Camionneuse à 55 ans

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À 55 ans, Lyne Simard prouve qu'il n'est jamais trop tard pour réaliser ses rêves.

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Il n'est jamais trop tard pour vivre de sa passion et Lyne Simard en est l'exemple parfait. À 55 ans, elle a entrepris des démarches pour devenir camionneuse et, depuis trois semaines, elle croque à pleines dents dans son nouveau métier.

Lyne Simard réalise son rêve au volant d'un... (Photo courtoisie) - image 3.0

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Lyne Simard réalise son rêve au volant d'un camion.

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«Je me suis toujours dit que c'était le métier idéal, mais en même temps, que c'était un métier d'hommes», a partagé la pétillante dame, ajoutant qu'au fil du temps, les choses avaient changé. Si l'idée de conduire ces mastodontes de la route germait depuis longtemps, elle a officiellement pris forme lorsque son conjoint, un électricien de carrière, a pris la décision d'exercer ce métier.

Après avoir fait part de ses intentions à son compagnon de vie, Mme Simard n'a pas perdu de temps. En septembre dernier, elle entreprenait un cours pour obtenir un diplôme d'études professionnelles en transport de camion lourd à l'Odyssée Dominique-Racine, en collaboration avec le centre de formation en transport de Charlesbourg.

À l'emploi de la compagnie montréalaise TJB immédiatement après la fin de son stage de deux semaines à cet endroit, elle a pratiquement déjà fait le tour de l'Amérique du Nord, elle qui a déjà conduit près de 10 000 kilomètres en trois semaines. Pour ajouter un peu de romance à cette belle histoire, elle forme une équipe avec son conjoint. «Je lui ai dit que j'avais toujours rêvé de faire ce qu'il faisait et il m'a encouragée à entreprendre les démarches afin de suivre mon cours», a expliqué Lyne Simard, qui faisait de l'entretien ménager jusqu'à tout récemment.

Si son parcours est particulièrement atypique, la Baieriveraine d'origine qui réside à Arvida depuis près de 30 ans ne le voit pas de cette façon. Elle est consciente qu'elle n'a pas emprunté la voie la plus achalandée par une femme, mais elle n'a pas l'impression d'être si différente. 

«Pour moi, il n'y a rien d'exceptionnel là-dedans, avoue-t-elle bien humblement. Les temps ont changé et les femmes s'impliquent de plus en plus dans ce domaine. Les gens qui m'entourent sont tous émerveillés, mais je ne vois pas ça de cette façon.»

Celle qui a toujours aimé voyager souligne au passage que l'opportunité qui se présente est parfaitement calquée sur ce qu'elle aime faire. 

«J'aime voyager, et en ce moment, je suis payée pour le faire, a réagi Lyne Simard en souriant. Ça coûte tellement cher voyager aujourd'hui, donc c'est une belle occasion de joindre l'utile à l'agréable. Pour moi, il n'y a rien de difficile dans ce que je fais.»

Lyne Simard partage des moments de son voyage... (Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais) - image 4.0

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Lyne Simard partage des moments de son voyage en Amérique du Nord.

Photo Le Quotidien, Mariane L. St-Gelais

Un parcours parsemé d'embûches

Si elle file maintenant le parfait bonheur en faisant ce qu'elle aime, Lyne Simard a eu à surmonter quelques obstacles avant d'obtenir le droit d'exercer son nouveau métier. 

À quelques reprises, l'idée de tout foutre en l'air lui a traversé l'esprit. C'est toutefois grâce au soutien de ses proches, mais surtout de ses enseignants, qu'elle a tenu bon. Les cours théoriques et les premiers exercices pratiques, notamment où elle devait reculer le camion semi-remorque, lui ont fait perdre patience.

«Si je n'avais pas eu Robin Maltais, j'aurais abandonné, a-t-elle martelé en parlant de son professeur. Il a littéralement sauvé mon cours. Il m'a dit que j'allais faire une excellente conductrice et que je ne devais pas lâcher. Il a été celui qui a décidé de me prendre sous son aile. Si d'autres professeurs faisaient la même chose avec leurs élèves, il y en a une méchante gang qui n'abandonnerait pas l'école.»

Pour l'instant, la mère de deux enfants ne veut pas voir trop loin. Elle a toutefois un plan B si jamais les choses sont appelées à changer.

«Je me vois très bien conduire des autobus scolaires ici dans la région, a-t-elle évoqué. Pour l'instant, j'adore ce que je fais et j'en profite au maximum. C'est d'ailleurs le message que je veux véhiculer. Il faut toujours foncer et ne pas avoir peur de le faire. Si tu as un rêve, ça vaut la peine de prendre tous les moyens pour le réaliser. Je suis vraiment fier de moi, mais je ne vois pas ça comme un exploit. Il n'est jamais trop tard.»

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