Atterrissage d'urgence: Chantale-Édith a craint le pire

Chantale-Édith Renald était à bord de l'avion qui... (Photo courtoisie)

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Chantale-Édith Renald était à bord de l'avion qui se rendait aux Îles-de-la-Madeleine et qui a dû atterrir d'urgence en Gaspésie avec un seul moteur en marche.

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Chantale-Édith Renald a vécu les minutes les plus angoissantes de sa vie, mercredi soir. La Chicoutimienne était à bord de l'avion qui se rendait aux Îles-de-la-Madeleine et qui a dû atterrir d'urgence en Gaspésie avec un seul moteur en marche. De longs, trop longs moments où elle s'est demandé si elle n'avait pas vu sa famille pour la dernière fois.

«Est-ce que j'ai embrassé mon chum pour la dernière fois? Est-ce que j'ai vu ma fille pour la dernière fois? Tout ce que tu peux faire, c'est angoisser et te demander si tu n'es pas en train de vivre les dernières minutes de ta vie, carrément», a partagé la sympathique dame, jointe par téléphone aux Îles-de-la-Madeleine, endroit où elle se rend une fois toutes les 10 semaines pour exercer son métier d'orthodontiste en compagnie de quelques collègues.

Triste ironie

La mésaventure qu'ont vécue les 12 passagers de l'avion est survenue à un bien étrange moment. Mardi, sept personnes, dont le chroniqueur politique Jean Lapierre ainsi que sa conjointe originaire de Saguenay, Nicole Beaulieu, qui se rendaient aux Îles-de-la-Madeleine, ont perdu la vie après que leur avion se soit écrasé à quatre kilomètres de la piste d'atterrissage. Cette tragédie a évidemment créé une inquiétude supplémentaire dans l'esprit de Chantale-Édith Renald.

«Les pompiers et ambulanciers étaient prêts à nous accueillir à l'atterrissage, mais on ne savait pas en combien de morceaux, a-t-elle témoigné. C'était le moment le plus stressant, d'autant plus avec tout ce qui était arrivé la veille. On avait tous une petite appréhension au départ, mais tout le monde nous disait qu'on n'avait pas à avoir peur, que les statistiques jouaient en notre faveur. Dans l'avion, tu te dis peut-être que tu vas faire partie des statistiques.»

Si elle est parvenue à faire descendre la pression, Mme Renald n'a pas caché qu'elle venait de côtoyer la mort d'un peu trop près à son goût.

«Quand tu vois la mort d'aussi près, ça fesse, a-t-elle convenu, elle qui a repris un vol en direction des Îles-de-la-Madeleine jeudi matin. Encore aujourd'hui, ç'a pris un certain temps avant de nous dire qu'on pouvait mettre cet événement derrière nous. Honnêtement, c'est le genre de chose que je ne veux plus jamais revivre de ma vie. Jamais.»

L'appréhension a débuté avant le vol, lorsqu'un des deux moteurs a mis du mal à démarrer. Après un énième essai qui s'est avéré fructueux, l'avion a pu décoller. Les choses se sont corsées 10 minutes avant d'atterrir à Bonaventure, en Gaspésie, lorsque ledit moteur a cessé de fonctionner. Le stress s'est alors emparé de l'habitacle.

«On regarde dehors et on se rend compte qu'il y a une hélice qui ne tourne plus, a récité Chantale-Édith Renald. Une minute plus tard, le copilote vient nous voir pour nous dire qu'il y a un petit problème mécanique, qu'on volait sur un moteur seulement, mais qu'on arrivait bientôt. À ce moment, il y a eu un silence. Tranquillement, on avançait vers la piste d'atterrissage et pendant de longues minutes, on faisait le tour de la piste. Le copilote nous a informés qu'on devait tourner en rond jusqu'à l'arrivée des services d'urgence. Après 40 minutes, on a finalement amorcé la descente. Heureusement, c'était une soirée calme parce que si ça avait été le moindrement plus venteux, je ne suis pas sûre que je serais en vie pour t'en parler. L'avion a fait quelques soubresauts pendant que tout le monde faisait ses prières.»

Sans remettre en doute les compétences de l'équipe de pilotage, Mme Renald estime que la décision de prendre le même avion au moteur récalcitrant est discutable.

«Je crois qu'il y a peut-être eu une mauvaise décision de la part du commandant, a-t-elle fait valoir. On aurait dû changer d'avion au départ. Je ne critiquerai pas le travail du pilote parce que tout le monde est en vie, mais on ne serait peut-être pas rendus à ce point si la décision initiale avait été différente.»

Chantale-Édith Renald retiendra une leçon de son intense mésaventure.

«Je pense que je vais savourer la vie avec de plus grosses bouchées à partir de maintenant», a-t-elle conclu.

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