Une vie empoisonnée pour Jacques Fortin

Le conseiller Jacques Fortin durant son procès.... (Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie)

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Le conseiller Jacques Fortin durant son procès.

Archives Le Quotidien, Rocket Lavoie

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Denis Villeneuve
Le Quotidien

Près de dix ans après en avoir fait l'acquisition, le conseiller Jacques Fortin a avoué, vendredi, devant le juge Bernard Godbout, que le terrain du boulevard Renaud acquis par son épouse Hélène Girard lui donne la nausée en raison des inconvénients subis face à la vindicte populaire.

Dernier témoin à se présenter pour la défense dans le procès qu'il subit pour inhabilité à siéger, M. Fortin a révélé que son rêve et celui de son épouse s'est écroulé au moment de la publication, le 17 juin 2007 dans Le Progrès-Dimanche, d'articles qu'il a qualifiés de tendancieux, faisant état de la vente du terrain appartenant à la Ville.

«Le terrain commençait à avoir de l'allure. Le cauchemar a commencé lorsque toutes sortes d'associations de citoyens sont tombées sur moi. Il y a eu 117 publications dans les journaux. Il y a des choses qui se sont dites. J'ai appris avec le temps qu'il faut avoir la couenne dure.»

M. Fortin a évoqué les problèmes qui l'ont mené jusqu'à la dépression et qui auraient même pu le conduire jusqu'à l'irréparable. Il a même fait état de tensions conjugales, d'un arrêt de travail prolongé, etc.

Après avoir lui-même entamé une poursuite en dommages et intérêts de 450 000$ contre divers groupes, M. Fortin a ajouté que les nouvelles procédures déposées par Louis-Philippe Thibault et Daniel Bindley, en juillet 2012, ont été un autre coup à encaisser. «Ça gruge. On a toujours ça en arrière de la tête. On ne savait plus quoi faire avec le terrain, le revendre, le remettre à la Ville. Ce terrain-là nous donne la nausée. Je n'ai rien à me reprocher.»

Le conseiller a fait savoir au juge qu'après dix ans, il est temps pour lui de passer à autre chose. «Ça fait 22 ans que je suis conseiller. J'ai fait des bons coups, mais ce qui va rester, ça va être l'histoire du terrain. C'est un rêve devenu cauchemar.»

Interrogé par le juge Godbout sur les procédures de changement de zonage, M. Fortin a mentionné que son épouse est la seule parmi les personnes ayant témoigné à avoir déposé une demande en bonne et due forme. Il a rappelé qu'une telle demande comporte la publication de consultations et d'avis publics sur une longue période et que personne ne s'est opposé à la modification au zonage résidentiel.

Greffière

L'avant-midi a été consacré au témoignage de la greffière Caroline Dion, en poste depuis 2010, soit après que la transaction ait été réalisée. À l'époque, Pierre Brassard occupait cette fonction. Mme Dion a expliqué qu'une demande d'acquisition de terrain fait l'objet de rencontres avec le citoyen concerné pour connaître son projet et ses besoins. Le fonctionnaire prépare un plan d'action à poser et s'adresse en premier lieu au comité exécutif pour connaître les intentions de la Ville avant d'entreprendre toutes autres démarches. Elle a précisé qu'il n'est pas rare qu'après la première rencontre, les citoyens abandonnent leur demande pour toutes sortes de motifs (abandon de projet, démarches trop nombreuses, etc.).

En contre-interrogatoire, Mme Dion n'a pu expliquer pourquoi la demande écrite d'achat du terrain des citoyens Jérôme Lafrance et son ami, déposée à l'automne 2004, n'a pas été référée au comité exécutif. Mme Dion a expliqué qu'elle n'était pas en fonction à la Ville à cette époque et que, personnellement, elle ne pouvait donner les motifs tout en mentionnant qu'il s'est certainement passé quelque chose. Elle a ajouté qu'il aurait fallu faire témoigner Pierre Brassard. M. Brassard avait été assigné par les demandeurs jeudi, mais ces derniers ont libéré le témoin.

Le procès, qui devait durer quinze jours, prendra fin lundi avec la plaidoirie des deux parties.

L'amendement au zonage étudié au CCU

Contrairement à ce qui a été évoqué vendredi, le projet d'amendement au zonage du terrain a bel et bien fait l'objet d'une étude au comité consultatif d'urbanisme (CCU).

Jeudi, à l'occasion du témoignage du fonctionnaire à la retraite Lucien Turcotte, il avait été mentionné que le CCU n'avait pas été consulté à la suite d'une interrogation sur un exemple soulevé par le juge Godbout.

À la suite du témoignage livré par la greffière Caroline Dion, il a été possible d'apprendre que toute demande d'amendement au zonage fait l'objet obligatoirement d'un avis du CCU, ce qui a été le cas également pour le terrain du boulevard Renaud.

Me Pierre Mazurette a exhibé un extrait verbal du CCU du 10 mai 2006 où la modification au zonage est acceptée. L'adoption a eu lieu malgré le fait que dans les considérants, il est mentionné que la zone concernée n'autorise pas les usages résidentiels et qu'il n'est pas souhaitable de favoriser l'implantation d'un grand nombre de résidences dans le secteur.

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