Trois scénarios retenus par Rio Tinto

Les berges du lac Saint-Jean.... (Archives Le Quotidien)

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Les berges du lac Saint-Jean.

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Les responsables du Programme de stabilisation des berges du lac Saint-Jean chez Rio Tinto (RT) se disent à l'aise de travailler avec n'importe lequel des trois scénarios de gestion retenus en prévision du prochain décret gouvernemental.

Jean Pedneault, directeur du programme chez RT, et Caroline Jolette, chargée de projet, ont présenté à la presse régionale le résultat du travail effectué depuis 2014 afin de les amener à obtenir une prolongation du décret gouvernemental sur la gestion du programme de stabilisation des berges pour la période de 2017 à 2026.

Le dossier de stabilisation des berges, du contrôle de l'érosion et d'amélioration suscite les passions chez les usagers de cette mer intérieure. En fait, l'enjeu du prolongement du décret est de trouver un compromis entre les désirs des riverains, des municipalités et des besoins de RT.

Après avoir mené des consultations auprès des usagers du plan d'eau, des villes et des MRC du Lac-Saint-Jean, les dirigeants du programme ont retenu, à des fins d'analyses, six des 24 scénarios qui leur ont été soumis. À la suite d'une vérification et d'une pondération, ils ont éliminé les trois moins intéressants pour se concentrer sur les trois plus avantageux aux plans économique, environnemental, social et technique.

Les scénarios prévoient des variations des niveaux maximums de 15,5 à 17,5 pieds (selon la mesure établie à Roberval). Cette mesure a été mise en place il y a de nombreuses années. Une règle indiquait le nombre de pieds de profondeur à un endroit précis. Il avait été décrété que le niveau maximum ne devait pas excéder une marque en particulier. Si, aujourd'hui, la règle et le quai ont disparu, les responsables ont fait une nouvelle marque sur une pierre afin de déterminer le niveau maximum d'eau qu'il doit y avoir avant d'évacuer le surplus.

Trois scénarios

Un premier scénario prévoit un niveau maximum de 17,5 pieds au printemps (pendant 10 jours) pour gorger d'eau les milieux humides. Il y aurait ensuite un retour graduel à 16 pieds pour le 24 juin. Il favorise les volets environnemental et économique.

Le second scénario favorise les volets social et technique avec un niveau de 16,5 pieds au printemps, de 16 pieds à l'été et de 15,5 pieds pour la balance de l'année.

Le dernier scénario retenu se veut en fait le mode gestion actuel, celui en fonction depuis 1991. Il prévoit un niveau maximal de 16,5 pieds au printemps, de 16 pieds à l'été et d'un retour à 16,5 pieds en septembre. Il favorise les volets technique, économique et environnemental.

«Ceci étant dit, nous sommes prêts à fonctionner avec l'un ou l'autre des scénarios retenus. D'un point de vue technique et économique, les trois scénarios peuvent être rendus comparable, mais ce n'est pas le cas pour les volets social et environnemental», explique M. Pedneault.

«Nous estimons qu'il ne nous appartient pas de déterminer si un volet du développement durable est plus important que les autres. Il s'agit d'un choix de société et nous pensons que les consultations publiques à venir seront la tribune pour que le milieu puisse s'exprimer sur ces enjeux», a conclu Jean Pedneault.

Jean Pedneault, directeur du Programme de stabilisation des... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens) - image 2.0

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Jean Pedneault, directeur du Programme de stabilisation des berges chez RTA et Caroline Jolette, chargée de projet, ont dévoilé une partie de l'analyse effectuée depuis 2014 pour le prolongement du décret gouvernemental de stabilisation des berges du lac Saint-Jean.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

De 45 à 50 km de plage

(Stéphane Bégin) - Tout en travaillant à contrer l'érosion des berges du lac Saint-Jean, les dirigeants de Rio Tinto (RT) envisagent de faire passer le nombre de kilomètres de plage de 45 à 50 dans son nouveau programme stabilisation des berges.

Depuis 1986, année du premier décret de 10 ans, RT a investi plus ou moins 100 millions de dollars pour contrer l'érosion des berges. Ces travaux ont permis d'accroître la largeur moyenne des plages de 9,4 mètres, qui est passée de 14 à 22,5 mètres au cours des 30 dernières années.

«Nous avons réussi à stabiliser les berges au fil des 25 dernières années. De 1920 à 1964, on notait un recul de deux mètres par année des terrains. De 1964 à 1981, ce recul a été d'environ un mètre par année et depuis 1990, il n'y a plus de recul. Nous avons réussi à stabiliser la situation. En continuant à utiliser les techniques de stabilisation, nous pourrions bonifier le nombre de kilomètres de plage. Il pourrait y avoir cinq kilomètres de plus, passant de 45 à 50 km de plage autour du lac Saint-Jean», mentionne Jean Pedneault, directeur du Programme de stabilisation des berges chez RTA.

Afin de parvenir à la stabilisation des berges et de ralentir le recul des terrains, RT a procédé à l'installation de brise-lames, d'épis, d'empierrement, de perré, de rechargement de plage et de nivellement. Avec le nouveau décret, la multinationale de l'aluminium prévoit aussi l'intégration des îlots de pierres déversées, des bancs d'emprunt riverain (utilisation du sable dans les secteurs d'accumulation) et de bancs d'emprunt subaquatiques (forme de dragage).

«En fait, le scénario qui sera retenu dans le décret devra être appliqué. En obtenant un décret, ça nous permet de prévoir les travaux et de les réaliser en l'espace d'une année. Sans décret, il faudra obtenir les permissions pour réaliser les travaux et cela peut prendre jusqu'à quatre ans au lieu d'une seule année», ajoute M. Pedneault.

Si RT a dévoilé une partie de son programme de stabilisation des berges, elle sait très bien que le processus de consultation n'est pas encore terminé et qu'aucune recommandation n'a encore été faite au conseil des ministres en prévision du prolongement du décret.

L'étude d'impact a été déposée en octobre au ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MDDELCC). Le gouvernement a posé, le 6 mars, 113 questions à RT en lien avec cette étude.

«Nous pouvons répondre à un grand nombre de ces questions rapidement, mais d'autres pourraient nous prendre des mois. Nous cherchons une solution avec le ministère pour faire en sorte de répondre dans les délais pour que le décret entre en vigueur en 2017», a conclu M. Pedneault.

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