Le bois québécois à protéger aux États-Unis

L'industrie québécoise du bois d'oeuvre doit protéger ses marchés d'exportation... (Photo 123RF)

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L'industrie québécoise du bois d'oeuvre doit protéger ses marchés d'exportation aux États-Unis. Elle doit également faire valoir que le nouveau régime forestier, mis en place en 2013, avait permis d'instaurer les conditions permettant d'exclure la province de la prochaine entente sur le bois d'oeuvre avec les États-Unis qui doit entrer en vigueur l'automne prochain.

Le président du Conseil de l'industrie forestière du Québec (CIFQ), André Tremblay, affirme qu'à l'ouverture de la négociation sur le renouvellement de l'entente échue depuis octobre dernier, les paramètres économiques entre le Canada et les États-Unis sont difficiles. Les Américains ne sont pas dans une situation où ils voudront laisser entrer le bois canadien sans y imposer des restrictions.

«L'association américaine des producteurs de bois d'oeuvre n'est pas dans une situation intérieure optimale. Ils sont aussi conscients de la réalité de la valeur du dollar canadien et font face à des enjeux importants», analyse le président du CIFQ, qui est aussi conscient qu'il y a de grandes attentes au nord de la frontière américaine et que les objectifs ne sont pas nécessairement les mêmes chez les producteurs de l'Ouest et ceux de l'Est.

«Nous avons mis en place un régime forestier qui a coûté une fortune à notre industrie. On devrait être en mesure d'obtenir le même traitement que le Nouveau-Brunswick qui avait été exclu de l'entente sur le bois d'oeuvre. Nous avons implanté le bureau de mise en marché des bois pour répondre aux exigences des Américains qui demandent à ce que le bois que nous transformons soit payé un prix reflétant la valeur marchande et non en fonction d'un prix fixé par l'État qu'ils assimilent à des subventions pour l'industrie.»

Un test pour le régime forestier

La négociation qui s'ouvre entre les gouvernements canadien et américain sur le bois d'oeuvre constituera un véritable test pour le nouveau régime forestier. Plusieurs industriels considèrent que la hausse du prix de la fibre au Québec permet de prétendre que le régime est aujourd'hui un reflet assez précis de la valeur marchande du bois. Celle-ci se compare au système américain qui est basé sur la propriété privée des forêts et la mise en vente du bois par les propriétaires.

Dans l'industrie, selon ce que rapporte André Tremblay, personne ne s'attend à ce que les producteurs américains laissent aller les choses comme c'est le cas en ce moment. La dernière entente prévoyait qu'il y avait une année de libre-échange complet entre les deux pays afin de permettre d'évaluer la situation. «Nous sommes en ce moment en période de libre-échange sans taxe ni quota d'exportation. Malgré cette réalité, le marché est quand même fragile. Nous avons connu une bonne année en 2015, mais c'est plus difficile en ce moment.»

Il sera difficile pour le Canada de maintenir une position commune à la table puisque dans l'ouest du pays, la vision des choses diffère quant aux modalités d'exportation. Selon André Tremblay, les entreprises de sciage de l'Ouest souhaitent être en mesure d'exporter sans se faire imposer de quotas, et ce, même si elles doivent payer une taxe à l'exportation comme ce fut le cas pendant l'entente sur le bois d'oeuvre résineux.

Le ralentissement économique en Chine a modifié la réalité des exportations des producteurs de l'Ouest canadien. Ces derniers doivent s'assurer d'un marché pour écouler leur production qui est très importante en terme de volume.

Rien ne permet de croire pour le moment que le marché changera de façon significative d'ici la fin de l'année de libre-échange. Les producteurs américains de bois d'oeuvre ont surtout intérêt à limiter l'offre de bois sur leur marché interne afin de maintenir les prix.

En raison de la valeur du dollar canadien, il est pratiquement impossible pour les producteurs américains de mettre sur le marché du bois à des prix compétitifs. 

Les négociateurs des deux pays doivent en arriver à une entente pour le mois d'octobre prochain alors que l'année de libre-échange prendra fin.

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