Tentative ultime pour sauver Fatima

Récemment, Saguenay a lancé un appel d'offres pour... (Photo Le Progrès-Dimanche, Jeannot Lévesque)

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Récemment, Saguenay a lancé un appel d'offres pour dénicher une firme capable d'effectuer une modélisation 3D de Fatima avant sa démolition.

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Mélyssa Gagnon
Le Quotidien

Même si, de son propre aveu, il est «minuit et cinq», le député de Jonquière à l'Assemblée nationale, Sylvain Gaudreault, entretient toujours une lueur d'espoir pour la sauvegarde de l'église Fatima.

Plus tôt cette semaine, la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Hélène David, a déclaré au journal Le Devoir que «la Ville (de Saguenay) est déjà passée à autre chose» et que «cette église aurait été admissible au programme, mais là, on est rendus assez loin dans le processus». Elle a fait cette déclaration lors de l'annonce de la mise en place de mesures de soutien aux projets de restauration d'églises modernes. Québec augmentera de 30 ans la période d'admissibilité pour l'aide financière à la rénovation et les temples construits entre 1945 et 1975 seront désormais admissibles.

Si ce programme semble arriver trop tard pour Fatima, condamnée à crouler sous le pic des démolisseurs, Sylvain Gaudreault a profité de l'annonce pour sensibiliser la ministre David.

«Il y a quelque chose de paradoxal dans ce que la ministre nous dit. En même temps qu'elle reconnaît la valeur des églises modernes du Québec, elle nous dit qu'il est malheureusement trop tard pour certaines d'entre elles. Dans le cas de Fatima, il y a eu une succession d'erreurs depuis 10 ans et la municipalité aurait dû agir autrement. J'ai dit à la ministre: ''pourrait-il y avoir un dernier geste de posé? ''», relate Sylvain Gaudreault. Hélène David a répondu à son collègue qu'elle allait analyser le dossier.

Le député rappelle que le gouvernement a le pouvoir légal de conférer le statut de site historique à certains monuments menacés. Il demande donc à la «gardienne du patrimoine bâti» de se porter à la rescousse d'un temple considéré comme l'un des joyaux architecturaux de la région. L'église a été acquise par un promoteur privé et devait initialement être convertie en condos. Le lieu de culte en forme de cône était destiné à devenir l'élément central du projet domiciliaire La Charnille. L'ampleur des coûts requis a toutefois refroidi les ardeurs du propriétaire et l'immeuble a été laissé pour compte. Récemment, Saguenay a lancé un appel d'offres pour dénicher une firme capable d'effectuer une modélisation 3D de Fatima avant sa démolition.

Une proposition de circuit touristique pour les églises blanches

Sylvain Gaudreault estime qu'il y a lieu de profiter de l'ouverture du gouvernement pour la protection du patrimoine religieux moderne. Le porte-étendard du Parti québécois dans Jonquière propose donc à Hélène David de créer un circuit touristique régional. La région se démarque du reste du Québec pour son corpus d'églises modernes, un fait que la ministre David ignorait.

«Il y a tout un circuit qu'on pourrait créer et que le gouvernement pourrait soutenir. On a un chapelet d'églises modernes qui pourraient être mises en valeur et j'en ai parlé à la ministre. Elle a semblé ouverte», relate le politicien, qui demeure convaincu qu'un tel parcours serait prisé des touristes fervents d'architecture. Le circuit d'interprétation n'aurait pas de connotation religieuse, prend soin de préciser Sylvain Gaudreault.

Églises blanches

Les églises blanches, un courant de l'architecture religieuse nord-américaine des années 1950 et 1960, a été initié par des architectes régionaux comme Paul-Marie Côté et Jacques Coutu. Ce dernier est notamment à l'origine des églises Sainte-Claire, Saint-Luc et Saint-Mathias. Entre autres temples formant le «chapelet d'églises modernes» auquel fait référence Sylvain Gaudreault, notons, entre autres, Fatima, Saint-Raphaël, Notre-Dame-de-Grâce, Larouche et Saint-Philippe. L'église Saint-Philippe, construite en 1963, avait toutefois donné mauvaise presse à ce type d'architecture. Des défauts majeurs de construction au chapitre des murs et de du dôme ont provoqué sa fermeture le 21 novembre 1971. Le temple a été fermé pendant 14 ans. En 1984, la fabrique a obtenu gain de cause en Cour suprême après avoir intenté une poursuite contre les architectes, ingénieurs et entrepreneurs. Saint-Philippe a été reconstruite et rouverte au culte en 1985.

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