Des Hébertvillois taxés par la municipalité voisine

Le citoyen d'Hébertville Alain Tremblay déplore la tarification... (PhotoLe Quotidien, Mariane L. St-Gelais)

Agrandir

Le citoyen d'Hébertville Alain Tremblay déplore la tarification qu'il doit payer à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix pour l'entretien de la route de la Montagne.

PhotoLe Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

Métabetchouan-Lac-à-la-Croix impose une «taxe» spéciale aux résidants d'Hébertville qui empruntent une des rues de la municipalité pour se rendre à leur résidence.

La route de la Montagne à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix... (PhotoLe Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 1.0

Agrandir

La route de la Montagne à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix

PhotoLe Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Une vingtaine de villégiateurs hébertvillois viennent de recevoir une facture de 230$ pour payer l'entretien de la route de la Montagne, un chemin public du secteur Lac-à-la-Croix. Il s'agit du seul accès menant aux chemins privés des villégiateurs.

Étant donné qu'une municipalité n'a pas la légitimité de taxer des citoyens d'une autre ville, les élus métabetchouanais ont utilisé le pouvoir de tarification accordé par certains articles de la Loi sur la fiscalité municipale et qui sert à financer des services. 

«Ça n'a pas de sens. Hébertville va-t-elle faire payer les gens de Saint-Bruno qui passent par un de ses rangs? Ça peut aller loin tout ça», lance vigoureusement un des villégiateurs touchés, Alain Tremblay, qui paye déjà 300$ en taxes foncières à Hébertville pour son petit chalet.

En effet, cette démarche n'est pas coutume. Normalement, les municipalités s'entendent entre elles pour des échanges de service ou un partage de coûts. Mais dans ce cas-ci, les élus d'Hébertville ont toujours refusé de contribuer au coût d'entretien de ce chemin public appartenant à Métabetchouan-Lac-à-la-Croix. En 2008, le maire Lawrence Potvin avait d'ailleurs offert à ses homologues de la ville voisine une contribution de 47$ par propriétaire touché (une vingtaine), ce qui a été refusé à l'époque. Aujourd'hui, il exige 230$ par année aux mêmes citoyens. 

«On paye déjà des taxes à Hébertville. Ils devraient prendre une partie de ces taxes-là pour contribuer. Je comprends l'autre municipalité. Mais de donner directement la facture aux citoyens parce que nos élus ne veulent rien entendre, ce n'est pas mieux. On remet le problème entre nos mains. Et on ne peut rien faire pour se battre», déplore M. Tremblay.

Les citoyens avaient en effet peu d'options pour infirmer la décision. Les élus d'Hébertville ne semblent pas vouloir s'immiscer davantage dans le dossier. Ils ont simplement offert aux résidants de donner les coordonnées de l'avocat de la municipalité. La facture reviendra toutefois aux résidants touchés, a confirmé le directeur général, René Perron.

Une solution qui ne sera évidemment pas retenue par les citoyens.

«On n'ira pas se prendre un avocat pour 230$», répète en riant M. Tremblay.

D'autant plus que Métabetchouan-Lac-à-la-Croix a la ferme intention de se faire payer. La municipalité a averti les résidants qu'elle prendra des recours légaux contre ceux qui refusent de débourser cette somme. 

«Ça fait des années qu'on essaye de s'entendre avec les élus d'Hébertville, mais ça n'a jamais fonctionné. Donc, on y va avec une tarification. On pense que c'est équitable que l'ensemble des principaux utilisateurs de la route paye les coûts d'entretien», insiste le maire Lawrence Potvin. 

Ce dernier ne dit pas tout. Les propriétaires de lots à bois sont pour le moment dispensés de cette «taxe» spéciale, alors qu'ils empruntent également cette rue. Les quelque 136 citoyens de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix qui résident sur cette artère doivent eux aussi payer un peu plus que leurs concitoyens. Ils déboursent environ 60$ par année. «Ils payent déjà des taxes chez nous, donc leur part est moindre. Les autres en payent aussi à Hébertville. Mais ça, c'est leur problème», plaide le maire Potvin. 

Dernière option pour les villégiateurs? Fusionner avec Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, laisse entendre Alain Tremblay.

«Pourquoi payer des taxes à deux municipalités? On pourrait décider de se regrouper avec l'autre municipalité. Ou peut-être le contraire. Inviter tous les résidants de la rue de la Montagne à fusionner avec Hébertville», souffle M. Tremblay, dont l'idée n'est pas sans rappeler les démarches d'annexion de citoyens de Chambord pour joindre Desbiens. 

Le Quotidien a tenté d'obtenir plus de détails sur ce type de facturation auprès du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire. Les représentants n'ont pas été en mesure de dire si cette démarche était courante et légitime.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer