La Meute cible les immigrants: pas les bienvenus

Le groupe La Meute, qui réunit des internautes opposés à l'arrivée des migrants... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie)

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Patricia Rainville
Le Quotidien

Le groupe La Meute, qui réunit des internautes opposés à l'arrivée des migrants syriens, gagne du terrain au Québec depuis quelques mois. Et le Saguenay-Lac-Saint-Jean n'échappe pas au phénomène. En effet, la région compterait plus ou moins 300 membres à l'heure actuelle. Entretien avec un des leurs, résidant de Chicoutimi et membre du conseil de La Meute.

Le groupe La Meute passe tranquillement du virtuel au réel. Avec plus de 25 000 membres actifs sur Facebook, des rencontres physiques ou par Skype sont organisées régulièrement. Certains s'affichent en apposant un autocollant à l'effigie de La Meute sur leur véhicule et des rassemblements pourraient également s'organiser dans un avenir rapproché.

H. Yamel est un résidant de Saguenay. Nous l'appellerons par le pseudonyme qu'il utilise sur la page du groupe Facebook. C'est ce qu'il préfère, « pour la sécurité de ses enfants ».

H. Yamel est devenu membre de La Meute quelques semaines seulement après la création du groupe, à l'automne dernier. Tantôt qualifié de groupe raciste, tantôt qualifié de groupe islamophobe, H. Yamel assure qu'il n'en est rien.

« Nous sommes contre l'Islam radical et contre la promotion de la Charia. Nous n'avons rien contre les autres nationalités ni contre les Syriens individuellement, mais nous en avons assez de nous faire rentrer de force l'Islam dans le fond de la gorge. Nous ne sommes pas contre l'immigration, il en faut. Mais nous ne sommes pas d'accord avec l'immigration de masse comme c'est le cas actuellement », a indiqué H. Yamel, lors d'un entretien accordé au Progrès-Dimanche, plus tôt cette semaine.

L'homme affirme que plus ou moins 300 membres du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont actifs sur le groupe de La Meute. « Nous avons des cellules régionales et il y a de plus en plus de membres d'ici qui se joignent au groupe », a affirmé H. Yamel, dont la conjointe est également membre de La Meute. Ses employeurs ont également été mis au courant, afin de dissiper tout malentendu.

« Je n'ai rien à cacher et je tiens à ce que mes proches et mes collègues soient au courant. Il ne s'agit pas d'un groupe qui prône la violence, mais plutôt la liberté et la sécurité des Québécois, de même que le respect des fondements de notre société. Nous n'avons rien contre les musulmans, certains d'entre eux sont d'ailleurs très mal à l'aise avec ce qui se passe un peu partout dans le monde. Ce que nous demandons, c'est que les musulmans vivent leur religion chez eux, sans nous la faire subir », a affirmé H. Yamel.

Du virtuel au réel

Alors que La Meute a fait son apparition sur les médias sociaux peu de temps après le début de la crise des migrants, il ne serait pas surprenant de voir le groupe prendre de l'ampleur, mais dans le monde réel.

« Nous avons des rencontres régulières via Skype entre membres du conseil de La Meute, dont je fais partie. Nous avons également eu six rencontres physiques jusqu'à maintenant. Des casquettes et des chandails à l'effigie de La Meute pourraient aussi commencer à circuler », a indiqué le membre. De plus, des rassemblements pourraient être organisés dans un avenir rapproché.

« Lorsqu'on entend le mot rassemblement, on pense immédiatement à manifestation. Ce n'est pas le cas. Nous ferions des rassemblements civilisés et organisés, on n'agirait pas comme des ''caves'' », a ajouté H. Yamel.

Le groupe La Meute, qui réunit des internautes opposés à... (Photo 123RF) - image 2.0

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Les messages filtrés sur Facebook

Le membre de La Meute, H. Yamel, assure qu'il n'y a aucune place à la violence au sein du groupe. « Il y a une garde de 40 personnes qui filtrent chacun des messages publiés sur la page Facebook. Nous n'acceptons aucun commentaire haineux ou qui prône la violence », affirme l'homme de Chicoutimi, membre sous le pseudonyme de H. Yamel depuis quelques mois.

Selon l'homme, c'est certain que dans ce genre de groupe, il y a toujours des membres plus radicaux que d'autres.

« C'est sûr que nous recevons des messages qui sont complètement en dehors ''de la track''. Nous les supprimons immédiatement. Nous ne voulons pas être identifiés comme un groupe qui prône la violence envers les immigrants, car ce n'est pas le cas », affirme H. Yamel, se défendant de faire partie d'un groupe raciste ou islamophobe.

« Je sais que plusieurs personnes croient que nous sommes des individus racistes ou fascistes. Ce n'est pas vrai. Nous sommes simplement un regroupement de citoyens, payeurs de taxes et d'impôts comme tout le monde, qui en a assez de se faire marcher dessus. Nous sommes évidemment surveillés par la GRC et la Sûreté du Québec. C'est normal, car ce genre de groupe suscite la méfiance et des questionnements. Mais nous ne faisons rien de mal », a ajouté le membre.

Groupe secret

La page Facebook, qui est considérée comme secrète, est aujourd'hui plus accessible, étant donné le nombre grandissant de membres. Mais le groupe ne se contente plus d'une simple page Facebook. Depuis quelques jours, un site Internet a en effet été mis en ligne. Le site n'est toutefois pas repérable par une simple recherche Google.

Pour devenir membre de la page Facebook, il faut connaître un « ami » qui l'est déjà. Ce dernier vous envoie une invitation et vous êtes rapidement accepté. La journaliste du Progrès-Dimanche a d'ailleurs fait la démarche et a été acceptée par les membres du groupe en quelques minutes à peine.

« Nous acceptons les journalistes sans problème, car nous n'avons rien à cacher et nous comprenons leur curiosité. Si nous ne les acceptions pas, ce serait bizarre et probablement que certains d'entre eux épouseront notre cause », a expliqué H. Yamel.

En surfant sur la page Facebook du groupe, il n'a pas été possible de dénicher des commentaires à caractère violent. « Comme je vous le disais, ce genre de commentaires sont supprimés rapidement et ils ne sont pas tolérés », a répété H. Yamel.

Par ailleurs, certaines photos publiées sur la page montrent les nouveaux tatouages des membres, une trace de patte de loup, qui est le signe distinctif de La Meute.

Création

La Meute a été créée à l'automne dernier, par un vétéran des Forces canadiennes opposé à l'arrivée des migrants syriens. À la fin du mois de décembre, le groupe Facebook comptait 12 000 membres.

Aujourd'hui, il en compte 25 000, dont 800 qui ont adhéré au cours des derniers jours. Certains y publient des messages sous un pseudonyme, d'autres le font à visage découvert.

Les membres opposés au projet de loi 59

Projet de loi n°59: Loi édictant la Loi concernant la prévention et la lutte contre les discours haineux et les discours incitant à la violence et apportant diverses modifications législatives pour renforcer la protection des personnes.

En bref, la loi 59 vise à contrer les discours haineux envers certains groupes. La Meute est contre ce projet de loi.

Voici la description du groupe, selon les membres de La Meute

«La meute est un regroupement de personnes qui croient en la légitimité de la démocratie et qui est contre la montée de l'islamisme radical au sein de nos gouvernements autant provincial que fédéral. Aucun propos raciste n'y est toléré. L'acceptation des croyances est respectée dans toutes les sphères religieuses. La ligne de conduite principale et commune est contre la Charia et la loi 59. Toute allégeance religieuse et/ou politique est la bienvenue. En autant que la ligne de mire de chacun se concentre contre la radicalisation islamique de notre terre et de notre pays. La liberté d'expression du peuple (loi 59) est d'autant plus importante vu la volonté du gouvernement provinciale de vouloir nous museler afin de nous contrôler âme et corps dans une société dictatoriale à l'image qu'ils veulent nous imposer. La meute n'attaque pas, elle ne blesse personne. Elle utilise la démocratie et les mesures à sa portée pour faire valoir les droits de tout un chacun afin que la liberté soit et reste dans cette génération et les générations futures... »

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