Violence amoureuse: une sensibilisation nécessaire

Isabelle Harvey, de la Passerelle d'Alma, Daniel Jean,... (Photo Le Quotidien, Laura Lévesque)

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Isabelle Harvey, de la Passerelle d'Alma, Daniel Jean, directeur du poste de la MRC Lac-Saint-Jean-Est de la Sûreté du Québec, Nathalie Savard, commissaire à la Commission scolaire du Lac-Saint-Jean, et Cindy Boulianne-Gagnon, membre du comité organisateur, invitent la population à visiter les Couloirs de la violence amoureuse.

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Laura Lévesque
Le Quotidien

Après avoir fait le tour du Québec, les Couloirs de la violence amoureuse reviennent en région. L'outil de sensibilisation, inventé au Saguenay-Lac-Saint-Jean dans les années 2000, prend résidence au centre communautaire de Desbiens jusqu'au 24 mars.

Des milliers de jeunes de la région ont déjà sillonné ces couloirs interactifs qui racontent une histoire d'amour qui se termine au tribunal pour le garçon. Grâce à des campagnes de sensibilisation comme celle-ci, les femmes dénoncent plus rapidement leur conjoint. Mais la guerre contre la violence conjugale est loin d'être gagnée, pointe Isabelle Harvey, directrice de la Passerelle d'Alma, gestionnaire des couloirs.

«Les femmes arrivent plus jeunes dans nos services. La victime type, à l'époque, c'était une dame de 55 ans. Ses enfants partis de la maison, elle n'avait plus de raison d'endurer la violence. Aujourd'hui, les victimes sont plus jeunes, elles ont de 25 à 35 ans, avec de jeunes enfants, enceintes. Elles tolèrent moins longtemps, ce qui est une bonne nouvelle. La moins bonne, c'est que dans les couloirs, on se rend compte qu'on a encore tellement besoin d'informer nos jeunes», constate Mme Harvey, qui travaille depuis 28 ans à la maison d'hébergement pour femmes.

L'outil existe depuis plus de dix ans. Une recherche d'impact, menée par une chercheuse de l'UQAC, est en cours. Les intervenants voient toutefois les impacts de cet outil dès les premières minutes de la visite.

«Il y a une étude en cours pour voir les impacts des Couloirs et qui se déroule sur plusieurs années. Parce que je ne vous cacherai pas que lorsqu'on est en demande de subventions, on nous demande toujours si l'outil a un impact concret. Ils veulent des preuves concrètes. Mais on les sent déjà, les impacts. Habituellement, dans un groupe de cinq jeunes, il y a toujours quelque chose qui se passe. Que ce soit une jeune fille qui dit que ses parents vivent ça ou une adolescente qui dit à son amie que c'est ce qu'elle vit. C'est une personne sur cinq qui nous fait une mention de quelque chose. Parfois, ça arrive que l'intervenant doive sortir avec une personne. Ça a beaucoup d'impact comme outil», insiste Isabelle Harvey. 

Les Couloirs ont également été modifiés, au cours des dernières années, pour refléter l'avènement des nouvelles technologies. Des avancées dans le domaine des communications qui compliquent toutefois les interventions, remarque Mme Harvey. 

«Dans les maisons d'hébergement, on a deux lignes téléphoniques. À l'époque, on conseillait toujours aux femmes de prendre un laps de temps sans prendre contact avec le conjoint. Ça permettait de briser le cycle. Ce n'est plus possible aujourd'hui avec les appareils mobiles, car il réussit toujours à rejoindre madame. On peut lui dire de bloquer cette personne, mais il faut comprendre que c'est difficile pour les femmes. Elles veulent voir comment le conjoint va, est-ce qu'il est en colère aujourd'hui. Elles veulent prendre le pouls en allant sur le Facebook du conjoint. Ça procure un faux sentiment de sécurité et de contrôle.»

L'outil est normalement réservé à une clientèle scolaire. D'ailleurs, près de 1200 jeunes des différentes commissions scolaires devraient visiter les lieux dans le prochain mois. Mais la population pourra également sillonner les Couloirs qui seront ouverts au grand public les 3 (en après-midi), 10 (soirée) et 11 mars (toute la journée).

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