Maison des naissances: une pratique en pleine croissance

  • Au Québec, on compte environ une dizaine de maisons de naissances, dont celle de Chicoutimi, ouverte depuis avril 2015. (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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    Au Québec, on compte environ une dizaine de maisons de naissances, dont celle de Chicoutimi, ouverte depuis avril 2015.

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  • Les chambres d'accouchement offrent une ambiance calme et chaleureuse. Les femmes peuvent également essayer d'accoucher dans l'eau dans le bain qui se trouve dans chaque chambre de la maison des naissances. (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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    Les chambres d'accouchement offrent une ambiance calme et chaleureuse. Les femmes peuvent également essayer d'accoucher dans l'eau dans le bain qui se trouve dans chaque chambre de la maison des naissances.

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  • Les suivis de grossesse se font dans des bureaux personnalisés par chaque sage-femme. (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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    Les suivis de grossesse se font dans des bureaux personnalisés par chaque sage-femme.

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  • Voici la grosse valise que la sage-femme doit apporter lorsqu'elle se rend au domicile pour un accouchement. En plus de ce bagage, un énorme bac contenant plusieurs outils et équipements se trouve déjà chez la future maman. (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

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    Voici la grosse valise que la sage-femme doit apporter lorsqu'elle se rend au domicile pour un accouchement. En plus de ce bagage, un énorme bac contenant plusieurs outils et équipements se trouve déjà chez la future maman.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Depuis avril dernier, les sages-femmes peuvent suivre les grossesses dans cette grande résidence située devant l'hôpital de Chicoutimi. Avant l'ouverture de cet endroit, les couples qui voulaient privilégier un accouchement naturel avec ces professionnels de la santé devaient opter pour l'hôpital ou leur propre domicile, s'il est situé dans un périmètre de 15 kilomètres. Sans surprise, la maison des naissances est devenue le choix numéro un des futures mamans suivies par les sages-femmes. Sur les 43 naissances assistées par les sages-femmes de Saguenay, moins d'une dizaine se sont tenues au centre hospitalier et au domicile de la maman.

«Depuis l'ouverture, plus de 88 femmes ont été suivies par l'équipe des sages-femmes. Sur ces suivis, il y a eu 73 naissances, dont 43 qui ont été accouchées directement par les sages-femmes (34 à la maison des naissances). En cours de suivi, il peut y avoir un transfert de la cliente vers les gynécologues, selon le jugement clinique de la sage-femme. Par exemple, lorsqu'il y a des jumeaux, le suivi est immédiatement confié à un gynécologue», donne en exemple Danielle Delisle, adjointe au directeur du programme jeunesse au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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Marie-Pier Roy est sage-femme à la maison des naissances de Chicoutim

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Danielle Delisle, adjointe au directeur du programme jeunesse au CIUSSS

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Légale depuis la fin des années 90 au Québec, la pratique de la sage-femme est encore jeune. Mais l'accouchement naturel gagne en popularité, constate Marie-Pier Roy, sage-femme à la maison des naissances.

«Les couples ont maintenant le choix. Certains optent pour le suivi avec la sage-femme pour vivre quelque chose de différent. D'autres ont eu une mauvaise expérience avant et veulent changer d'atmosphère, d'approche. Pour certaines, ce choix fait partie de leurs valeurs profondes. Il y a d'ailleurs une des femmes qui a acheté sa maison en fonction du périmètre de 15 kilomètres des naissances.», raconte Mme Roy.

«Mais c'est vraiment le suivi personnalisé qui attire les couples. Par le fait qu'on ne suit pas beaucoup de femmes par mois, environ 3 ou 4, on les connaît bien. Un lien de confiance se développe. Et de connaître la personne qui est présente à notre accouchement, c'est un facteur de sécurité pour bien des gens», ajoute celle qui a déménagé dans la région après avoir complété son baccalauréat à Trois-Rivières.

Cette dernière admet toutefois qu'il y a encore bien du chemin à faire pour démystifier cette jeune pratique qui souffre de certains préjugés.

«La pratique est très encadrée, normée. Mais sa réputation dans l'opinion publique demeure fragile. Il reste encore du travail à faire pour bien informer les gens», estime-t-elle.

«On n'arrêtera jamais de faire connaître le service. Il faut dire, c'est encore jeune dans la province. Il y a donc une mentalité à changer», remarque Danielle Delisle.

Sages-femmes recherchées

La maison des naissances pourrait doubler le nombre de ses suivis lorsque l'équipe de six sages-femmes sera entièrement comblée. À l'heure actuelle, quatre professionnelles tiennent le fort. Des offres d'emploi ont été publiées, mais force le recrutement de sages-femmes demeure difficile.

«On est 200 sages-femmes au Québec. On est environ une quinzaine à graduer chaque année. La raison, c'est que pendant le stage de 14 semaines, on est formé une à la fois par une sage-femme. De ces sages-femmes-là, qu'on nomme préceptrice, il n'y en a pas tant que ça. C'est ce qui limite le nombre d'admissions au baccalauréat et le nombre de diplômés», pointe Marie-Pier Roy.

Pour attirer de jeunes professionnelles, la maison des naissances du Fjord-au-Lac prévoit d'ailleurs intégrer un volet stage.

Futures mères du Lac-Saint-Jean

Sans surprise, ce sont principalement des femmes de Saguenay qui utilisent le service qui est offert à toute la population régionale. Mais certaines dispositions ont été mises en place pour faciliter la vie de celles qui tiennent à avoir un accouchement naturel.

«La distance peut évidemment être un frein. On offre cependant des options d'hébergement. On a une liste de gens qui accueillent les couples qui sont en fin de grossesse pour qu'ils soient près de la maison des naissances», précise Marie-Pier Roy, qui doit d'ailleurs louer un logement pour travailler, car sa principale résidence est à Saint-Félicien.

Accoucher à domicile

Les femmes peuvent accoucher à domicile à condition de résider à moins de 15 kilomètres du Centre hospitalier de Chicoutimi. Ce périmètre pourrait toutefois être élargi, laisse entendre Danielle Delisle, du CIUSSS.

«Lorsqu'on a démarré le service, on a fixé le périmètre à 15 kilomètres. C'était un jeune service. On avait mis un périmètre très sécuritaire. On fonctionne avec ce périmètre depuis maintenant deux ans. Mais on reçoit de plus en plus de demandes pour l'élargir. Un comité se penche actuellement sur la question. Et une décision sera prise à ce sujet», précise Mme Delisle.

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