Bernard Angers: la région perd un grand bâtisseur

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Originaire de Jonquière, Bernard Angers est décédé à l'âge de 76 ans.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Le Saguenay-Lac-Saint-Jean vient de perdre un de ses bâtisseurs. Ancien recteur de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Bernard Angers a rendu son dernier souffle lundi matin, à l'hôpital de Chicoutimi. Reconnu comme un des grands serviteurs de l'État, le Jonquiérois est décédé à l'âge de 76 ans, à la suite d'un cancer du pancréas. Il est mort un an, jour pour jour, après avoir eu son diagnostic.

Celui à qui l'on doit notamment la construction du pavillon des Humanités a cumulé plusieurs postes dans la haute fonction publique, dont celui de sous-ministre pour différents ministères dans les années 70 et 80.

En 1993, il revient s'établir dans la région pour occuper le poste de recteur de l'UQAC, après une longue carrière à Québec, au centre des décisions. Dans un contexte de forte concurrence entre les universités, Bernard Angers a réussi à bien positionner l'établissement régional aux plans provincial, national et même international.

Selon son entourage, il aimait prendre soin des autres, dans sa vie personnelle et professionnelle. « On ne peut pas plus se passer du concierge que du recteur », était l'une de ses phrases fétiches.

Diplômé en sciences économiques, le Jonquiérois est également connu pour avoir présidé le comité de transition de la nouvelle ville de Saguenay. Il a d'ailleurs quitté les rênes de l'institution de haut savoir pour diriger ce comité.

Bernard Angers a aussi présidé les conseils d'administration du Camp musical du Saguenay-Lac-Saint-Jean et celui du Centre québécois de recherche et de développement de l'aluminium.

Le Jonquiérois laisse dans le deuil sa conjointe Monique Caron, ses cinq enfants, ses 22 petits-enfants et un arrière-petit-enfant. Les funérailles devraient se tenir vendredi à Jonquière.

Jean Wauthier

À son arrivée à la tête de l'UQAC, en 1993, Bernard Angers rencontre Jean Wauthier, qui était directeur du bureau des Affaires publiques et conseiller pour l'ancien recteur. Le nouveau dirigeant de l'université a tenu à garder M. Wauthier dans sa garde rapprochée et depuis, les deux hommes cultivent une grande amitié.

« Il était pour moi un père spirituel. Je suis démoli aujourd'hui. C'était un grand monsieur. Il avait un respect incroyable des individus. Il a toujours eu le leitmotiv que dans chaque personne, il y avait du bon. Lorsqu'il a annoncé son départ de l'université, le 4 mai 2001, les gens pleuraient. Je n'avais jamais vu ça. Il a eu droit à une ovation et les gens pleuraient », raconte l'ancien cadre de l'UQAC, qui n'a d'ailleurs pu cacher ses larmes.

L'université, tel qu'on le connaît aujourd'hui, on l'a doit à Bernard Angers, selon M. Wauthier.

« Quand il est arrivé à l'université en 1993, il y avait peut-être deux bâtiments. Quand il est parti, il y en avait une douzaine. Il a mis en place le campus. Il s'est battu pour ça. Je me souviens que lorsqu'est arrivé le moment de construire le pavillon des humanités, il avait obtenu un refus du gouvernement. Il est allé voir son ami Lucien Bouchard en lui disant que la région méritait mieux que ça », confie Jean Wauthier, rappelant que Québec a finalement accepté de financer la construction.

Lucien Gendron

Ancien directeur général du Centre québécois de recherche sur l'aluminium (CQRDA), Lucien Gendron, qui se trouve à l'étranger, a reçu la triste nouvelle lundi matin. Ce dernier reviendra cette semaine dans la région pour assister aux funérailles de son ami qui a présidé le conseil d'administration du CQRDA pendant près d'une décennie.

« Je connaissais son état de santé. Mais c'est évident que quand ça arrive, il y a beaucoup de choses qui reviennent à l'esprit. Bernard a été un personnage marquant, un recteur déterminant dans l'histoire de l'université. Il a assuré la pérennité de l'établissement. Pendant son mandat, il y a fait plusieurs réalisations. Il a fait une fantastique campagne de financement de 8 M$. La liste de ses réalisations est longue », estime celui qui était un ami proche de l'ancien recteur.

Lucien Gendron se souvient de Bernard Angers comme d'un homme d'équipe qui tenait au bonheur des autres.

« Lorsqu'on jouait un golf avec lui, on avait les règlements Angers. Et le premier était qu'il fallait partir heureux. Donc, si on avait manqué notre premier coup, on pouvait se reprendre. C'est une anecdote parmi tant d'autres, mais ça image bien l'homme de gang qu'il était », se remémore M. Gendron.

Élus et UQAC

Le premier ministre Philippe Couillard a offert publiquement ses condoléances aux proches de M. Angers. « Il aura remarquablement servi son milieu et sa région », pouvait-on lire sur le compte Twitter du député de Roberval. Sylvain Gaudreault a également utilisé le média social pour exprimer ses condoléances à la famille. « Humaniste, fier résidant de Jonquière », écrit le député péquiste.

La direction de l'UQAC a également honoré la mémoire de l'ancien recteur dans la journée de lundi. « Son apport à l'UQAC aura été des plus significatifs par la création et le développement de créneaux de recherche et d'enseignement porteurs pour notre institution. Son apport a été également immobilier (différents pavillons) et socio-économique, par la mise sur pied d'une première campagne de financement majeure dont l'objectif fut la création d'un fonds de développement, redistribué sous forme de bourses à notre communauté universitaire », rappelle la direction de l'UQAC par voie de communiqué.

Sa contribution au Québec

Bernard Angers a contribué à l'avancement de plusieurs dossiers majeurs au Québec. Mais comme plusieurs sous-ministres et hauts fonctionnaires, ses réalisations demeurent méconnues du grand public.

Voici un bref survol de sa carrière dans la fonction publique.

- 1966 : Au service du ministère de l'Éducation à la Direction générale de la Planification, il participe aux premières négociations collectives impliquant le gouvernement, avec les professeurs de l'État du Québec, le Syndicat des fonctionnaires, les employés d'hôpitaux et les professeurs à l'emploi des commissions scolaires.

- 1974 à 1977 : Sous-ministre adjoint au ministère des Affaires municipales, il contribue à l'implantation de la réforme de l'évaluation foncière et à la préparation de propositions gouvernementales en matière de financement municipal.

- 1978 : En tant que sous-ministre en titre au ministère des Travaux publics et des Approvisionnements, il met en place ROSALIE, une nouvelle procédure dans l'octroi des contrats de service du gouvernement du Québec. Un système mis en place pour éviter les conflits d'intérêts dans l'attribution de contrats publics.

- 1992 : Sous-ministre en titre au ministère du Revenu, il négocie l'entente avec le gouvernement fédéral visant à confier la gestion de la TPS fédérale au Québec.

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