Moratoire demandé pour le marché du logement locatif

Linda et André Girard de même que Noela... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Linda et André Girard de même que Noela Roy tirent la sonnette d'alarme afin de freiner la construction de logements sociaux subventionnés.

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Inquiets par la détérioration du marché du logement locatif, des propriétaires d'immeubles de Saguenay demandent que soit imposé un moratoire sur la construction d'immeubles locatifs subventionnés comme des habitations à loyers modiques et coopératives d'habitation.

Ils proposent plutôt que les citoyens aient accès plus facilement à des logements privés, tout en ayant la possibilité de recevoir de l'aide financière de l'Office municipal d'habitation de Saguenay, comme c'est le cas pour environ 800 logements sur le territoire de Saguenay.

Noela Roy et les frère et soeur Linda et André Girard, sont propriétaires, individuellement d'une centaine de logements sur le territoire de Saguenay. D'entrée de jeu, ils soutiennent ne pas être en guerre contre le soutien au logement social, mais ils souhaiteraient qu'un virage soit entrepris afin que cesse la construction de ce type de logements largement subventionnés comme le réclame Sonia Côté, coordonnatrice de Loge m'entraide. 

«Pour son projet d'habitation La Persévérance, elle souhaite que le gouvernement investisse 3,9 M$ pour construire 24 unités, ce qui revient à 162 500$ la porte. Si on finance 3,9 M$ sur 25 ans au taux d'intérêt actuel, ça coûte 21 450$ par mois, soit 893$ par logement. Je viens de terminer la construction d'un six logements pour 420 000$, ce qui revient à 70 000$ l'unité», affirme André Girard.

Il poursuit en déclarant qu'en plus de coûter très cher, les promoteurs de logements sociaux exigent que les terrains soient fournis gracieusement par la Ville en plus de bénéficier d'une exemption de taxes à long terme.

Or, les propriétaires d'immeubles privés soutiennent que le contexte immobilier de Saguenay est fort différent de celui de Québec et de Montréal puisque le taux d'inoccupation est passé de 1,4% en 1992 à 7,1% en 2016, ce qui fait en sorte que 400 logements sont actuellement vides, explique Linda Girard. 

En décembre dernier, M. Girard soutient avoir eu à supporter sept logements sur la quarantaine qui lui appartiennent tandis que sa soeur a été aux prises avec six logements vides sur 51, des situations qu'ils n'ont jamais vécues en une dizaine d'années. Dans la dernière édition de son journal, la Corporation des propriétaires immobiliers du Québec (CORPIQ) révèle qu'il faut remonter à 15 ans avant de trouver un taux d'inoccupation aussi élevé à l'échelle de la province. 

Il en résulte que de plus en plus de propriétaires n'ont d'autres choix que d'abaisser les prix des logements pour faire face à la pression du marché marqué par le développement des condominiums. La valeur du parc immobilier a une tendance à la baisse. Les banques financent de plus en plus difficilement les projets, selon M. Girard. 

Selon lui, il y a présentement une rupture parce que la pauvreté progresse dans la région. Le travail se fait rare et les jeunes fuient la région. S'ajoute par-dessus le marché la construction d'immenses résidences pour personnes âgées qui laissent de plus en plus de maisons vides.

Compte tenu de l'ensemble de la situation, les trois propriétaires estiment qu'il devient illogique de réclamer la construction de logements sociaux subventionnés.

Gestion des HLM

Une autre solution serait d'améliorer la gestion des HLM existants. «Une autre réalité qui existe, c'est qu'une dame vivant seule avec ses quatre enfants dans un cinq et demi de l'OMH ne peut être déplacée lorsque ses enfants ont grandi et ont quitté le foyer», prétend Mme Roy. 

Les trois propriétaires concluent qu'il sera de plus en plus difficile de soutenir la cause du logement social dans un contexte où les comptes de taxes des propriétaires privés grimpent d'année en année. Ils soutiennent que le nouveau rôle d'évaluation applicable en 2016 avec des données remontant à juillet 2014 est déjà largement dépassé en raison du marché immobilier à la baisse.

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