Des copeaux d'ici pour des usines en Turquie

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Un groupe d'hommes d'affaires du Saguenay travaille en ce moment au montage d'un projet qui permettrait d'exporter des surplus de copeaux provenant des scieries de la région vers la Turquie pour approvisionner des usines de fabrication de panneaux particules.

Le gouvernement du Québec a adopté le décret 85-2016 le 10 février dernier. Ce décret autorise l'expédition dans un autre pays de 300 000 tonnes métriques anhydres de copeaux de résineux et 100 000 tonnes de copeaux d'essence de feuillus. Le décret prendra fin le 31 décembre 2018.

Selon le directeur général de l'Association des producteurs de copeaux du Québec (APCQ), Pierre Marineau, l'exportation de copeaux n'est pas nécessairement la meilleure chose à faire, mais dans une situation où il risque d'y avoir des surplus, cette alternative permet aux entreprises de sciage d'écouler la totalité des copeaux et ainsi éviter les accumulations.

«L'exportation des copeaux n'est pas une fin en soi et il serait préférable de les transformer ici. Mais il y a des situations où les usines de sciage ont intérêt à recourir à cette solution pour en tirer un certain bénéfice. Il y a un projet d'exportation en Turquie via le port de Dalhousie, au Nouveau-Brunswick, mais des gens d'affaires du Saguenay veulent également exporter des copeaux à partir du port de Grande-Anse. Je ne peux identifier les initiateurs du projet pour le moment», explique Pierre Marineau.

L'exportation de copeaux de bois est interdite au Québec afin de favoriser la transformation de la matière ligneuse. Chaque fois qu'un producteur veut vendre des copeaux à l'étranger, comme c'est le cas en Gaspésie et en projet au Saguenay, le producteur ou l'exportateur doit obtenir une permission du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs.

La Turquie a besoin de copeaux pour approvisionner un réseau de 11 usines de panneaux qui produisent à plein régime. Selon Pierre Marineau, les décrets gouvernementaux sont habituellement de 12 mois. Le gouvernement du Québec a accepté un décret de trois ans de façon à permettre aux exportateurs d'assurer les acheteurs d'un approvisionnement stable à long terme afin de développer ce marché.

«Le ministère surveille de près l'évolution des réserves de copeaux avec des sondages réguliers auprès des scieurs. Nous avons complété l'année avec approximativement 190 000 tonnes métriques, ce qui représente deux semaines de consommation pour l'industrie québécoise des pâtes et papiers. C'est une quantité qui sera facile à écouler. Par contre, le ministère des Forêts, à partir des projections, avance qu'il pourrait y avoir un surplus de copeaux de l'ordre de 400 000 tonnes métriques à la fin de l'année», indique le directeur général.

Ce dernier croit qu'il s'agit de projections optimistes, mais admet qu'il y a en ce moment des indices pour une reprise assez vigoureuse dans le secteur du bois de sciage en raison d'une hausse de la demande américaine. «Si la demande américaine poursuit sa montée, c'est certain que les entreprises de sciage vont suivre et qu'ils produiront plus de copeaux», ajoute le directeur général de l'association.

«C'est une bonne nouvelle dans un sens, mais en même temps, c'est une moins bonne nouvelle pour le marché des copeaux puisque nous étions dans une situation d'équilibre entre la production et la demande québécoise pour les copeaux. Malgré ce problème, les entreprises de sciage vont vouloir profiter de cette amélioration du marché.»

Au cours des dernières années, les usines de papier du Québec ont procédé à des fermetures de machines à papier en plus des fermetures définitives dans certains cas. L'association des producteurs a pallié ces fermetures en parvenant à vendre des copeaux à d'autres acheteurs comme les usines de panneaux particules. La demande en carton a aussi permis d'écouler des quantités non négligeables de copeaux et ainsi compenser pour la fermeture des machines à papier.

Au Québec, les usines utilisent en moyenne 45% de la tige pour la production de bois d'oeuvre de différentes dimensions. La balance de l'arbre va pour la production de copeaux, de sciures de bois et d'écorce. Ces trois produits sont utilisés pour la production d'énergie, de pâte à papier et la production de panneaux. Selon Pierre Marineau, pour certaines usines, les sous-produits du sciage représentent entre 20 et 25% des revenus d'une usine de sciage.

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