Apprendre sur les inégalités scolaires

Catherine Dumoulin, directrice du Consortium régional de recherche... (Photo Le Quotidien, Jeannot Lévesque)

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Catherine Dumoulin, directrice du Consortium régional de recherche en éducation

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PAGE UQAC / L'UQAC sera l'hôte l'été prochain de la première université d'été de la francophonie sur les inégalités scolaires.

Pourquoi, malgré toutes les connaissances acquises sur le sujet, le système scolaire continue de perpétuer les inégalités, qu'elles soient sociales, économiques ou ethniques, rendant la réussite des jeunes défavorisés plus difficile?

Il s'agit d'un des thèmes qui animeront les réflexions et discussions de l'événement qui se tiendra du 15 au 19 août. Une cinquantaine de personnes, soit des chercheurs, des étudiants universitaires à la maîtrise et au doctorat, ainsi que des intervenants du milieu scolaire, y sont attendues.

«Nous, les chercheurs, sommes convaincus d'offrir des solutions aux praticiens, aux gens du milieu. Mais les inégalités persistent. Avec l'université d'été, on veut changer la perspective et se demander si nous sommes aussi impliqués, comme chercheur, par notre façon de faire, dans les inégalités sociales. Est-ce que ça appartient juste au milieu, ou avons-nous aussi une responsabilité?», se questionne Catherine Dumoulin, directrice du Consortium régional de recherche en éducation, qui organise l'événement.

Les efforts du milieu et la recherche dans la région ont permis de réduire le taux de décrochage dans la région, mais l'écart du taux de décrochage entre les milieux favorisés et défavorisés demeure, donne-t-elle en exemple.

L'université d'été devrait rassembler des participants de l'UQAC, de l'Université du Québec à Trois-Rivières, et de quatre universités pédagogiques suisses, de l'Université Paris 8 et de l'Université Félix-Houphouët-Boigny d'Abidjan, en Côte-d'Ivoire, qui tenteront de trouver de nouvelles façons d'aborder ces enjeux.

«Le but est de décloisonner nos champs de recherche. Il y aura des gens de différentes disciplines, en sociopsychologie, en didactique pédagogique et en approche sociogéographique, par exemple», souligne Mme Dumoulin, rencontrée par Le Quotidien dans les bureaux du consortium, à l'UQAC.

Sous le thème «Quand les chercheurs de divers champs disciplinaires et acteurs du milieu scolaire s'unissent pour dépasser les inégalités scolaires», l'université d'été sera partagée entre une dizaine de conférences, des cours et des périodes d'échanges entre les participants.

Si l'expérience s'avère positive, l'université d'été pourrait se tenir aux deux ans, et être accueillie, par exemple, par l'UQTR ou par une université suisse.

Financement difficile

Pour la première fois en 18 ans, le Consortium régional de recherche en éducation doit revoir son fonctionnement en raison de difficultés de financement. Les commissions scolaires partenaires ont réduit de moitié leur soutien à l'organisation.

Ce n'est pas par manque d'intérêt envers le consortium, fondé en 1998, que les commissions scolaires ont diminué leur contribution, mais par manque de moyens. Soumises aux coupes gouvernementales, les commissions scolaires partenaires de la région, de la Côte-Nord et de Charlevoix ont réduit leur contribution de 1$ par élève à 0,50$, ce qui représente une baisse de financement de quelque 10 000$ pour le consortium.

Les commissions scolaires ne sont pas les seuls partenaires du consortium, qui compte aussi les cégeps des trois régions, ainsi que l'UQAC. Cette année, deux cégeps ont toutefois coupé entièrement leur contribution, indique Catherine Dumoulin, directrice de consortium. Pour les autres cégeps, la clientèle étant en diminution, la contribution se retrouve aussi diminuée.

Pas d'appel de projets

Pour toutes ces raisons, et principalement en raison de la perte de 50% de la contribution des commissions scolaires, le consortium n'a pu aller en appel de projets cette année. Une première pour l'organisation.

«Nous ne pouvons démarrer de nouveaux projets, mais nous travaillons sur des projets en continuité, et nous avons un projet de réflexion pour assurer la pérennité du consortium et identifier différentes solutions», mentionne la directrice. Le consortium fonctionnait dans les dernières années avec un budget de 35 000$ en contributions.

La Fondation de l'UQAC a offert cette année un soutien financier à l'organisme pour mener cette démarche de réflexion. Le consortium souhaite notamment déposer une demande de subvention de partenariat auprès du Conseil de recherche en sciences humaines.

«Nous avons développé une habitude à travailler ensemble dans la région, et on souhaite que ça puisse continuer», souligne Mme Dumoulin, directrice de l'organisation depuis 2013. Les commissions scolaires n'ont pas ailleurs pas écarté l'option de revenir à leur soutien habituel, si leurs finances le leur permettent, précise-t-elle.

En 18 ans, le consortium a mené 150 projets de recherche financés par le milieu, totalisant quelque 500 000$.

Une initiative unique

Le Consortium régional de recherche en éducation est une initiative unique en son genre au Québec qui rassemble une dizaine de membres dans le but de développer une culture de rechercher participative.

Il vise à développer les liens entre les chercheurs et le milieu (enseignants, directions d'école, intervenant scolaire, etc.) pour trouver des solutions à des problématiques vécues en milieu scolaire. «C'est la recherche à l'écoute de la pratique», résume Catherine Dumoulin, directrice du consortium.

Mois de mars

Différentes thématiques s'articulant autour du Département des sciences de l'éducation de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) seront abordées au courant du mois de mars dans cette page.

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