Arnaqueurs à l'oeuvre sur des sites de voitures usagées

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La Infiniti G35 2007 se vend normalement autour de 8000$-9000$.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Une voiture Infiniti G35 2007 dans un état impeccable avec 110 000 kilomètres au compteur pour seulement 2200$. La possibilité de procéder à une telle acquisition relève-t-elle de l'utopie? La réponse est oui.

Des fraudeurs ont tenté d'arnaquer un Saguenéen cette... (Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie) - image 1.0

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Des fraudeurs ont tenté d'arnaquer un Saguenéen cette semaine. Le citoyen, qui se magasinait une voiture sur Internet, a jugé important de raconter son histoire au Progrès-Dimanche

Photo Le Progrès-Dimanche, Rocket Lavoie

Plus tôt cette semaine, un Saguenéen a bien failli se faire avoir par des arnaqueurs professionnels sévissant sur des sites d'annonces de voitures usagées. Les soupçons de notre interlocuteur, qui souhaite garder l'anonymat, ont été éveillés tôt dans les échanges avec le prétendu vendeur. Rapidement, il a découvert le pot aux roses. Cela dit, tous les internautes ne sont pas aussi vigilants. C'est pourquoi Charles (nom fictif) a communiqué avec Le Progrès-Dimanche pour dénoncer la tentative de fraude dont il a été victime. Universitaire connu du milieu socio-économique régional, le citoyen a cru bon de sensibiliser les gens à l'existence de ce type d'arnaque.

«Je veux que cette pratique soit dénoncée et que la population et les autorités soient informées et luttent contre ces personnes malhonnêtes», a-t-il signalé.

Perle rare

Charles magasinait une voiture usagée depuis quelque temps. Il a cru être tombé sur la perle rare sur le site Internet Autohebdo. Le véhicule qu'il s'est mis à convoiter était affiché à 2500$. Il a cliqué sur le lien de l'annonce et a écrit à la propriétaire, une dénommée Janice Hawkins. La dame lui a expliqué que le prix de vente, bien en deçà de l'évaluation de la Société de l'assurance automobile du Québec (SAAQ) pour un tel véhicule, était justifié par le fait qu'elle devait s'en débarrasser rapidement, ayant tout juste déménagé en France. Un échange de courriels a suivi, s'échelonnant sur une période de deux jours. Notre interlocuteur a réussi à négocier le prix de la voiture à la baisse et les deux parties se sont entendues pour un montant de 2200$.

«J'ai dit à ma copine que si c'était vrai, c'était un miracle», pointe-t-il.

Tout au long des échanges, la propriétaire a réitéré qu'elle voulait que le véhicule soit payé en argent.

Puis le flambeau a été passé au «livreur particulier» de Mlle Hawkins, un certain Grégoire Larouche, qui devait finaliser la transaction en son nom et livrer le véhicule au Saguenay. Charles a fourni ses coordonnées et la livraison a été fixée à 13h jeudi. Vers 8h, le jour de la transaction, Grégoire Larouche a appelé Charles d'un numéro de téléphone masqué pour lui dire qu'il y avait un changement aux procédures et d'aller lire un courriel tout juste envoyé à ce sujet. C'est alors que le lapin est sorti du chapeau.

«Je n'accepte plus de la liquidité (sic) pour mes livraisons, car j'ai été agressé la semaine passée au retour d'une livraison en prenant de l'espèce. Seul le paiement par chèque est autorisé, mais je viens de contacter Mlle Hawkins, qui a dit que le chèque n'est pas autorisé dans le pays où elle voyage actuellement. Ainsi, elle a décidé que le paiement se fasse par un transfert Moneygram de Postes Canada», écrivait le représentant de Mlle Hawkins. Charles n'avait, à ce stade, jamais vu le véhicule de visu.

Un numéro plus en service

Évidemment, il n'était pas question pour Charles d'envoyer de l'argent à l'étranger sans avoir vu le véhicule. Il a rappelé le représentant de Mlle Hawkins, qui prétendait se trouver à Arvida, et a réclamé une rencontre suivie d'une inspection en règle par un mécanicien.

«Je lui ai dit: ''Il n'y aura aucune transaction à l'extérieur. Est-ce que c'est bien clair? ''. Il m'a raccroché au nez», résume-t-il.

Nous avons communiqué avec Grégoire Larouche au numéro fourni par Charles. Lorsque la représentante du Progrès-Dimanche s'est identifiée comme journaliste, l'appel a été mis en attente. Au bout d'un moment, la communication a été rompue. Nous avons appelé Larouche une seconde fois, à peine deux minutes après l'appel initial. La ligne n'était déjà plus en service.

Charles demeure convaincu que Mlle Hawkins et Grégoire Larouche ne sont, en fait, qu'une personne.

«Le message que je lance aux gens est de ne jamais envoyer d'argent sans avoir vu ou touché le bien. Même si on parle d'institutions comme Postes Canada et la SAAQ, il ne faut pas tomber dans le panneau. Des personnes immigrantes ou des étudiants internationaux pourraient facilement se faire avoir parce qu'ils ne connaissent pas tous les rouages au Québec. Le montant ici est minime, mais certains ont perdu des sommes avec trois ou quatre zéros de plus», fait-il valoir. Charles en appelle également à un resserrement des règles de la part des gestionnaires de sites de petites annonces classées de voitures usagées.

Nous avons communiqué avec Autohebdo à Montréal pour obtenir des précisions concernant la politique entourant la publication de petites annonces et les mécanismes employés par l'entreprise pour éviter la fraude. Nous avons été dirigés vers le siège social de l'entreprise à Toronto, où personne n'a été en mesure de répondre à nos questions.

Les victimes encouragées à porter plainte par la SQ

Deux options s'offrent aux victimes d'arnaques sur Internet, explique la Sûreté du Québec. S'il y a eu paiement pour un bien qui ne s'est jamais matérialisé, les internautes sont invités à déposer une plainte à leur corps policier local. Une enquête sera ouverte pour essayer de retracer le fraudeur. S'il y a eu tentative de fraude, comme ce fut le cas pour Charles, les citoyens peuvent en faire état au centre antifraude du Canada, où des enquêteurs spécialisés en cyberfraude ouvriront un dossier (www.centreantifraude.ca).

«Il y en a de plus en plus qui sont à l'oeuvre sur les sites de vente de voitures usagées. Quand c'est trop alléchant, souvent, c'est qu'il y a une arnaque derrière ça et il faut se méfier», fait valoir le porte-parole régional de la SQ, Jean Tremblay, qui encourage les personnes témoins de ce type d'activité illégale à alerter la police.

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