Regards de femmes du monde

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Le Quotidien

En cette Journée internationale de la femme, Le Quotidien a voulu donner la parole à certaines d'entre elles, originaires de l'étranger et qui ont élu domicile dans la région. Guadeloupéenne, Iranienne et Française, elles ont accepté de partager leurs observations au sujet de la place des femmes... ici et ailleurs.

Après avoir quitté l'Iran en 1976, Maboubé Salmani... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 2.0

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Après avoir quitté l'Iran en 1976, Maboubé Salmani file le parfait bonheur à Chicoutimi, qui est devenue sa terre d'accueil en 1984.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Vive l'égalité!

(Jonathan Hudon) - Au Saguenay depuis plus de 40 ans, Maboubé Salmani ne retournerait pas en arrière pour tout l'or du monde. Pendant qu'elle qualifie les conditions de vie du Saguenay d'«extraordinaires», l'Iranienne prône l'égalité entre l'homme et la femme.

Partie d'Iran en 1976 pour aller vivre au Maroc pendant neuf ans, la dynamique dame et sa famille quittaient un endroit qui devenait de plus en plus hostile pour les minorités religieuses. En 1984, Mme Salmani et ses deux filles mettent finalement le cap sur Chicoutimi.

«On a décidé de venir dans un pays libre; libre de parole, libre de la religion et libre de tout, explique Maboubé Salmani, âgée de la soixantaine et pétante de santé. Quand on a quitté le Maroc, on connaissait le français et nos enfants allaient à l'école française. On voulait vivre dans une petite ville loin de la grande communauté.»

Lorsqu'elle a quitté l'Iran, la situation dans son pays natal était relativement stable. C'est au fil des ans que la situation de la femme s'est détériorée, après la prise du pouvoir par l'ayatollah Khomeini. «Tout le monde a reculé de 150 ans», déplore-t-elle.

«Je suis née d'une famille baha'i et dans cette religion, on apprend dès un jeune âge l'égalité entre l'homme et la femme, ajoute l'Iranienne. Je dois également dire que la situation des femmes baha'i est différente avec celle des femmes musulmanes.»

Trop de responsabilités?

Lorsqu'on lui demande son point de vue sur sa vision de la femme en 2016, Maboubé Salmani se questionne. Elle croit que le genre féminin occidental a peut-être un peu trop de poids sur les épaules.

«En Iran, l'homme est plus responsable de la situation familiale qu'ici, pointe-t-elle. Je vois beaucoup de mères monoparentales avec toutes les difficultés qui viennent avec. Je ne dis pas que c'est uniquement la faute de l'homme, mais dans ma religion, il y a plus de discussion et on essaie de garder le couple le plus solide possible. La priorité est de trouver des solutions.»

Celle qui ne se considère pas comme une féministe se réjouit qu'une journée soit mondialement réservée à la femme. Elle soulève toutefois quelques bémols.

«La femme, c'est l'éducatrice des enfants et c'est la première responsable de la famille, affirme d'abord Maboubé Salmani. Mais s'il y avait une journée pour l'homme, je ne détesterais pas ça du tout. Je prône l'égalité entre les deux sexes.»

Plus de 40 ans après avoir quitté l'Iran, Mme Salmani n'est pas prête à remettre les pieds dans son pays natal, qu'elle n'a plus revu depuis.

«Je ne veux pas retourner dans mon pays, jusqu'à tant que la situation ne s'améliorera pas, lance-t-elle avec assurance. Je ne veux pas devoir mettre un voile avant de débarquer de l'avion. J'ai des amis 100 fois mieux que ma famille. Je me sens chez moi ici.»

Sarah Esteves remarque que la femme occupe une... (Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie) - image 3.0

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Sarah Esteves remarque que la femme occupe une place importante dans la société québécoise.

Photo Le Quotidien, Rocket Lavoie

Une place de choix au Québec

(Jonathan Hudon) - Aux yeux de Sarah Esteves, la femme occupe une place de choix au Québec. C'est tout le contraire avec ce qu'elle a connu en France, son pays natal.

La jeune femme de 25 ans est arrivée au Saguenay en décembre 2011 pour poursuivre ses études à l'Université du Québec à Chicoutimi. Aujourd'hui agente de liaison pour l'Association des diplômés de l'établissement universitaire, elle remarque que la femme est fortement impliquée dans toutes les sphères de la société.

«La femme est bien installée au Québec. Elle prend beaucoup de place comparativement à la France, où elle n'a pas beaucoup de place dans le milieu professionnel. Lorsque j'ai quitté à 22 ans, je n'étais entourée que d'hommes et il y avait peu de femmes. C'est la grosse différence avec ici, où je trouve qu'il y a plusieurs femmes qui occupent des postes de responsabilités.»

Sarah Esteves a dénoté une plus grande équité salariale entre l'homme et la femme au Québec. Elle soutient d'ailleurs que l'emploi est plus simple pour la gent féminine dans la Belle Province.

«La femme est plus importante et elle prend plus de place, partage-t-elle. Il y a vraiment un féminisme flagrant ici. Il y en a en France, mais les femmes se revendiquent davantage ici selon moi. En France, l'homme est très macho. Il y en beaucoup qui se sentent moins valorisés si une femme occupe un poste de direction. Au Québec, la femme a pris davantage sa place.»

Une femme en sécurité

Un passage de l'entretien avec Sarah Esteves surprend l'auteur de ces lignes. Selon la jeune femme, une quiétude qui ne se voit pas en France se fait sentir au Québec. «Je ne me baladerais pas seule, la nuit, en France, mentionne-t-elle. Ici au Québec, il n'y a pas de problème.»

Concernant la Journée internationale de la femme, la Française ne sent pas le besoin de souligner ce moment, même si elle convient qu'historiquement, il s'agit d'un passage nécessaire.

«C'est bien de marquer l'évolution de la femme dans le temps, convient Sarah Esteves. Toutefois, je ne suis pas féministe du tout et pour moi, ça devrait être une journée comme une autre. 

Historiquement, ça peut aller, mais je ne considère pas que c'est réellement nécessaire, particulièrement au Canada, alors qu'il y a de moins en moins d'écart entre l'homme et la femme.»

Installée au Québec depuis quatre ans, elle n'a pas eu de mal à s'intégrer. Son cercle d'amis est toutefois davantage formé de Français.

Selon Sévérine Décordé, l'accès au travail est plus... (Photo Le Quotidien, Louis Potvin) - image 4.0

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Selon Sévérine Décordé, l'accès au travail est plus dur pour les femmes en Guadeloupe qu'au Québec.

Photo Le Quotidien, Louis Potvin

Faire carrière ici est plus facile

(Louis Potvin) - Sévérine Décordé ne voit pas beaucoup de différence entre la condition féminine au Québec et celle dans le département français de la Guadeloupe, à part pour l'accès au travail.

Cette étudiante de 32 ans en troisième année de la Technique de tourisme au Cégep de Saint-Félicien considère qu'il est un peu plus difficile pour une femme de faire carrière en Guadeloupe. « Je crois que c'est un peu plus fermé en Guadeloupe qu'ici. Par contre, selon le tempérament de la femme et selon son champ d'expertise, il est possible de gravir les mêmes échelons que les hommes », indique-t-elle.

« Je ne sens pas de discrimination pour les femmes dans mon pays. Je veux faire carrière en tourisme et je pense être en mesure de me trouver un emploi à mon retour, possiblement à la Maison du tourisme de Basse-Terre. Je pense aussi avoir un salaire équivalent à un homme », avance-t-elle. Elle sait par contre que comme au Québec, en Guadeloupe, il peut y avoir une différence à la baisse dans les salaires accordés aux femmes.

Ce qui l'a surprise à son arrivée à Saint-Félicien, c'est la timidité des hommes envers les femmes. « On sent que les hommes du Québec sont moins portés sur la drague qu'en Guadeloupe, ça m'a surprise! Je ne sais pas si c'est le climat ou la culture qui explique cette façon de faire des hommes québécois », lance-t-elle en riant.

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