Pression accrue sur les fournisseurs de RTA

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La porte-parole de Rio Tinto, Xûan-Lan Vu

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Rio Tinto Aluminium (RTA) ouvre un autre front pour réaliser des économies. La multinationale impose une nouvelle politique à ses fournisseurs. Ces derniers devront faire preuve de plus de patience pour se faire payer les biens et services livrés à l'entreprise avec des possibilités de prolongement de 15 à 45 jours de plus que les délais déjà en vigueur.

Ce sont donc les fournisseurs de l'entreprise qui devront se tourner dans certains cas vers leur institution financière pour négocier de nouvelles marges de crédit afin d'être en mesure de supporter cette politique de paiement qui permettra à la multinationale de diminuer la pression sur les liquidités.

La porte-parole de RTA dans la région, Xuân-Lan Vu, a dit comprendre que cette nouvelle politique allait avoir un impact sur les fournisseurs puisque, dans tous les cas, ils verront la période allongée entre la livraison du service ou d'un produit et son paiement. Il est difficile d'établir une norme qui s'appliquera à tous les fournisseurs.

«Les évaluations seront faites en fonction du volume d'affaire entre un fournisseur et l'entreprise et selon le délai qui est en ce moment en vigueur. Ce délai, en tenant compte des différents éléments, pourra être prolongé de 15 à 45 jours. Une entreprise qui a en ce moment un délai de 60 jours pourrait avoir une période additionnelle de 15 ou 20 jours jusqu'à un maximum de 45 jours de plus», précise la porte-parole.

Ce n'est pas la première fois que RTA impose des modalités de fonctionnement à ses fournisseurs. Depuis l'acquisition d'Alcan, la société n'hésite pas à négocier à la baisse les prix. La nouvelle politique aura un impact additionnel pour des firmes de génie qui avaient déposé des soumissions pour des projets en tenant compte du délai de paiement. En imposant cette nouvelle politique, la multinationale modifie les règles du jeu et les entreprises qui composent avec ces situations devront assumer les coûts et supporter dans certains cas des sommes non négligeables.

La porte-parole a rappelé sensiblement les mêmes commentaires que son patron Étienne Jacques qui tente depuis quelques semaines de conclure un nouveau partenariat avec la région. Le communiqué «En direct» rappelait jeudi que l'industrie de l'aluminium traverse une période critique et se trouve en situation de reconfiguration dans le monde. Les prix sont 25% plus bas que l'an dernier. Le tiers des alumineries de la planète produisent à perte pendant que celles de la région tournent à plein régime. Les annonces de RTA, selon la porte-parole, visent uniquement à améliorer «la robustesse» des coûts de production.

Les annonces des dernières semaines ont également eu un impact important sur le personnel-cadre des usines. Le Quotidien s'est entretenu avec des cadres de la société qui craignent pour leur emploi. Des chiffres circulent et font état de l'abolition de 25% des postes de cadres dans les usines régionales à très court terme.

«Comme nous l'avons déjà mentionné, nous ne donnerons pas de chiffres concernant les mouvements de personnel. Nous sommes conscients que ça crée de l'insécurité et nous allons nous occuper de notre personnel», a répété la porte-parole.

«Lors des deux dernières vagues de mises à pied chez les cadres, on disait toujours que lorsque son travail était directement rattaché aux cuves et à la production de métal, notre emploi était assez solide. Aujourd'hui, ce n'est plus vrai. Personne n'est à l'abri. Aujourd'hui, la grande hantise des cadres est de se faire intercepter à l'arrivée au travail et de se faire accompagner par un agent de sécurité à son bureau, signe que c'est la dernière journée pour RTA», a raconté au Quotidien un employé-cadre affecté à la production d'aluminium.

Selon les informations déjà publiées par Le Quotidien, RTA déployait un programme de suppression de 200 postes pour le Québec avec une importante proportion au siège social de Montréal. On parlait alors de 40 postes supprimés dans la région. Tout indique qu'au rythme où vont les choses, ce nombre sera supérieur pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, mais il est impossible d'obtenir des confirmations.

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