700 km pour dire adieu à Thierry Leroux

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Une pratique en vue des funérailles du policier Thierry Leroux, qui seront célébrées vendredi à 14h, a été organisée à la cathédrale de Chicoutimi jeudi après-midi. Plusieurs policiers étaient réunis sur place.

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Anne-Marie Gravel
Le Quotidien

Ils étaient 17 policiers, une adjointe administrative et une secrétaire. Ensemble, ils formaient une famille. Le 13 février dernier, deux coups de feu ont changé les choses.

Mercredi, plusieurs d'entre eux se sont installés dans un autobus blanc. Ils ont choisi de parcourir, ensemble, les quelque 700 kilomètres qui séparent Lac-Simon de Saguenay. Pour saluer une dernière fois l'un des leurs. Rendre hommage à un membre de leur famille. le policier Thierry Leroux.

Daniel Caron a accepté de conduire le groupe auquel se sont ajoutées les conjointes des policiers. Le trajet, qui aurait dû prendre près de huit heures, en a nécessité dix, en raison des conditions climatiques. La fatigue, mêlée à l'émotion, a eu raison de l'ancien conducteur de camion qui occupe la poste de technicien informatique pour la communauté de Lac-Simon. Il n'a pas eu la force de pénétrer dans le salon funéraire du boulevard Saguenay où était exposée la dépouille du policier décédé en service sur la réserve autochtone de l'Abitibi.

«Pour moi, Thierry était un ami. C'était une bonne personne. C'est très dur», confie-t-il, ajoutant qu'au cours des derniers jours, il souhaitait être présent pour sa conjointe. «Pour ma femme, c'est un fils», explique l'homme qui a accepté de se confier au Quotidien avec sa conjointe.

Cette dernière, Ghislaine Brousseau, côtoie les policiers de Lac-Simon chaque jour. L'adjointe administrative se qualifie de maman du poste. «Je travaille avec ces jeunes policiers. Quand ils arrivent ici, on s'en occupe. On les guide. C'est tout petit comme poste. Je suis leur maman. Je prends soin d'eux. C'est moi qui leur souhaite bonne nuit quand j'arrive le matin et qu'ils terminent leur quart. Je leur fais même du pain de ménage.»

Un pain qui évoque des souvenirs douloureux. «J'avais laissé deux tranches de pain à Thierry pour son déjeuner. Elles sont restées dans son pigeonnier. Il n'aura pas eu le temps de les manger. C'était son dernier ''shift''.»

La dame confirme que Thierry Leroux était grandement apprécié.

«C'était un bon policier. Il aurait fait une belle carrière.»

Au lendemain des événements, les policiers du poste ont été remplacés par des agents de la Sûreté du Québec. Ghislaine Brousseau, elle, devait poursuivre le travail. «Un matin, je suis arrivée au bureau et il y avait seulement ma voiture dans le stationnement. Je me suis sentie très seule. Les agents de la SQ m'ont invitée à stationner ma voiture avec les leurs», raconte-t-elle.

Ses collègues policiers ignoraient alors qu'elle était toujours au boulot. «Quand ils ont su que j'étais toujours en poste, ils sont venus dîner avec moi. On est vraiment une famille. C'est important d'être ensemble. Ça nous aide.»

Ghislaine Brousseau et Daniel Caron ont assisté aux cérémonies pour Thierry Leroux à Val-d'Or. Celles de Saguenay ont tout de même une signification particulière pour eux.

«Après, c'est fini. On ne le ramène pas avec nous», explique Mme Brousseau, la gorge nouée par l'émotion.

Après avoir contribué à organiser les cérémonies à la suite des événements, elle sait bien que le retour à la maison, au calme, sera difficile. «On a encore un deuil à faire.»

L'autobus blanc quittera Saguenay après les funérailles, vendredi.

«On va se rendre à Saint-Félicien. On va coucher là. Ce sera assez pour moi, avec les émotions», estime Daniel Caron qui compte reprendre la route dès le lendemain.

Ghislaine Brousseau ignore quand les policiers réintégreront le poste de Lac-Simon. «Certains sont peut-être prêts à revenir. D'autres non. On verra au retour.»

Sa mémoire sera honorée à Lac-Simon

Ghislaine Brousseau assure que des choses seront mises en place afin que la communauté de Lac-Simon se souvienne de Thierry Leroux. «Le nom de Thierry ne restera pas juste sur des papiers. Quelque chose va perpétuer sa mémoire.»

Certains ont évoqué l'idée de nommer un parc ou la patinoire de Lac-Simon en son honneur.

«Thierry allait à la patinoire avec les enfants autochtones. Il jouait au volleyball. Je n'aurais pas été surprise de le voir jouer au football avec eux l'été prochain. Il était très sportif», explique-t-elle.

Thierry Leroux aura oeuvré en Abitibi pendant six mois, mais les liens qu'il avait tissés avec son entourage en font un membre de la communauté pour toujours.

«On est tissés serré. Il fait partie de la famille. On ne l'oubliera pas», promet Ghislaine Brousseau.

La présence de Philippe Couillard confirmée

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La dépouille du policier Thierry Leroux, décédé dans l'exercice de ses fonctions dans la réserve autochtone de Lac-Simon le 13 février dernier, était exposée à la résidence funéraire de l'Alliance funéraire du Royaume du boulevard Saguenay jeudi. Amis et proches du jeune homme se sont rendus sur place pour offrir leurs condoléances à la famille.

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Normand Boivin - Un imposant dispositif de sécurité est mis en place en vue des funérailles du policier Thierry Leroux qui seront célébrées vendredi à 14h à la cathédrale de Chicoutimi et certains secteurs seront fermés à la circulation de façon partielle ou complète.

Tout le quadrilatère de la cathédrale comprenant les rues Racine, Bégin, du Séminaire et Hôtel-Dieu ainsi que les artères environnantes sera bouclé entre 7h et 17h vendredi. La Société de transport du Saguenay a également modifié ses circuits dans le secteur et des retards sont à prévoir sur les circuits desservant le centre-ville de Chicoutimi, particulièrement dans le secteur de la cathédrale.

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Plusieurs policiers étaient réunis sur place lors de la pratique, vendredi après-midi.

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Pratique

Jeudi après-midi, pendant que la dépouille de Thierry Leroux était exposée à la résidence funéraire de l'Alliance funéraire du Royaume du boulevard Saguenay, une pratique des funérailles a été organisée à la cathédrale de Chicoutimi. Plusieurs policiers étaient réunis sur place.

Personnalités politiques

Outre la présence de nombreux policiers dont il faudra assurer la sécurité, il a été confirmé que le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, sera sur place. Le nom du chef du gouvernement québécois, Philippe Couillard, s'est ajouté en fin d'après-midi jeudi.

Pendant la journée, des rumeurs ont circulé voulant que le premier ministre Justin Trudeau assistera aux funérailles. Cette information n'a pas été confirmée, mais il est déjà assuré que le député libéral Denis Lemieux y sera.

Le plus grand secret entoure la mise en place des dispositifs de sécurité et la présence des dignitaires, celle-ci n'étant confirmée qu'à la toute fin.

Malgré le cérémonial et la présence de nombreux invités, la célébration sera intime, puisque la famille a refusé la présence des journalistes. Seul un caméraman pourra prendre des images pour l'ensemble des médias.

Parmi les différents corps policiers présents pour la cérémonie à la cathédrale, la Sécurité publique de Saguenay a délégué une cinquantaine de représentants, en plus d'effectifs sur le terrain. Avec Anne-Marie-Gravel

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