RTA: les fournisseurs devront faire plus avec moins

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Le programme de réduction des coûts lancé par la maison mère, Rio Tinto, a débuté par la suppression de 200 postes de cadres à ses bureaux de Montréal, ainsi que dans ses installations au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

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Les fournisseurs de services de génie-conseil et fournisseurs majeurs de Rio Tinto Alcan au Saguenay-Lac-Saint-Jean devront participer activement au programme de réduction des coûts lancé par la maison mère, Rio Tinto, qui a débuté par la suppression de 200 postes de cadres à ses bureaux de Montréal et dans la région.

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Xuân-Lan Vu, porte-parole de RTA dans la région

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La direction régionale de la multinationale avait convoqué, au Centre des congrès de Jonquière, les employés d'Ingénierie Québec (la firme interne de l'entreprise), ainsi que les ingénieurs provenant des différents bureaux de génie-conseil et qui oeuvrent en impartition dans les installations pour la gestion de différents projets. Ils ont eu droit à des présentations sur la nouvelle structure dans tout le secteur du génie-conseil et dont l'objectif est d'en arriver à des économies de coûts de projet de l'ordre de 30%.

L'entreprise refuse de dévoiler le contenu des négociations et discussions avec ses fournisseurs. Il a toutefois été possible d'apprendre que ce nouveau modèle se traduira par une baisse de revenus de plusieurs millions de dollars pour le secteur du génie-conseil régional. À terme, a confié une source au Quotidien, cette restructuration se soldera par des pertes d'emploi au sein des effectifs d'Alcan ainsi que des pertes d'emploi pour les bureaux de génie-conseil.

La simple convocation de tous les ingénieurs pour la rencontre de jeudi matin a soulevé beaucoup d'inquiétude dans les bureaux de génie-conseil de la région qui ont eu droit à ce même scénario en 2009. Ils s'attendaient donc à apprendre qu'ils allaient devoir composer avec une réduction des investissements combinée à une obligation de fournir à l'entreprise les mêmes services à coûts moindres.

«Il s'agit d'une rencontre pour expliquer notre nouvelle façon de faire. Nous rencontrons régulièrement nos fournisseurs. Nous sommes dans une situation difficile et il y a des changements à tous les niveaux. Nous sommes conscients que ça crée de l'insécurité», indique la porte-parole Xuân-Lan Vu.

Répercussions

Interrogée sur la nature exacte des réductions de coût dans les dépenses non courantes, qui constituent le coeur des retombées économiques pour les firmes de génie-conseil de la région, la porte-parole a préféré ne pas s'avancer sur les chiffres. Elle concède cependant que dans la situation actuelle, il y aura des répercussions sur les fournisseurs comme il y a des impacts pour le personnel de l'entreprise.

Les seuls chiffres confirmés par l'entreprise sont les investissements annuels dans les différentes installations. Il s'agit d'un montant annuel moyen de l'ordre de 250 millions$. Il est ainsi possible que ce montant soit plus élevé certaines années, ce qui explique que les sources consultées par Le Quotidien parlent d'un montant de 325 M$.

«On nous présente une nouvelle façon de faire avec des flux de service et autres nouveautés, mais ça se résume assez simplement à faire plus avec moins. Pour nous, ça veut dire de donner plus de service pour approximativement le même prix. C'est comme ça depuis la crise de 2008-2009. Les représentants de l'entreprise ont aussi mentionné qu'elle avait songé à tout confier le génie-conseil à une seule grande firme. Elle a même eu droit à une présentation de Hatch. Ils ont finalement choisi de ne pas retenir cette solution en raison de l'ampleur des projets», a confié au Quotidien une source bien informée.

Un autre changement majeur risque d'avoir un impact sur le secteur du génie-conseil. L'entreprise a l'intention de confier encore plus de travaux à des fournisseurs majeurs qui se verront offrir des contrats clé en main, incluant l'ingénierie en aval du projet et l'installation des équipements. Il s'agit de fournisseurs comme Canmec ou STAS, toujours dans l'optique de diminuer la facture de l'ingénierie.

Les représentants d'Ingénierie Québec ont été plus prudents pendant les rencontres sur les conséquences de cette nouvelle façon de faire. Ils ont avisé les participants que les conséquences seraient connues avec la mise en oeuvre de cette politique de gestion des projets.

La multinationale refuse toujours de préciser les chiffres précis dans son programme de suppressions des postes-cadres en cours. Il est aussi impossible de connaître la répartition de ces 200 suppressions entre les bureaux de Montréal et ceux de la région.

Rio Tinto, qui a réalisé des pertes de 800 M$ en 2015, cherche à réaliser des économies de coût de production dans l'ensemble de ses divisions de 4 milliards$ au cours de la prochaine année pour réagir à l'effondrement du marché mondial des métaux.

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