Bernard Angers: Lucien Bouchard en deuil d'un ami très cher

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Lucien Bouchard est ami avec Bernard Angers depuis la petite école.

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L'ex-premier ministre du Québec a vu son compagnon de route Bernard Angers mener une longue lutte contre le cancer et hier matin, il apprenait avec tristesse le décès de celui qui fut pour lui un ami de tous les instants et avec qui il a eu la chance d'échanger sur à peu près tous les sujets.

Joint à son cabinet de Montréal, Lucien Bouchard était visiblement attristé par la nouvelle du décès de Bernard Angers, un Jonquiérois comme lui qui a réalisé une longue carrière dans la fonction publique avant de devenir recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi.

«Nous sommes allés à l'école primaire ensemble, puis au secondaire et en sciences sociales. Je me suis dirigé vers le droit et Bernard s'est rendu en Angleterre pour faire une maîtrise au London School of Economics. Nous avons partagé pendant trois ans des chambres dans le même appartement chez une dame de Québec et le troisième occupant était André Tremblay, également de Jonquière, qui a été constitutionnaliste pour le gouvernement du Québec et qui travaille toujours à Montréal», raconte Lucien Bouchard.

«Rigueur, honnêteté, sens de la communauté», sont des éléments soulevés par Lucien Bouchard pour décrie son ami. Il dira même dans une expression typique pour l'ex-premier ministre que le fonctionnaire Bernard Angers était du genre à «fendre une cenne en deux» par souci du travail fait correctement.

Dans le livre de Lucien Bouchard, Bernard Angers a fait partie de la première cohorte de jeunes Québécois ayant réussi à se faire instruire dans de grandes institutions avant de revenir au Québec pour mettre en place les bases d'une fonction publique compétente qui allait supporter les différents gouvernements dans la transformation de l'État québécois.

«Bernard Angers a occupé de nombreux postes dans la haute fonction publique. Il a été ce que l'on identifie comme les grands commis de l'État. Il a toujours travaillé pour le bien de la communauté avec intégrité. C'est un homme d'une très grande intégrité et il l'a toujours démontré.»

Le destin a voulu que cette longue amitié profite grandement à la région, et ce, toujours dans un esprit communautaire. Alors qu'il était recteur de l'UQAC, Bernard Angers n'avait pas trop de difficulté à convaincre le premier ministre Lucien Bouchard des besoins de l'institution d'enseignement en matière d'infrastructures: «Quelques pavillons ont poussé à l'UQAC», admet Lucien Bouchard.

«Il avait un grand sens de la communauté. À la retraite, il est demeuré actif au CQRDA. Il s'intéressait beaucoup à la région, à son développement et y croyait», a conclu l'ex-premier ministre du Québec.

En plus de sa carrière dans la fonction publique, Bernard Angers a accepté le poste de président du comité de transition dans les fusions municipales, à la demande de Lucien Bouchard, pour créer la nouvelle ville de Saguenay.

Défenseur de la région

Natif de Jonquière, Bernard Angers a travaillé plusieurs décennies à l'extérieur de la région avant d'y revenir pour diriger l'UQAC en 1993. Celui qui avait été au coeur du chef-lieu s'est aperçu à quel point la fonction publique et les élus pouvaient ignorer la réalité régionale. Comme plusieurs l'ont fait au cours de la dernière année, M. Angers a déploré le manque d'écoute de Québec lors d'un discours prononcé en 2009.

«La vie en région périphérique procure un milieu d'une qualité exceptionnelle tout en favorisant le développement de l'imagination et de l'initiative. À mon retour en région, j'avais oublié que nous étions loin des centres de décision et qu'il n'était pas facile de se faire entendre et surtout écouter pour réaliser un projet requérant leur participation. Un excellent dossier ne suffit pas. D'intenses plaidoiries, le support du milieu, des pressions répétées et un appel à la grande famille de nos connaissances sont des démarches requises. Et parfois même, la surveillance du dossier s'impose de peur qu'il ne prenne une autre destination. Peut-être faudrait-il introduire une formation obligatoire à l'intention des fonctionnaires et du personnel politique sur la réalité territoriale du Québec et le nécessaire équilibre entre ses parties», avait-il suggéré.

De père en fils

La pomme ne tombe jamais bien loin de l'arbre. L'amour de la région et de l'éducation, Bernard Angers l'a hérité de son père, Joseph Angers. Maître de poste, ce dernier s'est battu pour que les gens de Jonquière et des alentours puissent avoir accès à une éducation supérieure. Avec l'aide des Pères Oblats et d'autres amis, il a mis sur pied le Collège de Jonquière dans les années 50. À cette époque, seul le Séminaire de Chicoutimi offrait une telle éducation.

C'est donc grâce à son père que le jeune Bernard Angers a pu faire son cours classique chez lui dans un «climat intellectuel et disciplinaire qui se démarquait de celui des autres institutions», avait-il témoigné, en 2009, lorsqu'il a reçu son doctorat honoris causa de l'UQAC.

C'est d'ailleurs dans cette école de Jonquière que Lucien Bouchard a effectué ses études classiques. Bernard Angers était l'un des grands amis de l'ancien premier ministre.

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