Premiers résultats encourageants

Les professeures Anastasie Amboulé-Abath et Catherine Larouche sont... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Les professeures Anastasie Amboulé-Abath et Catherine Larouche sont spécialisées en administration de l'éducation.

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En 2012, l'École secondaire des Grandes-Marées de La Baie a fait le pari de réorganiser l'horaire de ses élèves. Deux professeures de l'Université du Québec à Chicoutimi, Catherine Larouche et Anastasie Amboulé-Abath, évaluent maintenant les effets sur leur réussite scolaire. Et les premiers résultats semblent encourageants.

Quelques matins par semaine, plus tôt que l'heure habituelle afin de ne pas manquer leurs cours réguliers, les étudiants inscrits au programme Passion-Perfectionnement-Études (PPE) pratiquent le hockey sans contact, le volley-ball, les arts de la scène, le cheerleading-gymnastique ou le cirque. Les autres jours, ils rejoignent leurs camarades pour une période de Travail-Personnel-Études (TPE) consacrée aux devoirs, à la lecture, aux travaux ou à des rencontres avec l'enseignant.

Un an plus tard, les chercheuses ont été sollicitées pour évaluer le projet-pilote. «Selon la perception des élèves, leurs capacités de lecture, de concentration et d'organisation se sont améliorées. Leur sentiment d'appartenance est plus fort, énumère Mme Larouche. Il y a eu un effet négatif: le personnel a un peu moins de temps chaque jour pour enseigner la matière. L'impact le plus important, par contre, se trouve chez ceux qui ne faisaient jamais de devoirs. Maintenant, ils en font.»

Un étudiant a même confié avoir terminé un livre pour la première fois. Mme Amboulé-Abath souligne la particularité du programme, qui ne sélectionne pas les jeunes à leur inscription.

«C'est comme un sport-arts-études démocratique. Ça permet d'éviter la division entre les plus forts et les plus faibles. Dans d'autres écoles, les élèves qui restent dans les classes régulières ont l'impression de ne pas avoir d'aptitudes. Quand tout le monde est mélangé, ceux qui ont de la difficulté peuvent avoir le soutien de leurs camarades et mieux comprendre.»

Une deuxième enquête a été menée dernièrement auprès de 630 élèves, 220 parents et 35 membres du personnel enseignant, avec le financement du Consortium régional en recherche et éducation. Pour chaque étape de la recherche collaborative, le comité-école était consulté. D'autres établissements ont même montré de l'intérêt.

«On a observé en 2013 que les effets positifs étaient plus présents chez les élèves de première et deuxième secondaire. On fait le suivi pour voir s'ils ont perduré et s'ils sont aussi forts chez les nouveaux. On intègre aussi les thèmes de la communication avec les parents et la période de devoirs à la maison. Est-ce que le TPE l'a remplacée? Est-ce que les parents s'engagent autant?», s'interroge Mme Larouche.

ADMINISTRATION DE L'ÉDUCATION

Spécialisées en administration scolaire, Catherine Larouche et Anastasie Amboulé-Abath ne mènent pas des recherches spécifiquement sur l'apprentissage ou l'enseignement, comme on l'imaginerait pour des professeures du département des sciences de l'éducation. Le projet de l'école baieriveraine montre bien l'importance pour la réussite éducative de cette «science carrefour», comme l'explique la seconde chercheuse.

«Nous pouvons analyser autant les politiques du ministère que les mesures des commissions scolaires ou le milieu local, l'école. Les méthodes de gestion peuvent être étudiées sous l'angle du droit de l'éducation, de l'économie, de la sociologie... Par exemple, des études montrent que l'attitude de la direction est un facteur clé de la réussite des élèves.»

Affiliées au Centre de recherche et d'intervention sur la réussite scolaire (CRIRES) de l'Université Laval, Mme Amboulé-Abath et Mme Larouche forment les directeurs d'établissements scolaires et les aspirants à cette fonction, dans le cadre du diplôme d'études supérieures spécialisées en administration scolaire.

D'avocate à chercheuse

(Dominique Gobeil) -Toujours membre du Barreau du Québec, la professeure Catherine Larouche a travaillé cinq ans comme avocate avant d'obtenir son doctorat en administration et évaluation en éducation à l'Université Laval.

Le changement de carrière s'est révélé passionnant pour celle qui a remporté le prix George-L.-Geis en 2012, pour la meilleure thèse portant sur l'Enseignement supérieur rédigée dans une université canadienne. Elle présente sept conceptions de l'université, soit les approches académique, apprenante, entrepreneuriale, sociopolitique, du marché, du milieu de vie et du service public, comme l'UQAC.

Mme Larouche oeuvre avec d'autres chercheurs à adapter cette typologie aux établissements collégiaux et aux universités de l'est du Canada. Elle travaille aussi sur un projet pour évaluer l'impact du programme de formation médicale donné à Chicoutimi sur le recrutement des médecins en région.

Féminisation et minorités visibles

(Dominique Gobeil) - Originaire du Cameroun, la professeure Anastasie Amboulé-Abath a d'abord enseigné l'éducation physique avant de venir se perfectionner à l'Université Laval et se spécialiser en administration scolaire.

La place des femmes dans les postes de direction en éducation l'intrigue particulièrement. «Avant que les religieuses soient mises de côté dans les années soixante, c'était un milieu de femmes. Puis les hommes ont laïcisé le système. Maintenant, elles sont de plus en plus présentes. Est-ce un juste retour des choses? Quelle est la réalité derrière les chiffres?»

Mme Amboulé-Abath est également en attente de subvention pour poursuivre un projet de recherche sur la situation des élèves issus des minorités visibles en région.

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