Un blocus pour freiner Parmalat

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Le Syndicat des producteurs de lait du Saguenay-Lac-Saint-Jean va appliquer la résolution de blocus contre la multinationale Parmalat en tenant compte des fluctuations de la production laitière hebdomadaire et des ententes commerciales qui lient les producteurs aux grandes entreprises de transformation pour l'approvisionnement en matière première.

Au cours d'une entrevue qu'il accordait au Quotidien, le président du syndicat, le producteur Daniel Côté, a évoqué un certain nombre de contraintes pour les producteurs laitiers dans cette bataille. Il reconnaît que la situation actuelle est cependant difficile à tenir pour les membres dont les revenus sont affectés par la problématique des surplus structurels de protéine laitière.

« Nous avons des ententes et des conventions de mise en marché avec les grands transformateurs que nous devons respecter dans le placement du lait. On verra ce qu'il est possible lorsqu'il y aura des surplus hebdomadaires. La résolution identifie spécifiquement Parmalat, mais il y a aussi d'autres grands transformateurs privés », ajoute Daniel Côté.

Problème complexe

Le leader syndical est revenu sur toute la problématique de la création d'une sixième classe de lait qui permettrait d'écouler la protéine laitière à un prix basé sur le prix international.

Cette classe de lait est grandement souhaitée par la multinationale Parmalat qui a intérêt à intégrer dans sa production de fromage des protéines à très bas prix comme le lui permettrait l'application pure et simple d'une telle classe de lait.

« La sixième classe de lait dont il est question était discutée à la table de négociation avec les producteurs canadiens. C'est l'Ontario qui a décidé de partir avec ce seul élément de l'ensemble de la négociation pour appuyer cette idée. La négociation comprenait plusieurs autres éléments pour corriger la situation, mais on ne fait que mentionner la sixième classe alors qu'il y a autre chose. »

Baisse de revenus

En ce moment, les producteurs doivent toujours composer avec une baisse de 5 % de leurs revenus provenant des surplus structurels de protéine laitière. Les transformateurs industriels comme Parmalat ont la possibilité d'importer des États-Unis du lait diafiltré. Il s'agit d'un lait beaucoup plus épais que celui que l'on consomme et qui permet de concentrer la protéine. Ce produit peut légalement traverser la frontière et les transformateurs n'ont qu'à le transvider dans les grands réservoirs de production de fromage.

En agissant de la sorte, les grands transformateurs peuvent éviter d'acheter auprès de la Commission canadienne du lait la protéine laitière en surplus qui parvient en bonne partie de la production de beurre. Ce surplus structurel provoque toujours un déséquilibre entre l'offre et la demande et cette situation ne changera pas tant et aussi longtemps que les grands transformateurs auront recours au lait diafiltré américain dans leur production de fromage.

Des données faussées

En plus d'affaiblir les producteurs financièrement, le lait diafiltré fausse les données de la concurrence entre les petits et les gros transformateurs. Daniel Côté rappelle que la coopérative Agropur supporte les producteurs dans cette bataille et a donc un désavantage commercial dans les gammes de produits où elle concurrence Parmalat. Les petits transformateurs régionaux vivent aussi ce déséquilibre puisqu'ils n'ont pas la technologie nécessaire pour se rabattre sur ce produit américain à très bas prix.

Le premier mouvement important contre la multinationale Parmalat doit avoir lieu jeudi à Victoriaville devant l'usine de transformation de l'entreprise. Des producteurs de la région tentent en ce moment d'organiser une délégation pour aller supporter le réseau indépendant Lait Quittable, un groupe d'agriculteurs qui mène en ce moment une campagne sur Facebook pour contrer les appétits de Parmalat, une société appartenant à l'entreprise Lactalis qui a eu sa part de querelles avec les producteurs d'Europe.

Le président du Syndicat de producteurs de lait du Québec, Bruno Letendre, est même intervenu auprès des ténors de Lait Quittable pour modérer les moyens de pression. Le gouvernement du Québec est également sur les dents et craint un mouvement d'impatience de Parmalat.

Selon le président du Syndicat des producteurs de lait de la région, Daniel Côté, le gouvernement fédéral a une option intéressante pour contrer le lait diafiltré avec l'inspection des aliments et la réglementation.

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