Critiques envers Rio Tinto: un syndicat se sent enfin appuyé

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Le président du Local 9490 du syndicat des Métallos à Alma, Alexandre Fréchette.

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Les dirigeants du Local 9490 du syndicat des Métallos de l'aluminerie d'Alma saluent le réveil régional. Ils considèrent sortir aujourd'hui de l'isolement alors que l'ex-président de la Chambre de commerce de Saguenay, Éric Dufour, adopte une attitude critique à l'endroit de Rio Tinto Aluminium qui demande aux ingénieurs de passer par Adecco pour avoir un emploi dans le futur.

«Depuis le lock-out, notre syndicat a toujours été isolé alors que l'on réclamait simplement que notre employeur favorise la création de richesse ici au lieu de toujours chercher à diminuer la qualité des emplois. Ça veut dire que les jeunes qui ont du potentiel et qui voulaient faire carrière dans le génie doivent maintenant quitter la région pour espérer un avenir. Ce n'est pas chez Adecco qu'ils vont en avoir un, mais c'est ce que Rio Tinto Aluminium a à leur proposer», a déclaré au Quotidien le président Alexandre Fréchette, visiblement satisfait de se retrouver du même côté de la barricade qu'Éric Dufour et le député Serge Simard.

Le président du syndicat est loin de croire que la région va répondre positivement à l'appel au «partenariat» lancé par le chef de l'exploitation Métal primaire Étienne Jacques. «Je crois que nous avons atteint une situation de non-retour et que les gens le comprennent bien. La population doit saisir les occasions qui se présentent comme les audiences sur la stabilisation des berges du lac Saint-Jean pour obtenir un plancher d'emploi dans les installations pour profiter des retombées de l'exploitation de nos ressources naturelles.»

Le président du Local 9490 attire l'attention sur les résultats financiers de la multinationale et surtout sur la situation de la division aluminium. Alexandre Fréchette mentionne que cette division est loin de la disette comme le prétendent les dirigeants de l'entreprise avec des profits de 1 G$ l'an dernier. Il admet que Rio Tinto Aluminium a absorbé le choc des commodités, mais refuse que l'on demande encore une fois à la région de faire les frais de la contre-performance dans les métaux.

«Nous ne sommes jamais dans la bonne position. Quand ça va bien dans les métaux et mal dans l'aluminium, on se fait imposer des mesures. Quand ça va mal dans les métaux et bien dans l'aluminium, on doit encore payer.»

Le syndicat des Métallos note au passage que le régime d'austérité imposé par les patrons de la division Aluminium depuis la prise de contrôle par Rio Tinto Aluminium touche aussi tout le réseau de sous-traitance de l'entreprise dans la région. Alexandre Fréchette indique que l'entreprise ne se gêne pas pour imposer des baisses de tarifs aux entreprises qui vendent des produits et services aux différentes usines de la région. La «crise» a le dos large pour les dirigeants syndicaux qui commencent à penser qu'il serait temps que l'entreprise cesse de «réclamer» à la région et se mette en position de «donner» un peu plus.

«Ils ont bien retenu la leçon qu'il faut toujours profiter d'une crise même quand elle n'existe pas. On peut déjà avancer que lorsqu'ils vont annoncer un investissement pour Alma ou Jonquière, ils vont encore s'organiser pour obtenir d'autres avantages du gouvernement du Québec. Bientôt, on va les payer pour qu'ils exploitent nos ressources naturelles. La situation en est vraiment une de non-retour.»

Dans tout ce concert de critiques contre la multinationale, Alexandre Fréchette aurait souhaité une position beaucoup plus ferme de la part du premier ministre et ministre responsable de la région Philippe Couillard. Il a déploré le fait que le premier ministre soit moins mordant que le député de Dubuc Serge Simard qui a sévèrement critiqué les stratégies de gestion de Rio Tinto dans la région.

Alexandre Fréchette a conclu en rappelant que les investissements annuels de Rio Tinto Aluminium de l'ordre de 200 à 300 M$ par année ne servent qu'à maintenir la capacité de fonctionnement des usines. Il est convaincu que les annonces des derniers jours seront suivies par une seconde phase de réorganisation.

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