Le doc Mailloux suggère d'éliminer la DPJ

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Le psychiatre Pierre Mailloux était bien au courant de la situation survenue au Palais de justice de Chicoutimi, lundi.

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« J'interpelle le maire Jean Tremblay afin qu'il demande une enquête approfondie sur les tenants et aboutissants de toute cette histoire d'un homme qui a fait cinq enfants à sa belle-fille. Il pourrait par le fait même démanteler la (Direction de la) protection de la jeunesse et récupérer les budgets et confier les plaintes de violence aux enfants à son corps policier. »

Le psychiatre Pierre Mailloux était bien au courant de la situation survenue au Palais de justice de Chicoutimi, lundi, alors qu'un homme a plaidé coupable à des agressions sexuelles, des voies de fait et des attouchements sexuels sur une mineure. L'individu a fait cinq enfants à la fille de sa conjointe. Le premier enfant est né alors que la mère n'avait que 17 ans. Les quatre autres sont venus au monde alors que leur maman était d'âge adulte.

L'histoire, sordide et tordue, s'est déroulée entre 1993 et 2013. La victime se trouvait alors au début de l'adolescence lorsque son beau-père a commencé à lui mettre la main sur les cuisses. Le tout s'est poursuivi jusqu'aux agressions sexuelles. Il y a même eu des relations sexuelles à trois personnes, alors que la mère de la jeune fille s'est jointe au duo.

« Plusieurs questions demeurent sans réponse dans cette affaire. Pourquoi personne des services sociaux ne s'est rendu compte de quoi que ce soit? Comment se fait-il qu'il n'y ait jamais eu de dénonciation? Ça prend une enquête approfondie pour faire la lumière là-dessus et afin de répondre aux interrogations du public », reprend le docteur Mailloux.

« Le maire pourrait même faire en sorte d'éliminer ou d'exterminer la protection de la jeunesse. Je ne veux pas leur jeter tout le blâme, mais je soupçonne que la DPJ n'a pas fait son travail depuis 20 ans dans ce dossier et pour ne pas avoir protégé ces gens durant toutes ces années. Chicoutimi pourrait devenir le fer de lance pour l'élimination de la DPJ dans tout le Québec. Le maire Tremblay pourrait ainsi récupérer les budgets de la DPJ et les réallouer à son service de police. Ceux-ci sont certainement en mesure de mener à bien les dossiers de violence aux enfants comme ils le font avec les adultes et les vieillards », ajoute-t-il.

Il n'a pas été possible de parler au maire Tremblay afin de connaître sa position sur la proposition du docteur Mailloux.

Déficience

Questionné sur ce qui a pu amener la conjointe de l'agresseur à le laisser faire et même à pousser sa propre fille dans les bras de l'individu, le psychiatre Pierre Mailloux l'explique par une déficience intellectuelle chez certains membres de la famille.

« Une personne sur 12 souffre de déficience intellectuelle au Québec. Ce sont des gens qui ont un quotient intellectuel de moins de 65. Ça les amène à faire n'importe quoi. »

« Quant à l'agresseur, il faudra qu'il soit très bien évalué à sa sortie de prison, car les risques de récidive seront toujours présents. Car pour faire ça, il faut être un taré au plan psychologique », a conclu le docteur Mailloux.

Par ailleurs, même si plusieurs personnes s'interrogent sur le fait qu'aucune accusation n'ait été portée contre la conjointe de l'agresseur, la procureure en chef du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Claudine Roy, ne pouvait en dire plus pour le moment.

« Étant donné que le dossier est pendant devant le tribunal, nous allons réserver nos commentaires à la conclusion du dossier », a indiqué Me Roy.

Sonia Boivin, directrice de la protection de la... (Archives Le Quotidien, Michel Tremblay) - image 2.0

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Sonia Boivin, directrice de la protection de la jeunesse pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Archives Le Quotidien, Michel Tremblay

«Les gens n'osent pas dénoncer»

Les employés de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) veulent bien intervenir dans des cas d'abus sexuels ou physiques, mais encore faut-il qu'ils en soient informés.

Sonia Boivin, directrice de la protection de la jeunesse pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, a accepté d'expliquer la mission et le rôle de son organisme, mais a refusé, pour des raisons de confidentialité, de commenter de façon précise le dossier de l'homme de Saguenay qui a fait cinq enfants à la fille de sa conjointe.

« La DPJ intervient dans les dossiers d'abus sexuels et d'abus physiques. Malheureusement, il existe la loi du silence dans ce genre d'affaires. C'est souvent l'Omertà. Les gens n'osent pas dénoncer », a mentionné Mme Boivin, lors d'un entretien avec Le Quotidien.

« Car pour intervenir, nous devons d'abord et avant tout avoir de l'information. Il est difficile d'intervenir si nous ne sommes pas au courant. Pourtant, la population a l'obligation de dénoncer les cas d'abus physiques ou sexuels. Il y a une responsabilité de l'entourage de le faire. Dès le moment où il y a un signalement, nous allons faire une évaluation et les interventions requises auprès de la famille, de la police et des autres intervenants », précise Mme Boivin.

Cette dernière précise que le rôle de la DPJ est de s'assurer que les enfants soient protégés, et ce, peu importe l'âge des parents. Il faut toujours être vigilants.

« Les enfants de la société doivent être protégés. Il faut s'assurer que la sécurité et le développement des enfants ne soient pas compromis. Si jamais ces aspects le sont, il faut s'assurer que ça cesse et que ça ne recommence plus. »

« Et ce n'est pas parce que la maman est rendue à plus de 18 ans que nous nous en lavons les mains. Et même si notre rôle n'est pas de nous occuper des adultes, nous travaillons tout de même en collaboration avec les policiers, le CIUSSS, les intervenants sociaux et les maisons pour les femmes victimes de violence », précise Sonia Boivin.

Mailloux

Quant à la suggestion du psychiatre Pierre Mailloux d'éliminer les DPJ au Québec, Mme Boivin ne s'en fait nullement avec une telle affirmation.

« Seulement en vous parlant de notre rôle qui est de s'assurer que la sécurité et le développement des enfants ne soient pas compromis et d'éviter que ça se reproduise, je crois que ça donne la réponse. »

« À la DPJ, nous sommes centrés sur le bien-être des enfants. Ce n'est pas la même chose que d'être penchés sur la sécurité de la société. Les policiers sont un incontournable. Mais la DPJ a une mission particulière et spécifique avec des obligations légales afin de protéger les enfants », a mentionné la directrice de la protection de la jeunesse.

Mme Boivin souligne que de tous les cas retenus, la DPJ en retrouve un peu plus de 23 pour cent d'abus physiques et environ cinq pour cent d'abus sexuels.

Quant aux dénonciations, il est possible de le faire au 418-543-3006 ou au 1-800-463-9188.

De nombreuses réactions sur Facebook

Antoine Lacroix - La nouvelle concernant l'homme de Chicoutimi qui a mis enceinte à cinq reprises la fille de sa conjointe a créé d'énormes réactions sur la page Facebook du Quotidien.

Des commentaires aussi simples que « très dégueulasse » à « j'en ai mal au coeur », le public n'a pas été tendre envers cet homme d'une cinquantaine d'années accusé d'agressions sexuelles, de voies de fait et d'attouchements sexuels sur une mineure.

Sur Facebook, plusieurs se sont révoltés que la conjointe n'ait pas été également accusée. « Aucune accusation pour la mère.... voyons dont elle a même fait ça a 3 un moment donné c'est ridicule... en tôle aussi... (sic)», peut-on lire.

« Elle donne son accord et participe même aux ébats... et elle s'en tire sans aucune accusation... Justice, s.v.p. y'a pas juste les hommes de fêlés (sic)», commente une autre utilisatrice du réseau social.

Une femme a même fait référence au dossier très controversé depuis quelque temps d'un jeune homme de 18 ans, en couple avec une fille de 13 ans alors que les parents sont en accord avec la relation, accusé d'agressions sexuelles. « J'en reviens pas... La mère n'est pas accusée et pendant ce temps un jeune de 18 ans amoureux de sa blonde de 13 ans sera inscrit au registre des délinquants sexuels. Quel beau système de justice! (sic)», écrit-elle, visiblement dégoûtée.

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