Enquête sur le Développement des enfants de maternelle en région

Un bambin sur quatre est vulnérable

De nombreux enfants de maternelle de la région... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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De nombreux enfants de maternelle de la région ne possèdent pas le bagage nécessaire pour entrer à l'école, révèle une enquête nationale dont les résultats ont été présentés cette semaine.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Le quart des enfants de maternelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont considérés comme vulnérables dans au moins une sphère de leur développement et n'ont pas ce qu'il faut pour commencer l'école.

Un garçon sur trois (32 pour cent) et une fille sur cinq (17 pour cent) présentent un degré de vulnérabilité en santé physique, en maturité affective, en compétences sociales, en développement cognitif et langagier ou en communication et connaissances générales.

Ces données sont tirées de l'Enquête québécoise sur le développement des enfants à la maternelle (EQDEM), une vaste étude menée au cours de l'année scolaire 2011-2012 dans l'ensemble des régions du Québec. Les résultats régionaux ont été présentés jeudi à Alma, lors de la Journée dédiée à la petite enfance organisée par le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

La décision de réaliser une enquête émane de l'Initiative concertée d'intervention pour le développement des jeunes enfants (ICIDJE), laquelle regroupe les ministères de la Santé, de la Famille, de l'Éducation, de même que l'Institut de la statistique du Québec et l'organisme Avenir d'Enfants.

Agente programmation et planification au CIUSSS, Marie-Claude Clouston précise que les enfants dits vulnérables à la maternelle ne présenteront pas tous des difficultés tout au long de leur parcours scolaire au primaire et qu'ils ne sont pas nécessairement destinés à l'échec. Toutefois, ils sont plus susceptibles d'être confrontés à des difficultés d'apprentissage et d'adaptation sociale et scolaire. La situation est donc préoccupante du point de vue des autorités de santé publique et d'éducation.

«En ce qui concerne la maturité affective, le pourcentage d'enfants vulnérables est légèrement supérieur à la moyenne québécoise. Mais ce qu'il faut retenir, c'est qu'on a des enfants vulnérables dans tous les domaines de développement», fait valoir Marie-Claude Clouston. En revanche, le degré de vulnérabilité des enfants de maternelle du Saguenay-Lac-Saint-Jean en matière de santé physique et de bien-être est estimé légèrement moindre que dans l'ensemble de la province.

Milieux défavorisés

Sans grande surprise, les enfants vivant en milieu défavorisé sont plus fragiles. Selon les données recueillies dans le cadre de l'enquête, le tiers des écoliers de cinq ans présentant une vulnérabilité dans au moins un domaine de développement est issu de milieux moins bien nantis.

Fait intéressant: la proportion d'enfants vulnérables (dans au moins un domaine) atteint 36 pour cent chez les bambins qui n'ont pas fréquenté un service de garde avant d'entrer à l'école.

«Quand on a un enfant vulnérable dans certains domaines, une bonne garderie avec un bon programme éducatif peut réparer ça», pointe George Tarabulsy, professeur titulaire à l'École de psychologie de l'Université Laval et directeur scientifique de l'Institut de recherche des Centres jeunesse de Québec. Il était conférencier invité lors du colloque de jeudi.

Le spécialiste croit que le financement des services de garde par le gouvernement est impératif si l'on veut offrir le meilleur départ possible aux citoyens de demain.

«Il y a quelque chose de très troublant dans la réforme des tarifs des services de garde. L'absence de ressources force également certains parents à prendre des places de moindre qualité parce qu'ils n'ont pas le choix», plaide l'expert.

Selon le professeur Tarabulsy, les conclusions de l'enquête, qui a permis de cartographier les enfants de maternelle de tout le Québec, force les intervenants oeuvrant en petite enfance à faire preuve de lucidité et à agir.

«On ne doit pas nécessairement s'inquiéter, mais ne pas s'inquiéter ne veut pas dire laisser aller», note-t-il.

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