Renouer avec le jardin d'autrefois

Le semencier Gérard Parent et Marc Fortin d'Alma... (Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens)

Agrandir

Le semencier Gérard Parent et Marc Fortin d'Alma en Transition invitent la population à participer à la Fête des semences du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui se tiendra le 13 mars à Alma.

Photo Le Quotidien, Gimmy Desbiens

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Laura Lévesque
Le Quotidien

Vous cherchez une «Crotte d'ours» ou une «Mémé de Beauce» pour votre jardin? La Fête des semences du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui se tiendra le 13 mars à la Boîte à Bleuets d'Alma, offrira des centaines de variétés libres et patrimoniales qui garnissaient les terres d'autrefois.

L'événement, qui en est à sa 3e édition, a reçu cette année l'approbation du programme national des Semences du Patrimoine. Cette reconnaissance, une première régionale, se matérialisera par la venue de semenciers qui protègent ces espèces végétales oubliées.

«Nous sommes des jardiniers qui gardent les semences que nos grands-parents cultivaient. Nous sommes environ 4000 gardiens du genre au pays. Notre but est de perpétuer ces semences. On vend quelques plants, mais la plupart des semenciers en donnent. À condition toutefois que la personne en redonne à trois autres personnes», explique d'emblée Gérard Parent, un des semenciers invités.

Ce dernier est l'un des membres très actifs du programme national des Semences du Patrimoine, un organisme qui recherche, recueille et conserve des semences à pollinisation libre, c'est-à-dire non brevetées par les quelque multinationales qui contrôlent 80% des semences mondiales. Reconnu aux quatre coins du pays pour sa contribution à la sauvegarde du patrimoine génétique, M. Parent habite depuis quelques années à peine dans la région. Il a accepté de collaborer avec l'organisme Alma en Transition pour la présentation de la Fête des semences. Un événement essentiel, selon M. Parent, pour sauver ces variétés de plantes, de légumes ou de fleurs qui ont été progressivement délaissées. 

«Le danger de les perdre est très grand. D'abord, pour obtenir de telles semences, les gens doivent être membres du programme (Semences Patrimoine) ou se les procurer pendant les fêtes de semences. Une trentaine de fêtes se tiennent au pays, dont une dizaine au Québec. Mais aux États-Unis, par exemple, une loi est venue abolir cette façon de vendre. La vente est maintenant réservée aux gros producteurs de semences. Donc certaines espèces, moins rentables, peuvent être mises de côté. Au Canada, il était pour passer une telle loi. Mais on s'est expliqué et ils ont décidé de nous laisser notre système de vente de semences», explique Gérard Parent. 

C'est la sécurité alimentaire qui motive habituellement les gouvernements à vouloir limiter la vente de ces semences, rappelle le jardinier.

«Ils parlent de protection des individus. Car nos semences ne sont pas inspectées. Mais il n'y a pas de danger. On a toujours mangé ça! Le danger est nul», lance en riant l'homme, avouant manger presque qu'exclusivement des légumes issus de semences anciennes 

Pour cette 3e édition, une quinzaine de kiosques et quatre conférenciers (semenciers) seront sur place pour animer les visiteurs, du producteur maraîcher au jardinier amateur. L'événement, qui sera certifié biologique, se déroulera de 10 h à 16 h.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer