Greenpeace/Résolu: une impasse à dénouer

Coauteur du rapport d'étude sur l'impact social et... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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Coauteur du rapport d'étude sur l'impact social et économique de la certification FSC au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Gilles Bergeron estime que le gouvernement et les acteurs économiques de la région doivent s'impliquer pour contribuer à dénouer les problèmes qui mine l'industrie forestière, dont le conflit entre les multinationales Résolu et Greenpeace.

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«La région n'a rien à gagner dans ce conflit entre deux grandes multinationales. Il faut trouver un moyen qu'il y ait du bois disponible pour les entreprises, mais aussi qu'il soit accepté sur les marchés si on veut être capable de continuer à se développer.»

Tel est l'un des commentaires émis par Gilles Bergeron, coauteur du rapport d'étude sur l'impact social et économique de la certification FSC au Saguenay-Lac-Saint-Jean, après le visionnement de l'émission Enquête diffusée à Radio-Canada, jeudi soir, consacrée au conflit qui oppose Résolu à Greenpeace. Aux yeux du professeur en sciences économiques à l'Université du Québec à Chicoutimi, le reportage Une bataille de titans au pays des caribous trace un bon portrait des enjeux qui touchent le domaine de la foresterie, notamment le conflit entre Résolu, la plus grosse compagnie forestière canadienne à l'est des Rocheuses, et le géant écologiste Greenpeace.

«Ils se sont assurés de vérifier, à l'épreuve des faits, des affirmations de chaque partie. Ce qui m'a beaucoup surpris, c'est qu'il y a plusieurs des affirmations de Greenpeace dont les fondements étaient plus ou moins fragiles. Les vérifications faites m'apparaissent très, très pertinentes et c'est un éclairage important. Le reportage met aussi l'accent sur la question du caribou forestier et la protection des forêts intactes. Dans ces derniers cas, il faudra trouver une solution si on veut que les parties puissent s'entendre sur une vision de développement pour la région. Dans le dossier du caribou forestier, je pense que ce n'est pas aux entreprises, mais au gouvernement, d'établir la politique en cette matière, estime M. Bergeron qui aurait aimé que le reportage fasse plus de place au ministre de la Forêt. C'est au gouvernement de définir la politique dans ces domaines-là. Il doit tenir compte des impacts sur les emplois, mais également de s'assurer que la politique soit acceptable sur le plan écologique. Ce n'est pas facile, mais ce sont les enjeux auxquels nous sommes confrontés.»

Pas irréconciliables

Concernant le dialogue de sourds qui oppose Greenpeace et Résolu, M. Bergeron a bon espoir qu'il y ait moyen d'atténuer les différends entre ces deux belligérants, même si ça peut prendre un peu de temps. «Il n'y a pas de conflit qui ne trouve pas une solution, alors il faudra trouver une façon de réconcilier ces deux parties parce que ce sont deux acteurs importants dans le développement économique du Québec et ils sont là pour rester.

«Plus le conflit se prolonge, plus graves seront les problèmes. Ce conflit est l'un des enjeux, mais il n'est pas le seul: il faut moderniser les entreprises, s'assurer de développer de nouveaux produits, mettre en place d'autres stratégies de développement si on veut que l'industrie perdure.»

Ce qui est clair, c'est que ce conflit nuit aux intérêts de la région, surtout s'il persiste. D'où l'importance que le gouvernement et des acteurs économiques de la région s'impliquent et travaillent à y mettre fin. «C'est clair que les campagnes de dénigrement de Greenpeace ne peuvent continuer parce qu'elles feront en sorte que le bois de la forêt boréale trouvera plus difficilement preneur sur les marchés. Et même si on a du bois socialement acceptable, ce ne sera pas une solution non plus si on n'en a plus à couper», met-il en relief.

Démarche de concertation demandée

(Dominique Gobeil) - La Fédération de l'industrie manufacturière (FIM-CSN) exhorte Résolu et Greenpeace à mettre fin à leur «dialogue de sourds qui menace les travailleurs» et réinvite le gouvernement du Québec à prendre les devants pour organiser une rencontre entre les différents acteurs.

L'organisation syndicale a demandé par voie de communiqué vendredi une démarche de concertation entre la multinationale, le gouvernement provincial et les communautés autochtones pour permettre à l'entreprise de retrouver sa certification FSC.

«Seule une intervention du ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs pourrait mener à une entente entre les parties», croit le président de la FIM-CSN Alain Lampron.

La fédération semble excédée par l'attitude de Résolu et de l'organisme de protection environnementale, disant de la première qu'elle refuse de prendre ses responsabilités et de l'autre qu'il ignore l'impact de ses actions sur les travailleurs, les «premières victimes de cette crise stérile». Après tous les «amalgames», les «informations biaisées» et les «accusations» véhiculés depuis plus d'un an, la FIM-CSN considère que le «débat ne mène plus nulle part» et qu'il faudrait plutôt mettre l'énergie sur la recherche de solutions.

Elle suggère à Résolu de «mettre de côté son intransigeance» et de profiter de l'annonce d'investissements du gouvernement québécois, pour le soutien à l'innovation dans l'industrie forestière, pour moderniser ses usines et consolider les emplois.

L'organisation syndicale, qui rassemble plus de 30 000 travailleurs, rappelle la mise en garde du rapport Bergeron publié récemment. Celui-ci confirme que «la perte définitive de la norme FSC mettrait en péril les activités des usines de pâtes et papiers, déjà fragilisées par la décroissance du marché des papiers journal et d'impression».

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