Tests de laboratoire: manifestation aux bureaux de Couillard

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L'APTS a organisé une manifestation dimanche midi, inquiète des pertes éventuelles des services de proximité et d'emploi pour les technologistes médicaux.

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Une cinquantaine de personnes ont manifesté dimanche midi devant les bureaux du premier ministre Philippe Couillard, à Saint-Félicien, dans le but d'interrompre la centralisation à Chicoutimi des tests de laboratoire effectués dans la région et sur la Côte-Nord.

Cette réforme est prévue dans le projet Optilab amorcé par le ministre de la Santé Gaétan Barrette. Elle est dénoncée par l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS), qui craint la perte de services de proximité et d'emplois dans les cinq autres établissements de santé régionaux.

Ainsi, des échantillons fragiles devront être transportés sur de grandes distances, dans des conditions climatiques et routières «hasardeuses», est-il souligné dans un communiqué. «Ça peut aller jusqu'à 130 km à partir de Dolbeau-Mistassini et 1700 km pour la Côte-Nord, précise en entrevue téléphonique la responsable régionale de l'APTS, Nathalie Chalifoux. On ne sait pas trop comment ça va arriver, en avion on suppose... Des échantillons peuvent être perdus et ce n'est pas toujours possible de refaire un prélèvement.»

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La représentante régionale de l'APTS, Nathalie Chalifoux, lors de la manifestation tenue à Saint-Félicien dimanche.

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Elle-même technologiste médicale, la représentante syndicale raconte qu'une caisse de poissons a déjà été reçue dans un laboratoire. «Il y avait eu une erreur dans le transport...»

En plus des éventuels emplois perdus, ce qui n'augure «rien de bon pour l'économie régionale», les étudiants du Cégep de Chicoutimi en technologie d'analyses biomédicales verront leurs possibilités de placement «considérablement réduites.» «On voudrait dévitaliser la région qu'on ne s'y prendrait pas autrement», estime Mme Chalifoux, qui s'inquiète également du niveau d'anxiété des patients en attente pour un diagnostic.

En attendant que les économies réelles soient démontrées, les opposants demandent au premier ministre de protéger les citoyens de sa circonscription «des mauvaises surprises».

L'APTS compte 1870 membres au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui emploie une centaine de technologistes médicaux.

Diagnostic de cancer de l'utérus: 4000 femmes en attente

Présentement dans la région, près de 4000 femmes attendent de savoir si elles souffrent d'un cancer du col de l'utérus en raison du retard dans l'analyse des tests Pap. Le délai, qui varie entre un et trois mois, est le deuxième plus long dans la province.

L'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS) s'inquiète de cette situation préoccupante pour les patientes, alors que la région sert de projet-pilote pour la réforme Optilab du ministre de la Santé Gaétan Barrette. Selon ce plan, les tests réalisés dans les établissements du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la Côte-Nord seront analysés à Chicoutimi.

« Le Dr Barrette est contradictoire. Il avoue qu'il y a du retard pour ces tests de dépistage, mais il veut quand même aller de l'avant dans l'optimisation des laboratoires, alors qu'il y a clairement une pénurie de main-d'oeuvre. On sait très bien que quand on emploie le mot optimisation, cela implique automatiquement une réduction des budgets et des effectifs », explique en entrevue téléphonique la responsable régionale de l'APTS, Nathalie Chalifoux.

Ce sont les technologistes médicaux qui ont informé leur syndicat de la problématique, alors que le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la région « préférait garder le silence ». « Nous avons été profondément choqués d'apprendre cette nouvelle. Nos membres n'osaient pas parler, car leur employeur leur disait que ça allait bien aller », raconte Mme Chalifoux.

La représentante syndicale se doutait un peu de la situation, après la révélation au début du mois que l'Outaouais est la pire région pour livrer les résultats des tests Pap, avec un délai de près de six mois. Alors que la moyenne est de 10 semaines au Saguenay-Lac-Saint-Jean, cela peut prendre seulement quelques jours dans certains établissements montréalais.

« Avec environ 300 nouveaux tests par semaine, c'est facile de faire le calcul, poursuit Nathalie Chalifoux. Les postes en laboratoire ne sont pas comblés. Il y en a cinq qui devraient être affichés présentement et qui sont retenus. C'est comme s'il y avait cinq emplois perdus. En engageant du personnel, le retard pourrait être rattrapé. Il est même possible de prendre des ententes en sous-traitance, mais ce n'est pas ce que nous conseillons. »

Mise en place rapide

En novembre dernier, le CIUSSS avait déclaré se donner un horizon de cinq à dix avant de mettre en place Optilab et de faire de Chicoutimi un « laboratoire serveur », associé aux autres hôpitaux. La région a été choisie comme projet-pilote en raison de la compatibilité entre les systèmes informatiques des différents laboratoires.

« Ça va plus vite que ça. Nos syndiqués nous ont dit que le service de pathologie de Roberval avait déjà été transféré, plus un autre à La Baie parce qu'une machine a brisé. Le CIUSSS ne nous avertit pas et répond qu'il n'a pas l'autorisation de divulguer le plan », indique Mme Chalifoux.

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