet de recherche, elle applique présentement le même processus chez les étudiants francophones du Nouveau-Brunswick.

«Il y a la conscience critique et non critique, explique la passionnée d'histoire. C'est la première qu'on vise à développer. Si on demande aux étudiants de nommer un évènement marquant de l'histoire du Québec, tous sont capables de répondre au moins un moment clé, la bataille des Plaines d'Abraham par exemple. Mais si on leur demande pourquoi c'est important, ils ne savent pas. C'est le deuxième cas. Ceux qui ont une conscience critique pourront faire des liens et expliquer son importance pour la société actuelle. C'est un peu un test diagnostic pour voir ce que l'élève a retenu et évaluer comment on peut corriger le tir.»

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