Bleuet: la faiblesse du dollar salutaire

La faiblesse du dollar canadien est salutaire pour les producteurs de bleuets.... (ARCHIVES LE QUOTIDIEN)

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Louis Potvin
Le Quotidien

La faiblesse du dollar canadien est salutaire pour les producteurs de bleuets. La baisse importante du prix du petit fruit aux États-Unis n'a pas encore eu d'impact au Québec.

C'est ce qui se dégage du «Tableau de bord sur le marché du bleuet sauvage» réalisé par le Groupe Forest Lavoie pour le compte du Syndicat des producteurs de bleuets.

Pour illustrer l'avantage de la baisse de la devise, les spécialistes ont fait des comparatifs dans le temps. Quand le dollar canadien valait 93 cents américains en 2013, l'écart de prix était de 15 cents. Le prix à livre se transigeait, en décembre 2013, à environ 1,80$ américain et 2,10$ canadiens.

Aujourd'hui, avec un huard ayant une valeur de 74 cents sur la devise américaine, l'écart de prix s'élève à 43 cents. En décembre, le prix payé pour la livre de la perle bleue jouait autour de 1,20$ en dollars américains et à environ 1,70$ en devise canadienne.

Ainsi, les prix à l'exportation se sont maintenus. Si la valeur du dollar canadien avait été plus élevée, les exportateurs auraient obtenu un prix moindre depuis le mois d'août.

Il s'agit d'une bonne nouvelle pour les producteurs et les transformateurs, car même si les inventaires de bleuets sont encore très élevés, les prix se sont maintenus.

Piège?

Jean-Pierre Senneville, de Bleuets sauvages du Québec, confirme que la faiblesse du huard est un avantage actuellement. Par contre, il indique que cet écart peut représenter un piège. «Il faut prendre des décisions éclairées et ne pas se laisser séduire à essayer de vendre notre produit au rabais pour profiter de la faiblesse de notre devise. On ne sait pas ce que les Maritimes ou la Colombie-Britannique peuvent décider de faire dans un tel marché. L'expérience et le flair sont nécessaires pour garder nos parts de marché tout en ne succombant pas à vendre à un prix plus bas», analyse-t-il.

Le défi est d'autant plus important que l'offre est en nette progression avec l'explosion de la production partout dans le monde.

Justement, les spécialistes ne savent pas si cette situation va perdurer longtemps.

Comme la devise est très volatile, il est difficile de déterminer quel sera le prix final qui sera accordé aux producteurs pour la saison 2015. Ils ne savent pas si l'écart habituel entre le prix annuel des exportations et le prix final accordés aux producteurs sera maintenu.

La faiblesse du dollar canadien favorise l'industrie du bleuet.

Une convention plus claire est souhaitée

Le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec souhaite signer une convention de mise en marché plus claire avec les transformateurs.

«Les négociations sont bien enclenchées. Nous aurions souhaité que ça aille plus vite, mais ça avance bien. Nous voulons obtenir une convention qui va faire l'affaire des producteurs, mais aussi des transformateurs. Ça prend une convention plus claire pour éviter la confrontation», a déclaré le président Marc Larouche.

La convention actuelle est échue et une nouvelle devra être en vigueur d'ici le début de la récolte 2016. Les deux parties se donnent jusqu'au 1er mai pour s'entendre sinon la Régie des marchés agricoles et agroalimentaires du Québec devra trancher.

Le président considère que la dernière convention portait à interprétation. D'ailleurs, une audience sur la fixation du prix du bleuet avait eu lieu en 2011. «Il faut que les règles du jeu soient claires notamment sur le prix du bleuet. Il faut que la convention soit rassurante pour les producteurs. Il faut qu'elle traduise une confiance mutuelle entre les deux parties et que les producteurs et les transformateurs se voient comme des partenaires», insiste-t-il.

Avec une nouvelle convention plus efficace, Marc Larouche croit que les producteurs seront en mesure d'améliorer le rendement en bleuetière et réduire les coûts de production. «Nous avons un rendement inférieur de 50% avec le Nouveau-Brunswick, et dans le Maine, c'est trois fois plus performant qu'ici. Nous avons un gros défi à ce niveau», lance-t-il.

Il cède sa place

Après six ans à la tête de l'organisation, le président va quitter à la fin de son mandat en avril. Il aimerait laisser comme lègue une nouvelle convention aux quelque 400 membres. «Après six ans, je pense que c'est le moment de céder ma place. Le Syndicat compte sur un conseil d'administration qui a fait de l'excellent travail et qui va le poursuivre au cours des prochaines années», a-t-il affirmé.

Marc Larouche estime que sous son règne, les relations entre les producteurs et les transformateurs se sont améliorées.

Marc Larouche souhaite que le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec signe une convention de mise en marché plus claire avec les transformateurs.

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